Cinquième circonscription du Bas-Rhin
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[modifier] Description Géographique et sociologique
La cinquième circonscription du Bas-Rhin regroupe six cantons:
- Canton de Barr
- Canton de Benfeld
- Canton d'Erstein
- Canton de Marckolsheim
- Canton d'Obernai
- Canton de Sélestat
Elle n'a pas subi de changements significatifs depuis 1958 et reste assez largement rurale, même si les villes de Sélestat et Obernai représente un pôle d'attractivité non négligeable pour l'ensemble de la circonscription.
Historiquement entièrement dialectophone, la pratique de l'Alsacien reste assez largement répandue dans l'ensemble des cantons, et une majorité des habitants déclarent ici comprendre et pratiquer le dialecte.La pratique courante du Français est restée minoritaire ici jusque dans les années 1950-1960, se développant plus rapidement dans les centres urbains.
Confessionnellement la circonscription est majoritairement catholique, les cantons d'Obernai, Erstein, Sélestat et Benfeld étant très largement catholiques. A l'opposé les cantons de Barr et Marckolsheim sont historiquement "mixtes", un certain nombre de communes (dont Barr et Marckolsheim) étant protestantes.
[modifier] Description politique
Circonscription assez nettement rurale, centrée autour de la ville de Sélestat mais aussi de centres urbains plus restreints comme Obernai ou Erstein, la cinquième circonscription du Bas-Rhin reste dominée par les partis de droite gaulliste et de centre-droit démocrate-chrétiens. Ces deux forces se sont affrontées depuis 1958, et jusqu'en 1981, avec une géographie électorale assez stable tout au long des débuts de la Vème république. Depuis 1986, l'unité de candidature semblait avoir réduit cette distinction à l'intérieur de l'alliance UDF-RPR. Cependant, les élections de 2002 ont au contraire fortement ravivé ce clivage dans la circonscription.
A l'image de l'ensemble de l'Alsace des années 1960, la circonscription de Sélestat-Obernai fut représenté pendant plusieurs législatures par un député gaulliste. Elu difficilement en 1958, le maire de Sélestat et ancien sénateur de la IVème république, Albert Ehm, devait en effet occuper le siège de député jusqu'en 1978. S'il fut assez facilement réélu en 1962, 1967 et 1968 contre les candidats démocrates-chrétiens, il fut mis en ballotage en 1973 par le candidat CDP Georges Klein, qui l'emporta à Obernai et Marckolsheim notamment. Comme dans l'ensemble de l'Alsace les élections de 1973 marquèrent ici un reflux certain du gaullisme au profit de leurs rivaux du centre-droit démocrate-chrétien. En 1965, la circonscription avait accordé un score "africain" au général de Gaulle contre F.Mitterrand (83,8%), en 1974 le candidat gaulliste Chaban-Delmas n'y réalisait plus que 17,4% des voix, marquant l'effondrement du vote gaulliste au profit du centre-droit et de Valéry Giscard d'Estaing (44,7%). A.Ehm avait déjà du cêdé la mairie de Sélestat au Dr Kubler (RI) en 1971. Il choisit, en 1978 de ne pas se représenter, le RPR investit pour le remplacer le conseiller général de Barr G.Sautter. Celui-ci fut cependant très nettement distancé par G.Klein au premier tour, et se désista en sa faveur au deuxième tour. Après plus de vingt ans d'absence, la circonscription revenait aux démocrates-chrétiens, G.Klein étant largement élu contre le candidat socialiste (72%).
Les années 1980 marquèrent une période d'instabilité dans la région de Sélestat, caractérisée notamment par une forte poussée socialiste à Sélestat. En 1981 le député sortant G.Gengenwin, qui occupait le siège à la suite du décès tragique de Georges Klein, vit sa légitimité au sein de l'alliance UDF-RPR contestée à la fois par les gaullistes et le PR. Cette division conduisit à une triangulaire serrée au second tour, opposant le candidat sortant UDF-CDS au RPR G.Sautter et au PS L.Boltz. G.Gengenwin l'emporta finalement et fut réélu en 1986, 1988, 1993 et 1997, par deux fois contre le maire de Sélestat G.Estève (PS), ainsi qu'en triangulaire avec le PS et le FN en 1997. Son choix de ne pas se représenter en 2002 provoqua une intense division au sein de la "majorité alsacienne", trois candidats importants se réclamant de la droite et du centre-droit émergèrent: le "dauphin" du député sortant A.Herth (proche de l'UDF), adjoint au maire d'Artolsheim, le conseiller général de Barr A.Becker (RPR) et le conseiller général de Marckolsheim G.Simler (Indépendant). Le second tour opposa A.Herth, héritier de la tradition démocrate-chrétienne, à A.Becker, héritier de la droite gaulliste. Ayant obtenu l'investiture de l'UMP, A.Herth fut élu avec plus de 56%, A.Becker ne l'emportant que dans les fiefs traditionnels du gaullisme de Barr et Sélestat.
