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Histoire de l'Angola - Wikipédia

Histoire de l'Angola

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Sommaire

[modifier] Origine

Groupes ethniques de l’Angola
Groupes ethniques de l’Angola

Les peuples de langue bantoue commencèrent à émigrer par vagues successives depuis le golfe de Guinée et atteignirent la région dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. Les premiers habitants de l'actuel Angola, qui parlaient des langues khoïsan, furent progressivement repoussés vers le sud par les Bantous. Ces derniers se métissèrent au cours des siècles avec les peuples autochtones et fondèrent des royaumes. L'un d'eux, le Kongo (le « pays de la panthère ») finit par dominer l’ouest et était à son apogée lors de l'arrivée des Européens, grâce à l’échange d’objets de fer (armes, houes) contre de l’ivoire avec les peuples de l’intérieur. Le souverain, le mani-kongo, vivait dans une vaste capitale, Mbanza Kongo (le fort des Kongo). Les bakongos utilisaient les coquillages comme monnaie et le tissage des habits avec du raphia ou cuir était réservé aux aristocrates : les mani vangu-vangu ainsi que le travail du métal. Le léopard est considéré comme animal sacré, symbole de l’intelligence. Le mani-kongo porte un bonnet léopard sur la tête en guise de couronne.

Au centre du pays, sur les plateaux, habitent d’autres bantous dont les Wambundus. Leur roi porte le titre de Ngola, (d’où le pays tirera plus tard son nom). Les civilisations d’Afrique noire sont des civilisations orales qui ne connaissent pas l'écriture, mais pratiquent la peinture rupestre. Elles cultivent une riche tradition orale (légendes, contes) transmise de génération en génération et utilisent les rythmes du tam-tam pour communiquer au loin, les rythmes étant relayés par plusieurs tam-tameurs. En l’absence d’écriture la parole est très respectée et les habitants développent une tradition orale pour conserver leur histoire.

[modifier] Arrivée des Européens

Vers 1482, l'explorateur portugais Diogo Cão atteint le Cap du Loup à l'embouchure du fleuve Congo. Les portugais débarquent et gravent le blason du Portugal sur le rocher de Matadi (en république démocratique du Congo) et érigent une croix sur les côtes angolaises (padrao). Les Portugais tirent d’abord profit de la stupeur des Africains voyant pour la première fois des hommes blancs ayant des armes à feu inconnues, le mani-kongo est alphabétisé et converti tandis que des collèges jésuites sont construits. Les Portugais forment aussi des tailleurs de pierres (probablement pour construire des églises), Mbanza Kongo est rebaptisé Sao Salvador (Saint-Sauveur) de Kongo. La majeure partie de la population vit néanmoins le christianisme comme une magie supplémentaire des nobles. Une guerre civile entre pro et anti portugais éclate en 1506 et se termine avec la victoire des premiers. Mais les Portugais apprirent aussi aux Bakongos à fabriquer et utiliser des arquebuses et des mousquets à mèches. Le fleuve que les Bakongos appelaient Nzadi ou Nzere donna Zaïre en portugais. Le royaume Kongo est alors à son apogée est compte environ quatre million d'habitants et est donc plus peuplé que le Portugal(1,5 mio).

Les relations entre Portugais et Kongos d’abord égalitaires – échange d’ivoire contre arme à feu – tournent vers une mainmise des portugais qui, désireux de s’approprier les mines d’or et de se procurer des esclaves pour leurs colonies du Brésil, employèrent la force. Les Portugais poussent les Bakongos à faire la guerre contre les ethnies voisines afin de capturer des esclaves et les échanger contre des produits manufacturés. En 1567 le comptoir négrier de Luanda est construit, il y avait une prison où étaient entreposés les esclaves en attendant leur embarquement. Mais en 1568 les Bayakas razzieurs nomades arrivent à prendre Sao Salvador et les Portugais doivent intervenir avec les premiers canons. Après cet échec les Bakongos et les Portugais se brouillent et les Portugais prennent même des sujet du mani-kongo comme esclaves. Ils enlèvent deux neveux du mani-kongo (roi) comme esclaves et un attentat contre celui-ci échoue. En 1618 les portugais sont chassés d’Angola mais dès 1630 les Bakongos doivent combattre les négriers espagnols jusqu’en 1630. Les Espagnols cherchent de leur côté, des esclaves pour Cuba. En 1630 les Hollandais supplantent les Espagnols, les esclaves sont alors déportés vers des plantations brésiliennes. En 1650 les colons portugais du Brésil arrivent à chasser les Hollandais. La guerre entre Kongos et Portugais reprend et se termine en 1668. Le mani-kongo est décapité durant la bataille d'Ambulia et le royaume du Kongo disparaît. Les européens avaient la maîtrise de l'armement ils possédaient des arquebuses à rouet qui leur permettaient de tirer plusieurs coups de suite, des armures et des canons, alors que les africains, certes plus nombreux, n’avaient que des fusils à mèche, des lances, des flèches, des machettes, des boucliers, des haches et des massues.Les puissances européennes justifieront la traite des esclaves par des théories raciales pseudo scientifique(Kant,Hume,Voltaire).

