Phénoménologie de la perception
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Phénoménologie de la Perception est le magnum opus du philosophe phénoménologique français Maurice Merleau-Ponty.
Suivant explicitement le travail d'Edmund Husserl, le projet de Merleau-Ponty est de révéler la structure phénoménologique de la perception.
[modifier] Plan de l'œuvre
Introduction : Les préjugés classiques et le retour aux phénomènes
- La « sensation »
- L' « association » et la « projection des souvenirs »
- L' « attention » et le « jugement »
- Le champ phénoménal
Première partie : Le corps
- Le corps comme objet et la physiologie mécaniste
- L'expérience du corps et la psychologie classique
- La spatialité du corps propre et la motricité
- La synthèse du corps propre
- Le corps comme être sexué
- Le corps comme expression et la parole
Deuxième partie : Le monde perçu
- Le sentir
- L'espace
- La chose et le monde naturel
- Autrui et le monde humain
Troisième partie : L'être-pour-soi et l'être-au-monde
- Le cogito
- La temporalité
- La liberté
[modifier] Résumé de l'œuvre
Introduction : Les préjugés classiques et le retour aux phénomènes
- La « sensation » — Merleau-Ponty analyse la notion de sensation et en dégage, malgré une apparente évidence dans « l'attitude naturelle » (celle dans laquelle nous pensons pouvoir définir précisément ce que sont les mots « sentir », « voir », etc.), le caractère complexe. Il récuse la notion de « sensation pure » qui ne correspond à aucune expérience vécue (les sensations sont relatives) et s'accorde avec la Gestalttheorie (la psychologie de la forme) pour définir le phénomène perceptif comme « une figure sur un fond » : aucune donnée sensible n'est isolée, elle se donne toujours dans un champ (il n'y a pas de « pure impression »). Il réfute ensuite le « préjugé du monde objectif » : il n'y a pas de « réalité objective », la perception s'ancre dans une subjectivité qui, de fait, produit de l'indéterminé et de la confusion (lesquels ne résultent pas d'un « manque d'attention »). Merleau-Ponty en arrive à la conclusion que la psychologie n'est pas parvenue à définir la sensation ; mais la physiologie n'en a pas davantage été capable, puisque le problème du « monde objectif » se pose à nouveau et qu'il entre en contradiction avec l'expérience (exemple avec l'illusion de Müller-Lyer) : pour comprendre ce que signifie « sentir », il faut donc revenir à l'expérience interne préobjective.
- L' « association » et la « projection des souvenirs » — La sensation ne correspond pas à la coïncidence entre le sujet sentant et la qualité (par exemple le rouge) perçue. L'auteur met en évidence l'intentionnalité de la conscience : la conscience est conscience perceptive de. Il réfute ensuite la thèse empiriste d' « association des idées » (en vogue depuis Locke) : si cette dernière ramène l'expérience passée, il y a aporie puisque la première expérience ne comportait pas de connexion avec d'autres expériences. Au contraire, la sensation prend corps au sein d'un « horizon de sens » et c'est à partir de la signification du perçu qu'il peut y avoir des associations avec des expériences analogues (et non le contraire). Une impression ne peut pas « en réveiller d'autres » : la perception n'est pas faite de données sensibles complétées par une « projection des souvenirs » ; en effet, faire appel aux souvenirs présuppose précisément que les données sensibles se soient mises en forme et aient acquis un sens, alors que c'est ce sens que la « projection des souvenirs » était censé restituer.
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