Boka di Mpasi
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Simon-Pierre Boka di Mpasi Londi, un théologien africain, est né le 20 septembre 1929 à Lemfu, dans le district de la Lukaya, dans la province du Bas-Congo (République Démocratique du Congo) et décédé le 7 septembre 2006 à Abidjan en Côte d'Ivoire.
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[modifier] Formation
Le 14 septembre 1951, après ses études secondaires, le jeune Simon-Pierre Boka di Mpasi Londi est admis au noviciat des Jésuites à Djuma, dans son pays natal. En 1953, il prononce ses premiers vœux dans la Compagnie de Jésus. Le 10 août 1962, le père jésuite Boka di Mpasi est ordonné prêtre à Heverlee-Louvain, en Belgique. Le 25 mars 1968, il prononce ses derniers vœux et est définitivement incorporé dans la Compagnie de Jésus. La même année 1968, le P. Boka défend sa thèse doctorale qui a pour thème : Rôle médiateur du Saint-Esprit dans la révélation Christ chez Saint Augustin : essai d'exégèse théologique dans une perspective pastorale. Il obtint par la même occasion le titre de Docteur en Théologie de l’Université grégorienne de Rome.
[modifier] Fondateur
Boka di Mpasi est fondateur de la revue trimestrielle Telema (Lève-toi), revue de réflexion et de créativité chrétienne en Afrique et qu’il a dirigé comme Directeur administratif de 1975 à 1998. En République Démocratique du Congo, il est surtout connu comme l’auteur de deux hymnes nationaux du Congo indépendant : La Congolaise (Debout Congolais) en 1960 et La Zaïroise en 1971. C’est sans doute par reconnaissance pour ces deux œuvres qu’une avenue de la prestigieuse commune de la Gombé à Kinshasa porte son nom : avenue Père Boka, séparant l’ISP-Gombé et le collège Boboto jusqu’au Palais de Justice.
[modifier] Publications
Dans la grande discrétion et en toute simplicité, le P. Boka a œuvre pour le rayonnement de la science, en publiant une centaine d’articles dans quinze revues internationales, et plusieurs ouvrages dont les plus connus sont :
- Rôle médiateur du Saint-Esprit dans la révélation du Christ chez saint Augustin, Rome, EPUG, 1986.
- Verso una cattolicità arcobaleno : avanti, Chiese della 11a. ora (Mt 20, 1-16), Rome, EPUG, 1998-1999.
- Théologie africaine : Inculturation de la Théologie : bien-fondé, enjeux, évolution et réalisation, Inades, Abidjan, 2000.
- Théologie africaine II : Jésus-Christ Sauveur, pourquoi faire en Afrique ?, Inades, Abidjan, 2003.
[modifier] Activités académiques
Mais la science n’est utile que si elle concourt à l’édification des sociétés et à leur développement. C’est ce que le P. Boka a bien compris en formant la jeunesse et en disséminant son savoir. Il a, en effet, été professeur :
- à Lumen Vitae de Bruxelles (1974-1991),
- à l’Université Grégorienne de Rome (1983-1999) ou il a dispensé, à la Faculté de Missiologie, les cours sur Religion et Culture pendant plus dix ans.
- au Hekima College de Nairobi, au Kenya (1984-1993)
- à Regina Mundi de Rome (1991-1999),
- et dans quelques institutions congolaises : Mayidi (1971-1974) et Kimwenza (1974).
Comme tout bon chercheur et enseignant, le P. Boka a passe toute sa vie a apprendre et a se perfectionner. Il était ainsi expert en Synode africain, chercheur en théologie pastorale, chansonnier, et a eu le temps d’apprendre dix langues : le kikongo sa langue maternelle, le lingala, le swahili, le français, l’italien, le flamand, l’espagnol, le néerlandais, l’allemand et l’anglais.
Il était chercheur en théologie pastorale et quêteur d’expérience de terrain dans deux pays d’Amérique latine, dix de l’Europe et quinze autres d’Afrique. A cela s’ajoute son expérience pastorale comme prédicateur de retraites et accompagnateur spirituel.
[modifier] Vie
Le P. Boka a passé les six dernières années à Abidjan, en Cote d’Ivoire, soumis par les médecins à une cure « d’air marin, de sommeil et de repos ». Le jeudi 7 septembre 2006 à 6 h 45, le P. Boka décédait après une hospitalisation dans la Polyclinique internationale PISAM à Abidjan.
Pour ceux qui l’ont connu, le P. Boka restera un modèle d’écoute, et surtout un modèle de parole. En effet, le jésuite congolais savait réconforter avec les paroles réfléchies, ceux qui s’ouvraient à lui. Il pouvait passer des heures à parler afin de susciter l’espérance en ceux qui étaient dans la détresse. Son souci de transmettre l’histoire et la tradition de son pays aux jeunes faisait de lui une fontaine à laquelle tous trouvaient plaisir à s’abreuver. Ceux qui ont eu le privilège de le côtoyer ont été touchés par sa simplicité, ses paroles réfléchies et éclairantes ainsi que sa mémoire vive de l’histoire. L’auteur de ce texte fait partie de ceux-la qui ont côtoyé le P. Boka ses dernières années de sa vie.
Le P. Boka était profondément touché par l’aveu de l’impuissance chez les pauvres, les laissés pour compte. Dans son cœur, cet aveu résonnait comme un appel au secours de l’homme « nécessitant l’intervention d’un autre, un Sauveur. » Ainsi sa vie durant, il a cherché ce Sauveur qu’il a bien voulu offrir à tout un peuple et au monde, avec ces mots inoubliables : « Prends courage, Lève-toi. Il t’appelle » (Marc 10, 50). C’est ainsi qu’il a consacré ses dernières années à Abidjan, avec patience et persévérance, à enseigner à « l’Université Père Boka », comme disaient les jésuites d’Abidjan. Il a donné de son temps pour apprendre à lire et à écrire aux enfants des environs de la communauté jésuite de Cocody (Abidjan), les enfants dont les parents ne savaient pas payer les frais scolaires. Le succès de cet apostolat de la onzième heure a été impressionnant.
Serviteur de la foi, le P. Boka a toujours voulu mener une vie authentique et profondément consacrée au Seigneur. Serviteur de la mission du Christ à travers l’Évangile qu’il annonçait en parole et en acte, le P. Boka a toujours cherché à valoriser les cultures africaines. C’est ce qui peut justifier son intérêt pour la théologie africaine. Pour cet éminent théologien congolais, il ne s’agit pas en effet, de laisser sa propre culture pour la remplacer par une autre mais arriver à la synthèse entre les saines et véritables traditions anciennes et ce que propose l’Évangile.
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