Janus (mythologie)
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Janus est une divinité romaine veillant sur les ouvertures : ouverture de l’année, de la guerre (les portes de son temple étaient fermées quand Rome était en paix), etc.
Les mythologues ne sont pas d'accord sur son origine[1]. Les uns le font Scythe ; les autres, originaire du pays des Perrhèbes, peuple de Thessalie ; enfin, d'autres en font un fils d'Apollon et de Créuse, fille d'Érechtée, roi d'Athènes. Devenu grand, Janus, ayant équipé une flotte, aborda en Italie, y fit des conquêtes et bâtit une ville qu'il appela de son nom Janicule. Toutes ces origines sont obscures et confondues. Mais la légende le fait régner, dès les premiers âges, dans le Latium. Saturne, chassé du ciel, se réfugia dans ce pays, et fut accueilli par Janus qui même l'associa à sa royauté. Par reconnaissance, le dieu détrôné le doua d'une rare prudence qui rendait le passé et l'avenir toujours présents à ses yeux, ce qu'on a exprimé en le représentant avec deux visages tournés en sens contraires.
Le mois de janvier (januarius), auquel le roi Numa donna son nom, lui était consacré.
Sommaire |
[modifier] Liens de parenté
Père de Proca, né de l'union avec la nymphe Cama
Père de Tibérinus, né de l'union avec Camisé. Ce dernier se noiera dans le Tibre, fleuve qui portera son nom.
[modifier] Son règne
Le règne de Janus fut pacifique. C'est à ce titre qu'on le considéra comme le dieu de la paix. Le roi Numa lui fit bâtir à Rome un temple qui restait ouvert en temps de guerre, et qu'on fermait en temps de paix. Ce temple fut fermé une fois sous le règne de Numa ; la seconde fois après la deuxième guerre punique, et trois fois, à divers intervalles, sous le règne d'Auguste.
[modifier] Pouvoir
C'est le dieu des portes (de janua, porte en latin, selon Tertullien). Il est représenté avec deux visages, l'un tourné vers le passé et l'autre tourné vers le futur. À Rome, son temple principal a la particularité d'avoir les portes ouvertes en temps de guerre et fermées en temps de paix. Les portes de ce temple n'ont d'ailleurs été fermées que deux fois de 509 av. J.-C. à Auguste. On peut dire que Janus est le Gardien de la porte des enfers.
[modifier] Culte
[modifier] Représentations
On le représente tenant d'une main une clef, et de l'autre une verge, pour marquer qu'il est le gardien des portes (januae) et qu'il préside aux chemins. Ses statues marquent souvent de la main droite le nombre de trois cents, et de la gauche celui de soixante-cinq, pour exprimer la mesure de l'année. Il était invoqué le premier lorsqu'on faisait un sacrifice à quelque autre dieu.
Ovide dit que Janus a un double visage parce qu'il exerce son pouvoir sur le ciel, sur la mer comme sur la terre ; il est aussi ancien que le monde ; tout s'ouvre ou se ferme à sa volonté. Lui seul gouverne la vaste étendue de l'univers. Il préside aux portes du ciel, et les garde de concert avec les Heures. Il observe en même temps l'orient et l'occident.
Sur le revers de ses médailles on voyait un navire ou simplement une proue, en mémoire de l'arrivée de Saturne en Italie sur un vaisseau.
[modifier] Temples
Il y avait à Rome plusieurs temples de Janus, les uns de Janus Bifrons, les autres de Janus Quadrifrons. Au-delà de la porte du Janicule on avait élevé, en dehors des murs de Rome, douze autels à Janus, par rapport aux douze mois de l'année.
[modifier] Légende
Ne pouvant plus diriger le ciel, Saturne cherchait la tranquillité. Il fut accueilli avec hospitalité en Italie par Janus, le roi des latins et le dieu des portes des enfers. En plus de son hospitalité, Janus proposa à Saturne de s’associer tous les deux sur le trône. Janus et Saturne s’entendaient merveilleusement bien, il n’y avait jamais de querelles. Ils ne travaillaient jamais car la terre était toujours féconde. C’était l’Âge d’or. En souvenir d’une pareille époque, on fêtait les Saturnales, où pendant trois jours tous étaient égaux, il n’y avait ni maître, ni esclave.
[modifier] Bibliographie
- P. Grimal, « Le dieu Janus et les origines de Rome », Lettres d'Humanité, IV, 1945, p. 15-121.
- A. Grenier, « Les religions étrusque et romaine », dans Les religions de l'Europe ancienne (t. 3 de la collection « Mana »), Paris, 1948, p. 124.
- G. Dumézil, De Janus à Vesta, dans Tarpeia, Paris, 1947, p. 31-113.
- R. Pettazzoni, L'onniscienza di Dio, Turin, 1955, p. 242-258.
- P. Fabre, La religion romaine, dans Brillant M. et Aigrain R. [Dir.], Histoire des religions, III, Paris, 1955, p. 327, 348 et 351.
- Jean Bayet, Histoire politique et psychologique de la religion romaine, 2e éd., Paris, Payot, 1969; réédité sous le titre La religion romaine, histoire politique et psychologique, Paris, Petite bibliothèque Payot, 1976.
- P. Grimal, Le dieu Janus, Berg International, 1999.
- P. Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, 15e éd., 2d tirage, Paris, P.U.F., 2005.
[modifier] Notes
- ↑ Voltaire, Dictionnaire philosophique, art. Élie et Énoch, rattache, sur la foi d'un savant qu'il ne nomme pas, le nom de Janus à celui du personnage biblique Hénoch. Il y a longtemps que Voltaire n'est plus une autorité en matière de religions comparées.
[modifier] Voir aussi
- Temple dit de Janus à Autun
- religion romaine
- Échecs janus
- Janus et son temple sur les monnaies romaines