Superordinateur
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Un superordinateur (ou supercalculateur) est un ordinateur conçu pour atteindre les plus hautes performances possibles avec les technologies connues lors de sa conception, en particulier en terme de vitesse de calcul.
Sommaire |
[modifier] Historique
Les premiers superordinateurs sont apparus dans les années 1960, conçus par Seymour Cray pour le compte de la société Control Data Corporation (CDC), premier constructeur mondial de superordinateur jusque dans les années 1970. Cray Research, fondée par Seymour Cray après son départ de CDC, prit alors l'avantage sur CDC et ses autres concurrents jusqu'en 1990. Dans les années 1980, à l'image de ce qui s'était produit sur le marché des miniordinateurs une décennie plus tôt, de nombreuses petites sociétés se sont lancées sur ce marché, mais la plupart ont disparu dans le « crash » du marché des superordinateurs au milieu des années 1990. De nos jours les superordinateurs sont le plus souvent conçus comme des modèles uniques par des constructeurs informatiques « traditionnels » comme IBM et HP qu'ils aient derrière eux une longue tradition en la matière (IBM) ou qu'ils aient racheté dans les années 1990 des entreprises spécialisées alors en difficulté pour acquérir de l'expérience dans ce domaine.
Le terme superordinateur lui-même reste assez vague et évolutif, car les ordinateurs les plus puissants du monde à un moment donné tendent à être égalés puis dépassés par des machines d'utilisation courante. Les premiers superordinateurs CDC étaient de simples ordinateurs mono-processeurs (mais possédant parfois jusqu'à dix processeurs périphériques pour les entrées-sorties) environ dix fois plus rapides que la concurrence. Dans les années 1970 la plupart des superordinateurs ont adopté un processeur vectoriel, qui effectue le décodage d'une instruction une seule fois pour l'appliquer à toute une série d'opérandes. C'est seulement vers la fin des années 1980 que la technique des systèmes massivement parallèles a été adoptée, avec l'utilisation dans un même superordinateur de milliers de processeurs. De nos jours certains de ces superordinateurs parallèles utilisent des microprocesseurs RISC conçus pour des ordinateurs de série, comme les PowerPC ou les PA-RISC. D'autres utilisent des processeurs de moindre coût d'apparence extérieure CISC, mais microprogrammés en RISC dans la puce (AMD, Intel) : le rendement en est un peu moins élevé, mais le canal d'accès à la mémoire - souvent goulet d'étranglement - est bien moins sollicité.
[modifier] Utilisation
Les superordinateurs sont utilisés pour toutes les tâches qui nécessitent une énorme puissance de calcul comme les prévisions météorologiques, l'étude du climat, la modélisation moléculaire (calcul des structures et propriétés de composés chimiques...), les simulations physiques (simulations aérodynamiques, calculs de résistance des matériaux, simulation d'explosion d'arme nucléaire, étude de la fusion nucléaire...), la cryptanalyse, etc.
Les institutions de recherche civiles et militaires comptent parmi les plus gros utilisateurs de superordinateurs. En France, on trouve ces machines dans les centres nationaux de calculs universitaire tel que l'IDRIS, le CINES, mais aussi au CEA. Actuellement (janvier 2006), le plus puissant supercalculateur français est le TERA-10 développé par Bull et générant 60 teraflops.
Auparavant, le plus puissant supercalculateur français était l'AlphaServer SC45 1 GHz appartenant au CEA, est classé 41e en novembre 2004 (il était 4e mi-2002)
[modifier] Conception
Les superordinateurs tirent leur supériorité sur les ordinateurs conventionnels à la fois d'une architecture innovante leur permettant d'exécuter plusieurs tâches simultanément, et d'une étude poussée pour améliorer tous les composants de l'ordinateur. Ils sont le plus souvent conçus spécifiquement pour certains types de tâche (le plus souvent les calculs numériques scientifiques) et offrent des performances très limitées pour d'autres tâches.
