Système d'information hospitalier
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Un Système d'Information Hospitalier (abrégé SIH) est un système d'information appliqué aux métiers de la santé, et plus particulièrement aux établissements de santé. Le SIH d’un Centre hospitalier est constitué de l’ensemble des informations et des traitements nécessaires à l’accomplissement de ses missions (Circulaire ministérielle du 18 Novembre 1982). Le SIH est une des composantes du Système d'Information de Santé.
Sommaire |
[modifier] Les organisations concernées
Les établissements visés sont typiquement :
- les hôpitaux,
- les cliniques,
- les centres de radiologie,
- les centres d'analyses,
- les centres de soins,
- les cabinets médicaux.
[modifier] Acteurs
Ce sont :
- les patients,
- les professionnels de la santé,
- le personnel soignant,
- le personnel médico-technique (manipulateurs en électroradiologie, laborantin...),
- le personnel administratif.
[modifier] Informations
Le système d'information hospitalier couvre l'ensemble des informations utilisées dans un établissement de santé. On peut découper le SIH en grands ensembles fonctionnels. Ce découpage est informatif, mais n'est pas forcément le plus pertinent pour engager des projets d'informatisation. En effet, un système d'information devrait aussi être abordé comme un ensemble de processus, dont la finalité première dans le domaine de la santé est de produire un soin de qualité.
[modifier] Les différentes approches du système d'information hospitalier
Les approches décrites ci-dessous servent d’axe de description/modification du système d’information : cartographie, schéma directeur, projets d’informatisation, etc. Ces trois axes ne sont pas exclusifs, mais complémentaires.
[modifier] Approche fonctionnelle
le SIH est découpé comme un ensemble de grands domaines, eux-mêmes subdivisés en grandes fonctions, sous fonctions, etc. Ex : fonction médicale (dossier médical informatisé, prescription des actes), fonction logistique, fonction financière, etc.
Avantage : vision simple à appréhender car découpage par métier, donc lecture immédiate. Correspond souvent à l’offre des fournisseurs.
Inconvénient : renforce les clivages fonctionnels, donc ne va pas dans le sens d’intégration. Ne permet pas d’informatiser les processus qui sont à cheval sur plusieurs domaines.
Illustration : prescription des médicaments par le médecin, indissociable de son administration par l’infirmière, indissociable de la dispensation/validation par le pharmacien.
[modifier] Structurelle (ou topologique)
Division du SIH selon le découpage organisationnel : unités de soins, plateau technique, services administratifs.
Avantage : permet de gérer un projet ciblé, permet de superposer le groupe de travail au service. Ex. : mise en place d’un Dossier de Spécialité dans un Service de Cardiologie. Correspond à l’offre des fournisseurs. Inconvénient : risque d’arriver à un SIH départementalisé. Difficulté pour faire avancer la logique d’intégration.
Illustration : un dossier médical par unité de soins, sans communication avec l’informatique administrative et encore moins entre eux (continuité des soins dans une filière de soins !).
[modifier] Processus
Le SIH est analysé selon une suite d’activités, enchaînées les unes avec les autres.
Avantage : seul découpage permettant d’informatiser à partir du patient (organisation « centrée patient »), cohérent en terme d’intégration du SIH (favorise notamment l'utilisation de la démarche IHE).
Inconvénient : complexité d’analyse (description des processus), peu d’offre (quelques agendas patients, quand même), difficulté à définir le périmètre du projet.
[modifier] Les grandes composantes fonctionnelles du SIH
La partie logicielle d'un SIH est la plupart du temps composée d'un ou plusieurs PGI dediés plus ou moins spécifiquement aux établissements de santé.
La communication entre les différents progiciels tend à être standardisée, autour de HL7 et de son pendant IHE.
La plupart de ces logiciels est propriétaire, mais il existe néanmoins quelques initiatives open source, dont Mediboard.
[modifier] Le système administratif
Le système administratif permet l’admission des malades, la gestion de leurs mouvements au sein de l’hôpital (lits, mutations entre les services) dite « gestion opérationnelle », la sortie administrative des patients, la facturation (frais de séjour), etc.
[modifier] Le système comptable
Le système comptable comprend plusieurs sous-systèmes : comptabilité des fournisseurs, comptabilité clients (dans le cas de l’hôpital, il s’agit de la gestion comptable des frais de séjour), gestion des immobilisation, etc.
[modifier] Le système logistique
La logistique recouvre plusieurs sous-fonctions, toutes susceptibles d’être informatisées : blanchisserie, restauration, fournitures hospitalières et administratives. Il s’agit donc de gestion de stock, gestion de flux, gestion d’approvisionnements.
