Huitième circonscription du Bas-Rhin
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[modifier] Description géographique et démographique
La huitième circonscription du Bas-Rhin regroupe les régions dites de l'"Outre forêt", ainsi le pays de Wissembourg et Soultz-Sous-Forêts. Elle est assez largement rurale, les centres urbains de Wissembourg ou Niederbronn-les-Bains restant de taille réduite. La circonscription est assez largement catholique, à l'exception du canton de Soultz-sous-Forêts majoritairement protestant. De même de nombreuses communes des cantons de Niederbronn-les-Bains et Woerth (cantons légèrement catholiques) sont protestantes.
La région de l'Outre-Forêt est l'une des plus dialectophones d'Alsace, les taux de pratique de l'Alsacien sont très élevés. A l'instar de l'Alsace bossue voisine, le taux de pratique du français est resté très faible (seule une minorité de la population l'utilisait) jusque dans les années 1950-1960.
La cironscription n'a pas été modifiée depuis 1958, elle est composée des cantons de:
- Canton de Lauterbourg
- Canton de Niederbronn-les-Bains
- Canton de Seltz
- Canton de Soultz-sous-Forêts
- Canton de Wissembourg
- Canton de Woerth
[modifier] Description politique
Circonscription de l'Alsace du Nord et de l'outre-forêt, autrefois fief du parti catholique alsacien, qui représenta la cicronscription pendant tout l'entre-deux-guerres, en disposant de majorités très larges, la région de Wissembourg s'est affirmée avec les débuts de la Ve république comme un siège sûr pour les candidats. Plus précisément, c'est le député François Grussenmeyer qui assurait cette domination, réussissant l'exploit d'être réélu au premier tour à chaque élection de 1958 à 1988, que ce soit contre des candidats démocrates-chrétiens jusqu'en 1981, puis contre des candidats de gauche et du FN.
Personnalité très populaire et député très actif, défenseur des traditions locales et notamment des bouilleurs de crus, il pouvait compter sur une fidélité remarquable de ses électeurs. Il disposait dans les cantons de Woerth et Niederbronn de véritables bastions, les cantons de Lauterbourg et Seltz lui ayant préféré au cours des années 1960 les candidats démocrates-chrétiens. Comme dans l'ensemble de l'Alsace la circonscription affirmait parrallèlement à sa fidélité au député gaulliste, un fort légitimisme qui se manifesta en 1965 par l'un des plus forts scores réalisé par le général de Gaulle au second tour (86% des voix). Cette force du gaullisme n'empêchait cependant pas la persistance d'une très bonne implantation locale des anciens du MRP, qui détenait le canton de Seltz notamment. Si la popularité locale de F.Grussenmeyer empêcha toute réelle percée des candidats du CDS contre lui, le dernier d'entre-eux, conseiller général de Seltz et candidat de la "fidélité à Giscard" ne réalisa que 13% en 1981. L'effritement des votes pour les candidats nationaux de l'UDR et du RPR se firent pourtant nettement sentir en 1974 et 1981, même s'ils restèrent supérieurs à leur moyenne régionale.
Conséquence des réélections faciles de F.Grussenmeyer, les analystes en étaient venu à considérer l'arrondissement de Wissembourg comme immuablement attaché au gaullisme. Dans cette optique les élections de 1993, auxquelles F.Grussenmeyer ne se représentait pas, furent à bon droit qualifiées de "grande surprise" par la presse régionale. Le "dauphin" du député sortant et maire de Wissembourg, P.Bertrand, fut en effet battu par un candidat proche de l'UDF, sans réelle implantation locale, F.Loos. Celui-ci l'emportait avec plus de 53% au second tour et dans l'ensemble des cantons, à l'exception de Wissembourg, Lauterbourg et Seltz. On notait ainsi un certaine coupure géographique à cette occasion, là où les élections de F.Grussenmeyer présentaient au contraire une assez grande homogénéité. F.Loos fut réélu au second tour contre le candidat du FN en 1997 avec 74% des voix. En 2002, il fut même l'un des députés les mieux élus de France, avec 60,4% des voix. A la suite de sa nomination au gouvernement, son suppléant F.Reiss, maire de Niederbronn, lui a succédé. Pour les élections de 2007, F.Loos a annoncé son intention se présenter dans la neuvième circonscription d'Haguenau, laissant ainsi à F.Reiss le soin de défendre le siège.
