Compagnie Marat
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[modifier] Création de la compagnie Marat
La compagnie Marat existait avant la venue de Jean-Baptiste Carrier à Nantes. Elle avait été instituée par le Comité révolutionnaire de Nantes le 14 octobre 1793, avec l'assentiment du représentant Francastel. Jean-Baptiste Carrier avait tout simplement eu à approuver cette création.
[modifier] Fonctions des armées révolutionnaires, dont la compagnie Marat
La compagnie Marat apparaît comme l'une des plus spécifiques et des plus déterminées d'entre elles. Or les armées révolutionnaires constituent un élément essentiel du système terroriste. Composées d'artisans plutôt que de véritables prolétaires, "elles représentent la Terreur ambulantes, la Terreur au village, elles font peur, et c'est bien le but de leurs créateurs : ce sont les instruments de vigilance et de vengeance, chargés de châtier les coupables, de frapper de terreur les tièdes et les indifférents, de régénérer l'esprit public par la force, de ravitailler les marchés urbains par la force...La création de ces armées représentent le triomphe de la violence érigée en méthode politique et parfois, un but en elle-même" (Richard Cobb)
[modifier] Description de la compagnie Marat
A Nantes, les "Marats" ne furent jamais nombreux, une cinquantaine tout au plus. Soldés 10 livres par jour, ayant juré "mort aux royalistes, aux fanatiques, aux muscadins, aux Feuillants, aux modérés de quelque couleur, de quelque masque, de quelque forme qu'ils se revêtent", ces "Marats" affichent un semblant de discipline militaire et ne doivent obéir qu'aux ordres du Comité nantais ou du représentant. En fait, ils se comportent comme une police politique difficilement contrôlable, prompte aux exactions, aux rapines et aux meurtres. Mais plus intéressés à saisir les biens des riches Nantais, suspects ou émigrés, ils ne participent qu'épisodiquement aux noyades des Vendéens. Jean-Baptiste Carrier se méfie des "Marats" (car trop subordonnés au Comité) se hâte de réduire leur importance avant de les dissoudre purement et simplement. A la fin de décembre 1793, la compagnie n'existe plus mais plusieurs de ses membres restent au service du Comité en qualité de commissaires.
[modifier] Identification de quelques "Marat"
Une trentaine de "Marat a pu être identifiée. il s'agit de petits artisans, d'ouvriers du port parmi lesquels se détachent les figures de Fleury, commandant de la Compagnie, de J.C. Richard, adjudant, de Jean-Baptiste Joly, membre du Comité nantais, et de René Naux, dit Naux l'aîné, parent (?) de Louis Naux membre du Comité nantais.
Déclassés ou marginaux, avec pour seule conscience de classe une mentalité de "niveleurs primitifs" (Richard Cobb), les "Marats forment une milice redoutable capable d'exécuter les sales besognes.