[modifier] Les systèmes d’information médico-techniques et de logistique médicale
Le plateau technique au sens large comprend tous les plateaux d’examens (laboratoires, imagerie médicale, explorations fonctionnelles, etc.), mais aussi la pharmacie centrale, dans une certaine mesure les services de réanimation et les services de soins intensifs, les SMURS, etc. La particularité de cette informatique est son lien de plus en plus fort avec les appareillages bio-médicaux (cas de l’imagerie médicale, cas des centrales de surveillance des réanimations et soins intensifs).
[modifier] L’informatique médicale et para-médicale
Dossier Patient Informatisé : gestion électronique des comptes-rendus, prescription connectée, dossier de soins, etc.
[modifier] Les outils de pilotage
Infocentre, système d’aide à la décision, etc.
[modifier] Les applications transversales
Intranet, messagerie électronique, etc.
[modifier] Matériel
La partie matérielle du Système d'Information n'est pas spécifique à ce secteur d'activité, à l'exception notable des équipements bio-médicaux (imagerie médicale, centrales de surveillance par exemple). La partie matérielle est composée de :
- D'un réseau local informatique (typiquement un réseau Ethernet TCP/IP, topologie en étoile) :
- Des câbles (fil cuivrés pour les courtes distances, fibres optiques pour les distances supérieures à 100 m.) ou de la radio (réseau Wi-Fi, ou GPRS UMTS pour les grandes distances)
- Des éléments actifs, dits concentrateurs et répartiteurs (hub et switches)
- Des serveurs, groupés dans une salle machine avec de 1 à des dizaines de serveurs, assurant la gestion du réseau et faisant fonctionner les applications
- Des postes de travail : des ordinateurs individuels, type PC ou MacIntosh, des consoles (terminaux passifs)
- De connexions à un ou des réseaux extérieurs
- Par ligne RTC, transpac, Numeris, notamment pour se connecter aux organismes publics comme les Caisses Primaires d'Assurance Maladie.
- Par des liaisons louées pour relier des sites distants (hôpitaux multisites, par exemple)
- Par le réseau Internet pour de nombreuses autres applications
- D'un système de téléphonie complet
- Réseau téléphonique privé, plus ou moins sophistiqué
- Connexion au réseau téléphonique public
[modifier] Histoire et réformes du SIH
L’évolution de l’hôpital s’est effectuée très rapidement, 20 années seulement séparant la fin de «l’hôpital hospice», en 1941, de «l’hôpital excellence». Cette modernisation a été si importante et si rapide que l’on qualifie souvent cette époque « d’hospitalo-centrisme ».
Cet élan a été ralenti par la nécessité de contrôler la progression des dépenses de santé et la mise en place de politiques d’encadrement de la dépense. Ci-après, ces reformes ainsi que quelques grandes dates de la refonte du système hospitalier français. Sont plus particulièrement décrites les mesures ayant un impact sur le Système d’Information Hospitalier.
- 1982 :
- Création du Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI).
- Lors de l’instauration du budget global, il est apparu important pour les acteurs du système de santé de s’appuyer sur un système d'information fiable.
- Permettant d’évaluer l’activité hospitalière, d’en suivre l’évolution, de rendre disponible cette information au sein de l’hôpital et pour la tutelle de médicaliser l’information hospitalière en intégrant les pathologies et leur traitement.
- 1989 :
- Circulaire 275 du 6 janvier 1989 relative à l’informatisation des hôpitaux publics.
- 1991 :
- Obligation pour l’Hôpital d’avoir un projet d’établissement, le schéma directeur.
- Création de 3 instances :
- - Commission du service Soins Infirmier CSSI
- - Conseil de service
- - droit expression direct et collective (médecins)
- Lois Claude EVIN : 1er phase de la nouvelle Gouvernance.
- Circulaire DH/5A/91 n°23 du 19 avril 1991relative aux système d'information et à l’informatique hospitalière.
- 1994 :
- Suite à l’arrêté du 20 septembre 1994 relatif au recueil et au traitement des données d’activités médicales et des coûts, visées à l’article L710.5 au code de la santé publique, par les établissements de santé publics et privés vises aux articles L 715.5,L.714.1, un système d’information médicale et une analyse de l’activité des établissements de santé sont créés.
[modifier] Liens externe
- Groupement pour le Modernisation du Système d'Information Hospitalier (GMSIH).
- La Fédération Hospitalière de France (FHF).
- La Fédération Hospitalière des Etablissements Hospitaliers et d'Assistance Privés à but non lucratif (FEHAP).
- La Fédération de l'Hospitalisation Privée (FHP).
- L’Association des Technologies de Communication Hospitalière.
- L’Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation (ATIH).
- Le site de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation.
- SIS Rhône-Alpes Système d’information régional de santé.
- Le rapport d’information N° 62 du SÉNAT session ordinaire de 2005-2006.
- Evaluation du système d’information des professionnels de santé, rapport N° 2002-142.
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