Circonscription plutôt rurale, l'arrondissement de Wissembourg reste depuis 1958 nettement dominé par une droite polymorphe, gaulliste à Wissembourg et Lauterbourg, de plus en plus démocrate-chrétienne dans les cantons de Seltz, Niederbronn et Woerth. Dans l'ensemble, les cantons ne distinguent que peu les uns des autres au regard de leur attitude électorale. Les cantons de Seltz, Lauterbourg et Wissembourg constituent de véritables fiefs de la droite, qui y réalise parmi ses meilleurs résultats alsaciens. Valéry Giscard d'Estaing réalisait encore 84% des voix à Seltz en 1981. Les cantons de Woerth, Niederbronn et Soutz-sous-Forêts sont eux aussi parmi les cantons très à droite du Bas-Rhin. On remarque cependant que la domination gaulliste de F.Grussenemeyer n'est pas sans avoir été contestée à la fois par l'UDF-CDS, mais aussi par certains RPR, tel le maire de Niederbronn Pfalzgraf en 1986. Un certain gaullisme peu proche de l'UMP subsiste par ailleurs en la personne du conseiller général de Soultz, J.L Vonau. Enfin le centrisme s'est développé ici à nouveau à partir de l'élection de F.Loos, remportant les cantons de Niederbronn en 1998 et Woerth en 1992, son bastion restant Seltz. La gauche reste ici très faible, n'a pas réussit à mettre en ballotage F.Grussenmeyer en 1981 ou 1988. Elle a été absente du second tour en 1997, au profit du FN, et n'a pas pu mettre en ballotage F.Loos en 2002, étant une nouvelle fois dévancée par le FN. Elle réalise de meilleurs scores à Niederbronn et Woerth, mais qui restent inférieurs nettement à sa moyenne régionale. Le FN a progressé très nettement dans cette circonscription depuis son émergence 1984, et a réussit à mettre en ballotage F.Loos en 1997, n'obtenant que 25% au second tour. Il réalise de très bons scores à Niederbronn et Woerth, reste plus faible à Wissembourg et Lauterbourg. J.M Le Pen obtient par ailleurs de meilleurs résultats que ses candidats locaux, il est arrivé en tête en 1995 et 2002. Enfin le mouvement régionaliste d'extrême-droite Alsace d'Abord a dépassé ici les 10% aux régionales de 2004, notamment à Niederbronn et Soultz.
Lors des élections présidentielles récentes la cirsconscription a affirmé un certain légitimisme, comme dans l'ensemble de la région. En 1988, J.Chirac l'emportait au second tour (51,6%), très fort à Wissembourg, Lauterbourg et Seltz. En 1995, la circonscription plaçait J.M Le Pen en tête (27,5%) devant E.Balladur (26,6%), J.Chirac (16,5%) et L.Jospin (13,3%). Au second tour, J.Chirac l'emportait très nettement (59,9%). En 2002, la circonscription choisissait à nouveau J.M Le Pen (27,5%) devant J.Chirac (19,6%), F.Bayrou (10,7%) et L.Jospin, réalisant ici l'un de ses plus mauvais scores nationaux (8,5%).
[modifier] Historique des Elections
Législature | Député élu | Parti Politique | Mandat local |
---|---|---|---|
1958-1962 | François Grussenmeyer | UNR | Conseiller général de Woerth |
1962-1967 | François Grussenmeyer | UNR-UDT | Conseiller général de Woerth |
1967-1968 | François Grussenmeyer | UDVe | Conseiller général de Woerth |
1968-1973 | François Grussenmeyer | UDR | Maire de Reichshoffen |
1973-1978 | François Grussenmeyer | UDR puis RPR | Maire de Reichshoffen |
1978-1981 | François Grussenmeyer | RPR | Maire de Reichshoffen |
1981-1986 | François Grussenmeyer | RPR | Maire de Reichshoffen |
1986-1988 | François Grussenmeyer | RPR | Conseiller général de Woerth |
1988-1993 | François Grussenmeyer | RPR | Conseiller général de Woerth |
1993-1997 | François Loos | UDF-RAD | Conseiller régional |
1997-2002 | François Loos | UDF-RAD | Conseiller régional |
2002-2007 | Frédéric Reiss | UMP | Maire de Niederbronn-les-Bains |
- A la suite de sa nomination au sein du gouvernement Raffarin, François Loos a cêdé son siège de député à son suppléant Frédéric Reiss.