Michel Musolino
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Michel Musolino, né en 1955 à Podargoni, est un économiste et écrivain.
Né dans le sud de l'Italie, il est arrivé en France en 1967 et a fait ses études d'abord au lycée italien de Paris puis à Sciences-Po, d'abord dans la section Économique et Financière puis dans le Cycle d'Histoire du XXe siècle, sous la direction de Raoul Girardet. Il commence très jeune une carrière d'enseignant de sciences économiques et de géopolitique, d'abord en lycée puis dans des classes préparatoires HEC et dans diverses écoles de commerce dont l'ISG (institut supérieur de gestion), école reconnue par les principaux entrepreneurs à l' affût de jeunes carrièristes mondains mais toutefois, extrêmement réactifs et productifs. Michel Musolino aura, grâce à son charisme et sa joie de vivre,donné un sens à la vie des isgiens.
[modifier] Ouvrages
- Fluctuations et crises économiques'. Ellipses. 1997.
- L'Imposture économique. Textuel. 1997.
- La Défaite du travail. L'écart. 1999.
- Plus dur sera le Chiite. Baleine. 1999. (série du Poulpe)
- Le Troisième Secret de Fatima. Le Cherche Midi. 2006.
- L'économie pour les nuls . First éditions.2007
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L'imposture économique, Michel Musolino
Bétises et illusions d'une science au pouvoir (Editions Textuel)
Vue rapide :
"C'est quoi le capitalisme ? L'exploitation de l'homme par l'homme. Et le socialisme ? Exactement le contraire !"
"Quand je parle d'écologie de marché, j'entends d'abord une écologie qui défende le droit de propriété [...]" dit Gérard Bramoullé, conseiller du libéral Alain Madelin. "Pourquoi les bisons ont-il disparu ? Parce qu'ils n'appartenaient à personne ! Les cow-boys n'ont jamais massacré leurs vaches..." Et l'auteur de commenter : "Voilà une idée abrupte mais qu'il fallait énoncer. On comprend ainsi, de manière totalement lumineuse, pourquoi, en Amérique, les Indiens ont disparu et pas les Noirs !"
Ces deux extraits pour donner une idée de l'essai de Michel Musolino. Il s'agit avant tout d'un pamphlet, et durant la première moitié il nous assène plutôt que nous démontre ses révélations, au point de faire croire qu'il s'agit seulement de détruire les idées reçues (ce qui serait déjà en soi important). Il dénonce les failles des religions des économistes de tous bords : tant les échecs et les faiblesses des auteurs communistes que capitalistes sont mises à nues, tant les fabulations libérales que les absurdités keynesiennes.
Plus en détail :
Mais ce n'est pas seulement un pamphlet, ce que laisse pourtant croire la couverture du livre, un peu criarde. Progressivement, par la contradiction d'abord, puis de manière plus constructive, Musolino met face à face les incohérences des "politiques" économiques menées jusque-là, en soulignant l'essence de leur aveuglement : la volonté de transformer l'homme pour les adapter à des théories de ce fait vouées à l'échec, et l'enfermement dans des stratégies abstraites où l'homme n'a plus sa place. Le tout porté par de nombreuses références d'auteurs issus de toute la palette idéologique depuis Marx jusqu'à Ford, depuis Adam Smith ou Friedman jusqu'à Keynes, il évoque les idées intéressantes de chacun, dénonce les absurdités, et plaide finalement pour une économie politique au sens premier, c'est à dire où l'économie s'efforcerait d'aider les hommes à réaliser leur ouvrage plutôt que l'économie actuelle - Keneysienne ou Libérale - qui avilit la race humaine au rang de Marchandises ou de Machines contraintes à la compétitivité pour survivre.
Au final, un ouvrage plein de punch et de franc-parler, beaucoup plus réfléchi qu'il ne le paraîtra à ses opposants, et surtout nécessaire pour mettre en garde sur l'illusion de cette Fin de l'Histoire tant désirée par le capitalisme et son rejeton communo-socialiste.
Quelques arguments :
- Contre la Bourse : la propension des économiste à croire à la perrenité de la Bourse en dépit des Krachs réguliers, depuis le dix-septième siècle en Hollande. Ceux qui ne se bouchent pas les yeux savent que les Krachs vont arriver. Pourtant quand une période de croissance s'impose tous prétendent qu'elle est différente des autres et n'a pas de raison d'aboutir à un Krach ; une fois que le Krach arrive (par exemple dans son livre de 1997 Musolino annonce celui de 2000-2002 -3?) ils oublient ce qu'ils ont dit et concluent que c'est que la Bourse n'était pas saine (ce qui quelque part est son état normal, elle n'est saine que dans les modèles, par définition absolus et irréalisables), et que le Krach l'ayant assaini (ce qui est faux, des entreprises et des procédés financiers sains disparaissent, de même que d'autres qui ne sont pas sains restent, cf la théorie de l'évolution de Gould) elle peut repartir mieux que jamais.
- Contre les idéologies dominantes : le libéralisme a prouvé son invalidité lors de la Crise de 29 et le Keynesianisme la Crise de 70-80, pourtant ils restent au pouvoir, en se battant l'un et l'autre. Au sujet du libéralisme notamment, Musolino dit : "Les dogmes d'aujourd'hui sont les idées dont nos grands-pères savaient déjà qu'elles étaient dépassées". Et de montrer comment le Keynesianisme et le Libéralisme montent des "supossitions" en "lois" puis en "modèles", qu'ils finissent par démolir (l'un démolissant les lois des autres) en montrant de ce fait qu'elles ne sont effectivement que des suppositions.
- Contre le simplisme : par exemple, le chômage n'est pas homogène, il est "polymorphe". Ce n'est ni parce que les gens préfèrent ne rien faire (explication libérale), ni parce que les salaires sont trop bas et freinent la consommation (explication Keynesienne), ni parce qu'ils sont trop hauts et alourdissent la productivité et les entreprises (explication libérale) qu'il y a du chomage. Il y a pour simplifier deux grandes formes de chômage : classique et keynesien. "Ces deux formes de chômage, qui ont des causes différentes, demandent des thérapeutiques totalement opposées. "Le premier, classique, est provoqué par un manque de rentabilité des entreprises et rendrait nécessaire une baisse des salaires. Le second, provoqué par une insuffisance de la demande, ne pourrait être combattu que par une hausse des salaires. Le problème est que les deux types de chômage sont difficilement identifiables et qu'ils peuvent, de plus, cohabiter."
Conclusion
Laissons la parole à l'auteur : "Le capitalisme est aux prises avec ses propres mensonges. Il doit éliminer l'état, après avoir affirmé qu'il représentait l'intérêt général. Il doit éliminer le travail après avoir dit qu'il était la seule source de la richesse et de la dignité. Qu'à cela ne tienne. La transmutation des valeurs est une spécialité de l'hypercapitalisme."