Relations inter-Corées
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Dès leur fondation, les deux régimes du Nord et du Sud ont déclaré représenter l'ensemble de la Corée. Au Sud, la Corée du Nord reste toujours officiellement désignée comme la « province du nord »[1]. Le terme de « Corée » se traduit d'ailleurs différemment dans le nom officiel de chacun des deux États. La guerre de Corée est souvent analysée comme un conflit fratricide où la Corée aurait été la victime des antagonismes entre les deux superpuissances de la guerre froide[2].
Séoul et Pyongyang se sont longtemps dépeintes l'une l'autre en des termes très dépréciatifscitation nécessaire. La loi de sécurité nationale en Corée du Sud interdit aux Sud-Coréens de nouer des échanges directs, sans autorisation préalable, avec les Nord-Coréens.
Des affrontements entre les forces armées des deux États au cours d'opérations d'espionage ainsi qu'au sujet des zones de pêches ont fait depuis la fin de la guerre de Corée des dizaines de victimes [3].
Le dialogue, amorcé en 1972, s'est approfondi depuis 2000, suite à la visite à Pyongyang du président sud-coréen Kim Dae-Jung et de l'adoption conjointe, par ce dernier et son homologue nord-coréen Kim Jong-il, de la déclaration commune du 15 juin 2000 qui constitue la pierre angulaire des relations entre Pyongyang et Séoul[4].
Après 1990, la chute du régime militaire au pouvoir en Corée du Sud et la démocratisation qui s'est ensuivie a favorisé une évolution de la position de Séoul. En 1991, les deux Corée ont été admises conjointement à l'ONU, mettant fin au pendant coréen de la doctrine allemande dite Hallstein, selon laquelle les États étrangers devaient choisir de reconnaître et d'établir des relations avec l'une ou l'autre des deux Allemagne.
Sommaire |
[modifier] Position diplomatique
Dans la perspective d'une réunification de la Corée, les autorités sud-coréennes ont choisi de privilégier la voie d'un rapprochement économique et culturel progressif entre les deux Corée, afin de réduire des écarts économiques, plus importants entre les deux Corée qu'entre les deux Allemagne en 1989. Cette « sunshine policy » (« politique du rayon de soleil ») a été comparée à l'ostpolitik de Willy Brandt.
Dans ce contexte compliqué par la crise nucléaire en Corée du Nord, le gouvernement sud-coréen juge inopportunes les déclarations de Washington tendant à stigmatiser Pyongyang comme un pays de l'« Axe du mal » citation nécessaire, et s'est abstenu lors du vote en 2005 d'une résolution des Nations unies condamnant les atteintes aux droits de l'homme en Corée du Nord. Malgré le maintien de la présence de moins de 30 000 militaires des forces armées des États-Unis en Corée du Sud, Séoul tend ainsi à développer une approche diplomatique vis-à-vis de Pyongyang de plus en plus autonome de celle de Washington. De fait, la déclaration commune du 15 juin 2000 fait état d'une réunification de la Corée indépendamment des autres puissances étrangères[5].
La Corée du Sud est devenue, après la Chine, le second partenaire commercial de la Corée du Nord, le volume des échanges annuel dépassant désormais un milliard de dollars (voir l'article Économie de la Corée du Nord). Située au nord de la ligne de démarcation, la zone industrielle de Kaesong accueille des entreprises sud-coréennes employant une main-d'œuvre nord-coréenne.
Outre les rencontres entre familles séparées, les échanges humains se développent : en 2005, un million de Sud-Coréens avaient ainsi visité le Kumgangsan depuis l'ouverture de ces montagnes sacrées au tourisme sud-coréen, dans le cadre d'un partenariat négocié directement entre les dirigeants nord-coréens et le groupe Hyundai qui gère le site. Le 27 février 2006, plusieurs centaines de Coréens de familles séparées ont aussi pu se parler par liaison vidéo [1].
[modifier] Perception en Corée du Sud
La génération des Sud-Coréens ayant vécu la guerre de Corée est la plus réticente à la politique de dialogue avec le Nord citation nécessaire.
En Corée du Nord, le parti d'opposition de droite du Grand parti national critique les échanges que souhaite approfondir le président Roh Moo-hyun et son parti Uri comme des concessions sans contreparties suffisantes de Pyongyang ; toutefois, les conservateurs sud-coréens sont hostiles à un changement de régime à Pyongyang [2]
Le Parti démocratique du travail de Corée, troisième parti sud-coréen (à gauche du parti Uri), soutient la « sunshine policy » ; plus de 60% des Sud-Coréens selon un sondage réalisé en août 2003 [3].
La question de la Corée du Nord constituerait, en Corée du Sud, un clivage plus important que celui existant, par exemple, entre la gauche et la droite en France citation nécessaire.
[modifier] Perception des populations
A la fin de leur ouvrage de témoignages de réfugiés nord-coréens ("Evadés de Corée du Nord", Presses de la Cité, Paris, 2004) Juliette Morillot et Dorian Malovic soulignent leurs difficultés d'intégration compte tenu de leur perception par leurs compatriotes sud-coréens.
Malgré un important soutien matériel, la plupart des quelques 8.000 réfugiés nord-coréens en Corée du Sud (dont les deux tiers arrivés depuis 2002, selon les statistiques sud-coréennes) ont de réelles difficultés à s'intégrer socialement, stigmatisés par des clichés dépréciatifs qui étaient véhiculés par le régime militaire encore au pouvoir à Séoul il y a quinze ans. Beaucoup de Nord-Coréens présents en Corée du Sud continuent d'ailleurs de se considérer comme des Nord-Coréens.
Selon ces mêmes témoignages, les Sud-Coréens voient avec gêne et pitié leurs compatriotes du Nord, qu'ils perçoivent comme plus pauvres et moins éduqués.
Certaines différences linguistiques séparent les Coréens du Nord et du Sud : différences d'accent, introduction de nombreux mots d'origine anglaise dans le dialecte de Séoul parlé au Sud, utilisation du hangeul mais aussi des caractères chinois en Corée du Sud.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Références et notes
- ↑ Le site officiel du ministère sud-coréen de la réunification donne ainsi les données statistiques relatives au "district administratif de la Corée du Nord"
- ↑ Voir "Le nationalisme pancoréen, l'opposition aux grandes puissances et les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Sud", conférence de Kim Ji-yul, directeur des études asiatiques à l'US Army War college, publiée dans "Japan Focus" en décembre 2005
- ↑ (fr)Fin tragique d’une opération d’espionnage, L'Humanité, 20 septembre 1996
- ↑ Texte intégral de la déclaration Nord-Sud du 15 juin 2000 sur le site officiel nord-coréen "Naenara". Voir également l'article détaillé Réunification de la Corée
- ↑ "Le Nord et le Sud ont décidé de résoudre en toute indépendance le problème de la réunification du pays grâce à l'union de notre nation qui en est responsable" : point premier de la déclaration du 15 juin 2000 disponible ici.
[modifier] Liens externes
- (en) Ministère de la réunification de Corée du Sud
- (fr) La Corée du Nord sur le site officiel de l’ambassade de Corée du Sud en France
- Interview le 30 décembre 2005 de Park Jae-kyu, ancien ministre sud-coréen de la réunification, par le Korea times
- Article exprimant un point de vue sur le nationalisme pan-coréen et la réunification
- Article du quotidien Le Monde, 17 août 2005 : "Corée du Nord et du Sud privilégient la réconciliation
- (en) Article d'un universitaire britannique sur la divergence de vues des Sud-Coréens avec les États-Unis sur la Corée du Nord