Commission Bignon
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La commission Bignon.
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[modifier] Origine des commissions militaires
Sous la Terreur à Nantes, le tribunal militaire ne suffisant pas, on lui a ajouté des commissions militaires, sensiblement plus expéditives, comme la commission Bignon. Avant même le carnage de Savenay (23 décembre 1793), Jean-Baptiste Carrier ne cache pas son embarras. Il écrit à la Convention nationale : La défaite des "brigands" est si complète que nos postes les tuent, les prennent et les amènent par centaines ; la guillotine ne peut suffire ; j'ai pris le parti de les faire fusiller...
[modifier] Création et fonction de la commission Bignon
La commission Bignon a été établie au Mans le 24 frimaire an II (14 décembre 1793) par les représentants Pierre Bourbotte, Louis-Marie Turreau et Pierre-Louis Prieur. Inscrite dans le sillage des "armées de l'Ouest et des côtes de Brest", elle a pour charge de juger sur-le-champ les rebelles pris les armes à la main. En cinq mois, elle prononce 2 919 condamnations à mort dont 661 en trois jours à Savenay et 1 948 à Nantes du 9 au 30 nivôse an II (29 décembre 1793-19 janvier 1794)
[modifier] Fonctionnement de la Commission
La présidence de la commission incombe à Gonchon, frère du fameux pétitionnaire du faubourg Saint-Antoine à Paris. Mais Gonchon n'exerce ses fonctions que de manière très épisodique, s'en remettant le plus souvent à Bignon. L'accusateur public David Vaugeois et les juges assesseurs sont tous des officiers subalternes.
[modifier] Lieu où siège la commission
La commission Bignon siège principalement à la prison de l'Entrepôt des cafés lors des exécutions de masse ordonnées le 9 nivôse an II (29 décembre 1793), mais aussi à la prison du Bouffay, et à la prison du Sanitat. Après le départ de Jean-Baptiste Carrier, elle se transporte au château d'Aux pour y infliger la mort à deux cent dix habitants de la commune de Bouguenais (1794).
[modifier] Les jugements par la commission
Sa manière de procéder est des plus expéditive ; les prisonniers défilent devant leurs juges sans interruption. Il ne leur est demandé que leur identité ; ensuite, reconnus coupables d'avoir porté les armes contre la République, ils sont condamnés à mort et exécutés dans les heures suivantes. L'état des prisonniers jugés à Nantes par la commission Bignon du 9 au 28 nivôse an II et du 2 au 9 pluviôse an II donne l'ordre exact de passage devant la commission. Ces listes établies quotidiennement sont très sommaires -nom, prénom, âge, lieu de naissance- mais révèlent un certain souci d'ordre.