Les Kongos de l’actuel Congo-Kinshasa ont été moins touchés par la traite car les négriers portugais avaient peur des rapides sur le fleuve Congo. Mais les portugais n’étaient pas les seuls esclavagistes, des négriers espagnols et néerlandais étaient aussi présents. Les portugais se sont efforcés d’apporter le christianisme aux Kongos en envoyant plusieurs missionnaires.

[modifier] Colonisation portugaise (XVIe siècle)

L'Angola est le premier pays africain à connaître le colonialisme européen. Le Portugal se limite à la région côtière et les rives du fleuve Congo.

Le pays devient un vaste territoire de chasse aux esclaves à destination du Brésil et de Cuba. On estime que, du XVIe siècle au XIXe siècle, quelque seize millions d’Africains auraient été déportés à bord de bateaux portugais, mais seulement quatre millions d’entre eux auraient survécu au voyage et seraient devenus des esclaves au Brésil. Durant tout le régime esclavagiste, l'Angola reste lié au Brésil parce qu'il lui fournissait les esclaves pour travailler dans les plantations, les mines, etc. et qu’en retour le Brésil envoyait ses trafiquants, ses fonctionnaires et « son portugais », c'est-à-dire la variété de cette langue parlée au Brésil. Les colons portugais et brésiliens s’installent sur les côtes et se mélangent à la population noire pour consolider l’Angola comme possession portugaise, les Portugais y fondent des villes comme Luanda (1575) ou Benguela. Une importante communauté métissée se développe, sa culture mêlant les coutumes africaines et celles des Portugais.

En 1836, les Portugais interdisent la Traite des noirs.L´Angola aura été le pays le plus dépeuplé par la traite.

Ce n'est qu'à la toute fin du XIXe siècle que les Portugais commencent à développer l'intérieur du pays, mais la conquête du reste de l'Angola est lente. Ce n’est qu'en 1920 après plus de 174 campagnes militaires que le Portugal peut contrôler tout le pays. Les portugais font construire un chemin de fer de Luanda vers l’intérieur et développent la culture du café, du sucre, la sylviculture et l’extraction du fer et du diamant. Ces matières premières exportées par les ports de la côte, alimentaient à des prix imbattables l’industrie portugaise. L’extraction pétrolière commence en 1954.

[modifier] Régime de l'indigénat

À partir de 1933, date de la fondation de l’Estado Novo (« Nouvel État ») par Antonio de Oliveira Salazar au Portugal, le régime colonial se durcit considérablement. À l’exemple de la France dans ses colonies, le Portugal instaure le « régime de l'indigénat ».

Trois catégories d'individus sont instituées :

  • les civilizados, les Portugais.
  • les assimilados regroupant les métis et quelques noirs qui ont accès à l’instruction (en portugais)
  • les indígenas, les noirs (98% de la population) soumis aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts sur les «réserves» et à un ensemble d’autres mesures tout aussi répressives telles que les châtiments corporels.

Ce système colonial, perdure jusqu’en 1954, alors qu’il est « allégé », puis définitivement aboli en 1962.

[modifier] Province d’outre-mer

En 1951, l'Angola devient une « province d'outre-mer ». Les Angolais peuvent devenir des « citoyens portugais » moyennant certaines conditions.

Cependant les mouvements d’opposition grandissent, des partis politiques tels que le MPLA (le Mouvement populaire de libération de l'Angola) un mouvement d’orientation marxiste, expression des métis et des citadins et l’UNPA sont créés en 1956. Le 4 février 1961 les membres du MPLA attaquent la prison de Luanda afin de libérer les prisonniers politiques et massacrent 2000 colons portugais. Les représailles de l’armée portugaise font 10 000 victimes dans la communauté noire et des centaines de milliers d’Angolais doivent fuir vers le Congo-Léopoldville. Cette "insurrection de Luanda" véritable prise "de la Bastille" déclenche la guerre d’indépendance.

