Sur l'eau
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Sur l'eau est une nouvelle de Guy de Maupassant écrite en 1888. Sur l'eau est le récit d'une croisière que fit l'auteur sur son yacht personnel le long de la côte d'Azur. C'est une Côte d'Azur encore inviolée qui n'est encore qu'une destination pour tuberculeux et un lieu de rencontre de têtes couronnées . L'auteur alterne le récit de sa croisière avec celui d'excursions menées à terre et de longues digressions sur la société de son époque, l'histoire, ....
[modifier] Extrait
Les îles de Lérins, qui ferment à l'est le golfe de Cannes et le séparent du golfe Juan, semblent elles-mêmes deux îles d'opérette placées là pour le plus grand plaisir des hivernants et des malades. De la pleine mer, où nous sommes à présent, elles ressemblent à deux jardins d'un vert sombre, poussés dans l'eau. Au large, à l'extrémité de Saint-Honorat,s'élève, le pied dans les flots, une ruine toute romantique, vrai château de Walter Scott, toujours battue par les vagues, et où les moines autrefois se défendirent contre les Sarrasins, car Saint-Honorat appartint toujours à des moines, sauf pendant la Révolution. L'île fut achetée alors par une actrice des Français. Château fort, religieux batailleurs, aujourd'hui trappistes gras, souriants et quêteurs, jolie cabotine venant sans doute cacher ses amours dans cet îlot couvert de pins et de fourrés et entouré d'un collier de rochers charmants, tout jusqu'à ces noms à la Florian « Lérins, Saint-Honorat, Sainte-Marguerite »,tout est aimable, coquet, romanesque, poétique et un peu fade sur ce délicieux rivage de Cannes. Pour faire pendant à l'antique manoir crénelé,svelte et dressé à l'extrémité de Saint-Honorat, vers la pleine mer, Sainte-Marguerite est terminée vers la terre par la forteresse célèbre où furent enfermés le Masque de fer et Bazaine. Une passe d'un mille environ s'étend entre la pointe de la Croisette et ce château, qui a l'aspect d'une vieille maison écrasée, sans rien d'altier et de majestueux. Il semble accroupi, lourd et sournois, vraie souricière à prisonniers.
J'aperçois maintenant les trois golfes. Devant moi, au-delà des îles, celui de Cannes, plus près, le golfe Juan, et derrière moi la baie des Anges, dominée par les Alpes et les sommets neigeux. Plus loin, les côtes se déroulent bien au-delà de la frontière italienne, et je découvre avec ma lunette la blanche Bordighera au bout d'un cap.
Et partout, le long de ce rivage démesuré, les villes au bord de l'eau, les villages accrochés plus haut au flanc des monts, les innombrables villas semées dans la verdure ont l'air d'œufs blancs pondus sur les sables, pondus sur les rocs, pondus dans les forêts de pins par des oiseaux monstrueux venus pendant la nuit du pays des neiges qu'on aperçoit là-haut.Sur le cap d'Antibes, longue excroissance de terre,jardin prodigieux jeté entre deux mers où poussent les plus belles fleurs de l'Europe, nous voyons encore des villas, et tout à la pointe d'Eilen-Roc, ravissante et fantaisiste habitation qu'on vient visiter de Nice et de Cannes.
La brise tombe, le yacht ne marche plus qu'à peine. Après le courant d'air de terre qui règne pendant la nuit, nous attendons et espérons le courant d'air de la mer, qui sera le bien reçu, d'où qu'il vienne.
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