Étienne Noël Damilaville
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Étienne Noël Damilaville (1723-1768) fut l’un des correspondants les plus assidus de Voltaire : on connaît à l’heure actuelle 540 lettres échelonnées sur une huitaine d’années, ce qui le range dans le groupe des privilégiés, et mieux encore dans celui des « frères ».
Cette fraternité encore mal connue dans son ensemble désigne les rares correspondants entièrement dévoués à Voltaire et dont celui-ci reconnaît la parenté intellectuelle.
Damilaville, ancien officier devenu premier commis du Vingtième, collaborateur de l’Encyclopédie, entre en relations épistolaires avec Voltaire en 1760. Un cancer l’emportera en 1768. Une correspondance intense, un peu réservée au départ puis s’enhardissant rapidement prend corps.
Damilaville, avec Jean Le Rond d’Alembert et Nicolas-Claude Thiériot, est l’un des meilleurs informateurs de Voltaire : nouvelles publications, informations parisiennes, le tout empreint d’une ferveur philosophique qui séduit le maître de Ferney. Celui-ci se sert volontiers de la franchise postale du Vingtième pour échapper à d’éventuelles indiscrétions de la poste ordinaire.
Ainsi Damilaville facilite les échanges avec d’autres alliés tels que Denis Diderot. De son côté, Voltaire lui confie ses émois à propos des affaires Calas, La Barre, Sirven et autres, il lui parle de ses plans, de ses campagnes en ne ménageant pas ses adversaires, lui adresse ses écrits philosophiques, parus ou à paraître, et le prie d’en assurer l’impression. Voltaire relit ses Honnêtetés théologiques et les intègre dans les Pièces relatives à Bélisaire, l’accueille à Ferney en 1765 : Damilaville y reste un mois.
Du reste, au sein du groupe constitué autour du baron d’Holbach, Étienne Noël Damilaville a joué un rôle qui n’a pas encore été éclairci : on lui a attribué, à tort, Le christianisme dévoilé et l’Essai sur les préjugés. C’est dire assez que le personnage mérite sa place au sein du combat philosophique de pointe et l’on peut dire que sur le plan de la pensée antireligieuse, Damilaville va bien au-delà des options de Voltaire. Ces divergences n’empêchent pas les deux hommes d’unir leurs efforts au plus chaud de la campagne contre l’Infâme. La mort prématurée de Damilaville prive Voltaire de l’un de ses plus ardents compagnons de lutte.
[modifier] Publications
- « Paix », paru dans l’Encyclopédie