Le Portugal est présent avec un contingent d'environ 200 000 hommes venus de métropole et des corps de colons volontaires. Trois groupes armés se constituent en face, le MPLA d'Agostinho Neto, le FNLA d'Holden Roberto soutenu par le Congo de Mobutu et les États-Unis et l'UNITA de Jonas Savimbi expression de l’ethnie Mbundu soutenue par la Chine.

Le Portugal n’envisage alors pas du tout de décoloniser l'Angola mais de l'intégrer comme province. En effet ce Brésil avorté avait un rôle clé dans l'économie portugaise : fournir des devises fortes (diamant, pétrole), des matières premières bon marché pour l'industrie (coton, sucre, café, bois), la politique du président Salazar étant basée sur une substitution des importations. Il constituait également un réservoir de travailleurs forcés.

Dès 1962 le FNLA forme un gouvernement angolais en exil à Léopoldville et l’ONU condamne les massacres portugais et reconnaît le droit du peuple angolais à l’indépendance. Pour calmer les mouvements indépendantistes le Portugal abolit le travail forcé en 1962, et accepte d’investir plus d’argent en Angola. En effet l'effectif des enseignants quadruple entre 1961 et 1974. Cependant la plupart des élèves du secondaire étaient toujours blancs. La métropole offre la citoyenneté portugaise à tous les Angolais; si certain l´acceptent et émigrent aux Portugal à la recherche d´un meilleur niveau de vie, d´autres la rejettent par conviction nationaliste. Lisbonne chercha un soutien étranger en ouvrant sa colonie aux capitaux étrangers, l´exploitation du pétrole fut confiée aux entreprises française et américaines, celle du diamant aux belges (encore maitre du Congo voisin) et aux sud-africiains. Ceci marque un tournant dans l'histoire africaine, les puissances coloniales perdent petit à petit pied dans le continent mais pas seulement au profit des africains mais aussi de nouvelles puissances impériales.

Le Portugal impose alors un service militaire et envoie des centaines de milliers soldats pour tenir l'Angola ; 3300 soldats portugais mourront en 14 ans de guerre tandis que dans d’autres provinces d'outre-mer, au Mozambique et en Guinée, se déclenchent des guerres du même type. L'effort de guerre absorbera 40% du budget de l'état. Le Portugal devient pays d'émigration et devra faire venir de la main d'œuvre africaine. En 1974 les militaires portugais, lassés par la guerre, renversent le dictateur Marcelo Caetano et transforment le Portugal en démocratie et commencent à quitter l'Angola. Tandis qu’à Luanda les civils noirs commencent à s’en prendre aux colons, la ville sombre alors dans l'émeute et les pillages. À l'été 1975, les dernières troupes partent précipitamment avec les 300 000 colons dans ce qui fut l'un des plus grands ponts aériens au monde. Le 11 novembre 1975 le Portugal reconnaît l'indépendance angolaise.

[modifier] L’indépendance et la guerre froide (1975)

Le 11 novembre 1975, Agostinho Neto proclame l’indépendance de la République populaire d’Angola. Des troupes sud-africiaines se trouvaient déjà à la frontière angolaise prêts à faire une incursion.

L'Afrique du Sud y renonça suite à un ultimatum de l´URSS. Les troupes zaïroise, elles, sont deja rentrées en Angola et soutiennent le FNLA ; C´est cette coalition qui menace de prendre Luanda. C’est alors que des milliers de soldats cubains affluent pour aider Neto et balayent sans difficulté les troupes zaïroises. Les dirigeants du MPLA s'emparent alors de vastes contrées du pays mais ne parviennent pas à vaincre la guérilla de l´UNITA.

Le pays s’enfonce aussitôt dans une guerre civile ethnique, entre le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA ou Movimento Popular de Liberação de Angola), soit les métis et les citadins soutenus par l’URSS et Cuba, et d’autre part, l’Union pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA ou União Nacional para a Independencia total de Angola), un mouvement regroupant surtout les Ovimbundus (40% de la population) et appuyé par les Occidentaux (États-Unis et Royaume-Uni) et l’Afrique du Sud. En 1976, les puissances occidentales craignant un basculement de l'Afrique du Sud dans le camp communiste lui donne la bombe atomique ce qui dissuade les cubains et les angolais d´attaquer la RSA.