Globalement la circonscription reste largement acquise à la droite. L'ensemble des cantons est représenté par des conseillers généraux proches de la "majorité alsacienne" (UMP-UDF). La droite est particulièrement forte dans le canton protestant de Barr, fief tradtionnellement plutôt gaulliste, ainsi que les cantons d'Obernai et Marckolsheim. Le canton de Sélestat reste son point le plus faible, même si elle a su reconquérir la mairie de la sous-préfecture. Elle réalise par ailleurs de très bons scores à Benfeld et Erstein. A partir des années 1980 la gauche a su cependant conquérir des mairies importantes dans la circonscription, elle a notamment gagné Sélestat avec Gilbert Estève et Erstein avec Théo Schnée. A compter de son élection en 1989, la personnalité très modérée de G.Estève avait su apparaître comme un rival possible pour G.Gengenwin, réussissant à le mettre en ballotage en 1993. A l'opposé, l'échec de sa liste aux régionales de 1992 (9%) avait considérablement affaibli ses ambitions régionales. Son décès brutal en 1996 a de plus entrainé la perte de Sélestat en 2001 et du canton de Sélestat en 1998. La gauche reste donc très faible dans cette circonscription,où elle n'a pu être présente au second tour en 2002. Autre acteur important depuis le milieu des années 1980, le FN réalise, comme dans l'ensemble de l'Alsace, des scores importants dans cette circonscription, notamment dans les cantons de Benfeld et Obernai. Globalement il est ici supérieur à sa moyenne régionale, et a pu participer au second tour en 1997.Lors des consultations régionales et cantonales le FN subit cependant la concurrence d'Alsace d'Abord qui a réalisé un score supérieur à 10% lors des éléctions régionales de 2004 et est bien implanté à Benfeld.
Lors des élections de 1988, la région de Sélestat-Obernai avait choisi J.Chirac (53,1%). En 1995 elle plaçait J.M Le Pen arrivait en tête (26,9%) devaçant d'une courte tête E.Balladur (26,4%), les deux finalistes J.Chirac (15,9%) et L.Jospin (14,3%) restant loin dérrière. Au second tour J.Chirac dépassait 60% des suffrages (60,4%). En 2002 J.M Le Pen était à nouveau en tête (24,4%) devant J.Chirac (17,9%), F.Bayrou (11,8%) et L.Jospin (9,5%).
[modifier] Historique des Elections
Législature | Député élu | Parti Politique | Mandat local |
---|---|---|---|
1958-1962 | Albert Ehm | UNR | Maire de Sélestat |
1962-1967 | Albert Ehm | UNR-UDT | Maire de Sélestat |
1967-1968 | Albert Ehm | UDVe | Maire de Sélestat |
1968-1973 | Albert Ehm | UDR | Maire de Sélestat |
1973-1978 | Albert Ehm | UDR puis RPR | Conseiller général de Sélestat |
1978-1981 | Georges Klein | UDF-CDS | Conseiller général de Sélestat |
1981-1986 | Germain Gengenwin | UDF-CDS | Maire de Schaeffersheim |
1986-1988 | Germain Gengenwin | UDF-CDS | Maire de Schaeffersheim |
1988-1993 | Germain Gengenwin | UDF-CDS | Maire de Schaeffersheim |
1993-1997 | Germain Gengenwin | UDF-CDS | Maire de Schaeffersheim |
1997-2002 | Germain Gengenwin | UDF-CDS | Maire de Schaeffersheim |
2002-2007 | Antoine Herth | UMP | Adjoint au maire d'Artolsheim |
- A la suite du décès tragique du député Georges Klein en 1980, son suppléant Germain Gengenwin lui succéda.