Cesare Lombroso
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Cesare Lombroso (né le 6 novembre 1835 à Vérone, mort le 19 octobre 1909 à Turin) était un professeur de médecine légale italien, connu pour ses thèses sur le morphotype des criminels et son caractère inné.
[modifier] Biographie
D'origine juive, il étudie la médecine à Padoue, Vienne et Pavie et prend la direction de l'asile d'aliénés de cette dernière ville à partir de 1864, ce qui lui donne une matière importante à ses recherches. Il obtient la chaire de médecine légale de l'université de Turin en 1876, année de la publication de son ouvrage L'Homme délinquant (L'Uomo deliquente), dans lequel il défend la thèse selon laquelle la délinquance serait nettement plus fréquente chez certaines personnes porteuses de caractéristiques physiques, ce qui serait en faveur du caractère inné de certains comportements. Il s'oppose ainsi aux conceptions sociologiques où les déviances seraient conséquences du milieu. Pour cela, il a approfondi les recherches en matière d'anthropologie liées aux questions de criminalité. Médecin militaire, il va utiliser son métier comme lieu d'observation privilégié en étudiant principalement les soldats délinquants par la réalisation de l'étude anthropométrique de ceux-ci. À l'issue de travaux sur des milliers de crânes de criminels, il observe la fréquence de certaines caractéristiques, ce qui lui permit d'en déduire certaines lois qui le convainquirent que la criminalité était innée et pouvait se déduire des caractéristiques physiques. Il s'avance jusqu'à prétendre que certaines catégories de délinquants avaient leurs propres caractéristiques crâniaux ce qui permettaient de les distinguer.
Son ouvrage fit l'objet de nombreuses rééditions qu'il complête à chaque fois, nuançant ses résultats sans toutefois abandonner son concept de "criminel né". Son livre eut un retentissement important dans le milieu de la médecine légale et de la criminologie. Ses idées suscitèrent plusieurs revues spécialisées et fir l'objet de nombreux débats , notamment aux Congrès d'anthropologie criminelle dont le premier se tint à Rome en 1885. L'opposition venait essentiellement du français Alexandre Lacassagne qui défendait la thèse de l'influence prépondérante du milieu. Le Pr. Topinard, de Paris, soulèva à cette occasion le manque de rigueur de Lombroso dans ses mesures des crânes. Le deuxième congrès se tint à Paris en 1889 et Lombroso fut l'objet d'attaques encore plus vives sur ses méthodologies. Le troisième congrès, à Bruxelles en 1895, vit le triomphe des sociologues, en l'absence de la participation de l'italien. La théorie de l'inconscient de Sigmund Freud finit de décrédibiliser celle de Lombroso.
Lombroso écrit en 1899 Le Crime, causes et remèdes, où il reconnait enfin l'importance du milieu social même s'il n'évacue pas toute idée de "caractère inné". Il a aussi publié en 1877 un gros ouvrage intitulé L'Homme de génie. Enquêtant sur 36 "génies", Lombroso prétendait trouver des preuves sur la folie de Baudelaire, Newton, Fénelon, Verlaine , etc.
A la fin de sa vie, il tente, vainement, d'appliquer ses méthodes au cours d'enquêtes de police.
[modifier] Ecrits de Lombroso
- Etudes pour une géographie médicale d'Italie || Studi per una geografia medica d'Italia, Milano, Giuseppe Chiusi, 1865
- L'homme délinquant||L'uomo delinquente, 1876
- L'homme de génie||Genio e follia, 3. ed ampliata, con 4 Appendici, Milano, Hoepli, 1877
- Les plus récentes découvertes et applications de la psychatrie et de l'anthropologie médicale||Le più recenti scoperte ed applicazioni della psichiatria ed antropologia criminale, Torino, Fratelli Bocca, 1893
- Nouvelles études sur le génie||Nuovi studii sul genio, Milano-Palermo, Sandron, 1902
[modifier] Références
- Guy Bechtel, Délires racistes et savants fous, Pocket Agora, 2002
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