Leur architecture mémoire fait l'objet d'une attention particulière pour fournir en continu suffisamment de données à traiter à chaque processeur afin d'exploiter au maximum sa puissance de calcul. Les performances mémoire supérieures (meilleurs composants et meilleure architecture) expliquent pour une large part l'avantage des superordinateurs sur les ordinateurs classiques.
Leur système d'entrée/sortie est généralement conçu pour fournir une large bande passante, la latence étant moins importante puisque ce type d'ordinateur n'est pas conçu pour traiter des transactions.
Comme pour tout système parallèle, la loi d'Amdahl s'applique, et les concepteurs de superordinateurs consacrent beaucoup d'efforts à éliminer les parties non parallélisables du logiciel et à développer des améliorations matérielles pour supprimer les goulots d'étranglement restants.
[modifier] Principaux obstacles techniques
- Les superordinateurs produisent une grande quantité de chaleur et doivent être refroidis pour fonctionner normalement. Le refroidissement de ces ordinateurs pose souvent un gros problème de climatisation.
- L'information ne peut circuler plus vite que la vitesse de la lumière entre deux parties de l'ordinateur. Lorsque la taille d'un superordinateur dépasse plusieurs mètres, le temps de latence entre certains composants se compte en dizaines de nanosecondes. Les éléments sont donc disposés pour limiter la longueur des câbles qui relient les composants. Sur le Cray-1, par exemple, ils étaient disposés en cercle.
- Ces ordinateurs sont capables de traiter et de communiquer de très importants volumes de données en très peu de temps. Un important travail de conception est nécessaire pour s'assurer que ces données puissent être lues, transférées et stockées rapidement. Dans le cas contraire la puissance de calcul des processeurs serait sous-exploitée.
[modifier] Historique des records
Date | Superordinateur | Constructeur | Type de processeurs/fréquence | Nombre | Puissance réelle | Emplacement |
---|---|---|---|---|---|---|
1906 | Machine Analytique | Charles Babbage | 0,3 Flops | Angleterre | ||
1938 | Z1 | Konrad Zuse | 1 Flops | chez Konrad Zuse, Allemagne | ||
1939 | Z2 | Konrad Zuse | 5 Flops | chez Konrad Zuse, Allemagne | ||
1941 | Z3 | Konrad Zuse | 5,33 Hz | 20 Flops | Deutsche Versuchsanstalt für Luftfahrt, Allemagne | |
1942 | Heath Robinson | TRE | 200 Flops | Bletchley Park, Angleterre | ||
1943 | Colossus Mk I | TRE | 5 kFlops | Bletchley Park, Angleterre | ||
1944 | Colossus Mk II | TRE | 5 kFlops | Bletchley Park, Angleterre | ||
1946 | ENIAC | 100 kHz | 50 kFlops | Aberdeen Proving Ground, États-Unis | ||
1956 | TX-0 | 83 kFlops | Massachusetts Institute of Technology, États-Unis | |||
1958 | SAGE | IBM | 400 kFlops | United States Air Force, États-Unis | ||
1960 | UNIVAC LARC | 500 kFlops | Lawrence Livermore National Laboratory, États-Unis | |||
1961 | IBM 7030 | IBM | 1,2 MFlops | Los Alamos National Laboratory, États-Unis | ||
1964 | CDC 6600 | 3 MFlops | Lawrence Livermore National Laboratory, États-Unis | |||
1969 | CDC 7600 | 36 MFlops | Lawrence Livermore National Laboratory, États-Unis | |||
1974 | Star-100 | CDC | 100 MFlops | Lawrence Livermore National Laboratory, États-Unis | ||