Alors que les forces du MPLA sont appuyées par des soldats cubains (commandées par le général Arnaldo Ochoa, exécuté par le régime castriste en 1989) et l'aviation soviétique, celles de l'UNITA le sont par des soldats sud-africains. Neto lance une opération militaire au Zaïre voisin dans la région du Shaba et fait noyer des mines afin de nuire à l'économie du puissant voisin.

À la mort de Neto en 1979, Dos Santos prend le pouvoir à Luanda. Politicien habile, il désamorce lentement la guerre en se tournant vers l’occident, en écartant l’aile radicale de son parti.

En janvier 1984, l'Afrique du Sud obtient de l'Angola la promesse du retrait de son soutien à la SWAPO (mouvement indépendantiste marxiste-léniniste namibien installé en Angola depuis 1975) contre l'évacuation des troupes sud-africaines d'Angola. Néanmoins, les troupes cubaines demeurent, tout comme les militaires sud-africains.

En 1988, si la bataille de Cuito Cuanavale entre soldats angolais et cubains contre les forces de l'UNITA, appuyées par l'armée sud-africaine, aboutit à un échec relatif des forces en présence, elle constitue néanmoins un élément déclencheur pour la reprise des négociations sur l'avenir de la Namibie.

Le 20 juillet 1988, un accord en 14 points est trouvé entre l'Afrique du Sud, l'Angola et Cuba. Parmi ceux-ci, la mise en œuvre de la résolution 435 prévoyant des élections en Namibie sous le contrôle des Nations-Unies en contrepartie du repli du contingent cubain (manifestant le succès du "linkage" formulée depuis 1979 par l'Afrique du Sud avec le soutien des États-Unis depuis 1981).

Le protocole de Genève est signé le 5 août. Les 8 et 12 août, l'Afrique du Sud et la SWAPO acceptent la cessation des hostilités l'un envers l'autre et le 22 août, l'accord de paix est signé entre l'Angola et l'Afrique du Sud à Ruacana.

Le secrétaire général de l'ONU, Javier Perez de Cuellar se rend alors aux Union Buildings de Pretoria pour préparer l'accord de Brazzaville qui aboutit à la signature du 22 décembre préparant le calendrier de la mise en œuvre de la résolution 435 et celui du retrait cubain d'Angola.

En dépit d'une tentative désastreuse d'infiltration de la Namibie par 1200 guérilléros de la SWAPO à partir de ses bases d'Angola le 1er avril 1989, le processus ira à son terme sous l'administration conjointe de l'Afrique du Sud et des Nations-Unies.

Cependant, en Angola, la guerre civile continue avec un peu moins de vigueur. Les accords de Bicesse en 1991 aboutissent à un cessez-le feu et à l'organisation d'élections générales supervisées par les Nations-Unies. Le MPLA remporte 49% des suffrages contre 40% à l'UNITA. Jonas Savimbi, leader historique de l'UNITA, dénonce des fraudes et reprend les armes, cette fois sans plus aucun soutien international. Un second accord de paix est finalement signé à Lusaka le 20 novembre 1994 prévoyant l'intégration des forces de l'UNITA dans l'armée régulière.

En 1995, l'accord est rompu.

En 1997, un gouvernement d'union nationale est formé avec Jonas Savimbi mais en 1998 les combats reprennent après que Savimbi a dénoncé, selon lui, le manquement du MPLA à ses obligations. Le 28 août 1997, le conseil de sécurité des Nations unies impose des sanctions contre l'UNITA.

En 1999, le MPLA tente alors le coup de grâce et déclenche une offensive militaire massive contre le quartier général de L'UNITA et ses principaux bastions. Les opérations se soldent par un succès général malgré la fuite de Savimbi.

Le 22 février 2002, Jonas Savimbi, est finalement abattu lors d'un assaut de l'armée gouvernementale.

Le 4 avril 2002, un nouvel accord de cessez-le-feu est signé mettant fin officiellement à 27 ans d'un conflit qui a fait un demi-million de morts et entraîné le déplacement de quatre millions de personnes.

[modifier] Bibliographie

  • Les Guerres Grises, René Pélissier
  • La colonie du Minotaure, René Pélissier
  • Les campagnes coloniales du Portugal, René Pélissier, Pygmalion, 2004


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