Juliette Récamier
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
Juliette ou Julie Récamier (de son nom complet : Jeanne Françoise Julie Adélaïde Bernard), dite Madame Récamier (4 décembre 1777 à Lyon - 11 mai 1849 à Paris), femme d'esprit et Merveilleuse du Directoire.
Elle était fille d'un employé supérieur des postes, qui fut destitué sous le Consulat comme suspect de connivence avec les royalistes.
Mariée à un riche banquier de Paris, M. Récamier, elle ouvrit un salon qui devint bientôt le rendez-vous d'une société choisie, mais qui ne tarda pas à exciter les ombrages du pouvoir. La beauté et le charme de Madame Récamier, épouse d'un riche banquier, lui suscitèrent une foule d'admirateurs. Elle fut l'une des premières à se meubler en style « étrusque » et à s'habiller « à la grecque », sous le Directoire, et joua de ce fait un rôle non négligeable dans la diffusion du goût pour l'Antique qui allait prévaloir sous l'Empire.
Amie de Madame de Staël et de Chateaubriand, elle fut une figure clé de l'opposition au régime de Napoléon, et son salon avait un rôle non négligeable dans la vie politique et intellectuelle de l'époque. Elle finit par être éloignée de Paris par la police impériale, et elle séjourna quelque temps à Lyon, où elle se lia avec Camille Jordan et Ballanche, puis visita l'Italie, et ne put revoir la France qu'après la chute de l'Empire.
Éprouvée par de grands revers de fortune, elle alla s'ensevelir en 1819 à l'Abbaye-aux-Bois[1] à Paris. Elle n'en fut pas moins recherchée du monde qu'elle fuyait, et vit sa retraite fréquentée par toutes les célébrités de l'époque : Chateaubriand, l'un des plus assidus, resta jusqu'à la mort son ami le plus intime.
D'une beauté incomparable, qu'elle eut le privilège de conserver fort tard, et à laquelle se joignaient tous les dons de l'esprit et du cœur, Mme Récamier fut entourée d'adorateurs; mais, se contentant de plaire, elle sut se préserver de toute faiblesse. Elle avait rédigé d'intéressants mémoires, mais en mourant elle ordonna de les détruire. Elle a laissé un grand nombre de lettres, dont une partie a été publié en 1859 par Mme Ch. Lenormant, sa nièce, sous le titre de Souvenirs et Correspondance de Mme Récamier.

[modifier] Liens externes
[modifier] Notes et références
- ↑ L'Abbaye-aux-Bois, ancienne abbaye cistercienne, se trouvait au 16, rue de Sèvres en face l'hôtel Lutetia. Elle a été détruite lors de l'agrandissement d'une partie du boulevard Raspail.
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