1975 | ILLIAC IV | Burroughs | 150 MFlops | Ames Research Center (NASA), États-Unis | ||
1981 | Cyber-205 | CDC | 400 MFlops | plusieurs endroits dans le monde | ||
1983 | X-MP4 | Cray/SGI | Cray Vector X-MP | 416 | 820 MFlops | plusieurs endroits dans le monde |
1984 | M-13 | 2,4 GFlops | Scientific Research Institute of Computer Complexes, URSS | |||
1985 | Cray-2/8 | 3,9 GFlops | Lawrence Livermore National Laboratory, États-Unis | |||
1989 | ETA10-G/8 | 10,3 GFlops | Florida State University, États-Unis | |||
1993 | CM-5 | TMC | TMC CM5 | 1024 | 59,7 GFlops | Los Alamos National Laboratory, États-Unis |
1993 | Numerical Wind Tunnel | Fujitsu | Fujitsu VPP500 | 140 | 124,5 GFlops | National Aerospace Lab, Japon |
1994 | XP/S140 | Intel | Intel Paragon | 3680 | 143,4 GFlops | Sandia National Labs, USA |
1994 | Numerical Wind Tunnel | Fujitsu | Fujitsu VPP500 | 140 | 170,4 GFlops | National Aerospace Lab, Japon |
1996 | SR2201 | Hitachi | Hitachi SR2201 | 1024 | 220,4 GFlops | Université de Tokyo, Japon |
1996 | CP-PACS | Hitachi | Hitachi SR2xxx CP-PACS | 2048 | 368,2 GFlops | Center for Computational Physics, Japon |
1997 | ASCI Red | Intel | Intel Paragon ASCI-Red | 7264 | 1,07 TFlops | Sandia National Laboratories, États-Unis |
1997 | ASCI Red | Intel | Intel Paragon ASCI-Red | 9152 | 1,34 TFlops | Sandia National Laboratories, États-Unis |
1999 | ASCI Red | Intel | Intel Paragon ASCI-Red | 9472 | 2,12 TFlops | Sandia National Laboratories, États-Unis |
1999 | ASCI Red | Intel | Intel Paragon ASCI-Red | 9632 | 2,38 TFlops | Sandia National Laboratories, États-Unis |
2000 | ASCI White | IBM | IBM POWER3 375 MHz | 8192 | 4,94 TFlops | Lawrence Livermore National Laboratory, États-Unis |
2001 | ASCI White | IBM | IBM POWER3 375 MHz | 8192 | 7,23 TFlops | Lawrence Livermore National Laboratory, États-Unis |
2002 | Earth Simulator | NEC | NEC SX6 1000 MHz | 5120 | 35,86 TFlops | Yokohama Institute for Earth Sciences, Japon |
16/09/2004 | Blue Gene/L | IBM | PowerPC 440 700 MHz | 16384 | 36,01 TFlops | IBM, États-Unis |
26/10/2004 | Columbia | SGI | Intel Itanium 2 1500 MHz | 8192 | 42,7 TFlops | Ames Research Center (NASA), États-Unis |
11/2004 | Columbia | SGI | Intel Itanium 2 1500 MHz | 10160 | 51,87 TFlops | Ames Research Center (NASA), États-Unis |
11/2004 | Blue Gene/L | IBM | PowerPC 440 700 MHz | 32768 | 70,7 TFlops | IBM, États-Unis |
24/3/2005 | Blue Gene/L | IBM | PowerPC 440 700 MHz | 65536 | 135,5 TFlops | IBM, États-Unis |
27/10/2005 | Blue Gene/L | IBM | PowerPC 440 700 MHz | 131072 | 280,6 TFlops | IBM, États-Unis |
[modifier] Systèmes d'exploitation pour superordinateurs
- Linux devient aujourd'hui massivement multiprocesseurs, et est le système équipant la très grande majorité (75,20 %) des 500 supercalculateurs les plus puissants de la planète[1] ;
- Unix perd progressivement du terrain face à Linux, mais occupe encore une place de choix sur le marché des supercalculateurs (17,20 %) ;
- BSD et Mac OS sont très peu représentés (0,60 % chaque) ;
- Windows ne peut gérer qu'au maximum 2 processeurs, sauf dans certaines versions « serveur » spécifiques, lui permettant de gérer selon les versions 4, 8 ou 32 processeurs. Il est inexistant sur le marché des supercalculateurs (aucun des 500 supercalculateurs les plus puissants de la planète ne fait tourner Windows).