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Pistolet - Wikipédia

Pistolet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Le pistolet est une arme de poing.

Sommaire

[modifier] Histoire

Pistolet d'ordonnance de la Marine française du XIXe siècle
Pistolet d'ordonnance de la Marine française du XIXe siècle

Les premiers pistolets sont apparus à l'aube de l'histoire des armes à feu. D'une taille imposante et dotés d'un canon unique à chargement par la gueule et d'un système de mise à feu par mèche ou par silex, leur poignée était souvent dotée d'un lourd pommeau en métal qui permettait de se servir du pistolet comme d'une arme contondante après avoir tiré l'unique coup. Des armes à canons multiples ont été créées mais peu produites.

Au XIXe siècle, l'apparition du revolver, arme de poing à barillet, changea radicalement la donne car il offrait la possibilité de tirer successivement plusieurs coups sans recharger. À la toute fin du siècle les premiers pistolets à répétition automatique, dits "semi-automatiques", font leur apparition, mais il faudra attendre le début du XXe siècle pour obtenir les premiers modèles fiables. Une arme semi-automatique tire une fois lors de chaque action sur sa queue de détente.

Pendant presque tout le XXe siècle, l'Europe a produit plus de pistolets que de revolvers (les plus connus des modèles furent le Modèle 1892 de Saint-Étienne et ses copies espagnoles, des Webley et des Enfield britanniques, puis dans les années 1960-1970 les "Barracuda" de la FN belge et le Manurhin MR73). La fin du XXe siècle a vu des progrès considérables en matière de fiabilité des pistolets, notamment grâce à de meilleurs matériaux et à un usinage plus précis et régulier. Diverses inventions améliorèrent également la sûreté de fonctionnement, tout à la fois essentielle et difficile à assurer car elle doit interdire le tir non commandé, même si l'arme tombe au sol, mais ne doit pas ralentir la mise en œuvre.

[modifier] Évolutions

L'une des grandes tendances récentes est l'utilisation de matières plastiques (ou polymères) plus légers que le métal, qui ne se corrodent pas, et qui par leur élasticité limitent la sensation de recul. Le premier pistolet en polymère fut le HK VP70 qui fut un échec commercial dans les années 70, suivi des HK P7 et P9, également peu vendus. Au début des années 80, la société autrichienne Glock, par le biais de son inventeur, Gaston Glock, lança une nouvelle arme en polymère, le Glock 17, qui connut un franc succès et provoqua une petite révolution dans le monde des armes de poing. La présence de matières non métalliques a fait dire à certains qu'il s'agissait d'une arme pouvant échapper aux détecteurs de métaux (notamment ceux des aéroports), chose totalement fausse car bon nombre des pièces de l'arme restent néanmoins en métal et sont parfaitement reconnaissables par un opérateur de système de sécurité (80% d'un pistolet Glock sont en métal, y compris le canon et le chargeur, très reconnaissables aux rayons X). Il semblerait que cette polémique ait plus été motivée par la volonté de protéger le marché intérieur américain que pour des soucis de sécurité. Ainsi, la majorité des armes neuves aujourd'hui créées sont dotées de carcasses en polymère sans que cela fasse débat.

Une autre tendance est l'adjonction d'accessoires, tels que des torches miniatures ou des viseurs laser (également appelés "désignateurs laser"). Les armes modernes sont de plus en plus souvent équipées, à la demande des forces armées, d'un rail standard sous le canon qui permet de monter ce genre d'équipement.

Dans certains pays, on voit fleurir, surtout dans les mains des criminels, les pistolets d'assaut. Ces armes, souvent dérivées de pistolets mitrailleurs légers et peu onéreux, ne peuvent souvent tirer qu'en semi-automatique mais présentent néanmoins un chargeur de grande capacité (mais un poids plus important) qui assure une puissance de feu supérieure à celui d'une arme de poing conventionnelle.

[modifier] Rafaleurs

Les pistolets "rafaleurs" permettent le tir automatique. Ces armes, qui nécessitent souvent l'usage d'un chargeur de haute capacité (leur cadence de tir souvent très élevée l'épuisant rapidement), se révèlent très difficiles à utiliser avec précision sans un entraînement constant, même si certains modèles permettent l'ajout d'une crosse (Beretta 93R, H&K VP70 en version automatique...).

Certains modèles contiennent un ensemble appelé "ralentisseur de cadence", facteur d'amélioration de la docilité, de l'autonomie et de la fiabilité.

Certains rafaleurs le sont par construction et beaucoup offrent un sélecteur de tir, sorte de levier grâce auquel le tireur décide du mode de fonctionnement (semi-automatique ou automatique), semblable à celui d'un fusil d'assaut.

D'autres rafaleurs sont des pistolets semi-automatiques modifiés de façon souvent dangereuse, par exemple par retrait de la pièce appelée séparateur qui contraint le tireur à relâcher puis actionner la queue de détente entre deux tirs.

[modifier] Revolver et pistolet

Revolver et pistolet sont toutes deux des armes de poing. Le pistolet dispose d'une chambre intégrée au canon ou en permanence alignée avec lui (cas particulier du pistolet le Français) alors que le revolver dispose d'un cylindre tournant ("revolving"), appelé barillet et contenant des chambres pour des charges ou cartouches individuelles. Le mot revolver vient du verbe anglais to revolve qui signifie faire tourner.

[modifier] Evolution de la mise a feu

[modifier] De 1450 jusque vers 1500

Vers les années 1450-1500, on va inventer un mécanisme (au début simple) qui va présenter la mèche dans le canal de mise à feu. Il s'agit d'un chien composé de deux parties maintenant la mèche. Le chien est retenu en arrière en permanence par un ressort. En appuyant sur un levier le chien pivote sur son axe et vient présenter la mèche ; en relâchant le levier, le chien reprend sa position initiale.

Le principal problème rencontré était la perte de la poudre d'amorçage ; on va donc adjoindre un couvre bassinet que le tireur repoussera manuellement avant de tirer. Puis ce couvre bassinet sera mû par un mécanisme simple qui s'effacera en même temps que le chien avancera. La pression exercée sur la mèche éteignait souvent celle-ci, le tireur allumait donc les deux extrémités de la mèche pour pouvoir rallumer facilement cette dernière par contact.

L'Italie semble avoir été la principale source d'approvisionnement d'arme à mèche. Henri VIII d'Angleterre en possédait un grand nombre qui ont été décrites dans un inventaire de 1547 : on dénombre 496 "italion peces" dont 116 avec chambre (c'est à dire se chargeant par la culasse) à Westminster et 206 autres à Greenwich . Il commanda en 1544 à Brescia 1 500 arquebuses de différentes sortes et des armures. Il dut obtenir pour ce faire l'autorisation du Doge de Venise.

Il est à noter que Louis XIII possédait des "pistolets-revolvers" à mèche (conservés au musée de l'armée).

Le mécanisme à rouet va apparaître vers les années 1500 sans faire disparaître le mécanisme à mèche qui sera presque exclusivement réservé aux armes militaires.

[modifier] De 1500 jusque vers 1820

Durant cette longue période se sont développées les armes à silex, d’abord à rouet (sorte de roue dentée remontée avec une clef sur laquelle le silex venait frotter pour assurer la mise à feu) puis à platine.

La première mention de la platine à rouet se trouve dans le codex de Léonard de Vinci. On y trouve sur cinq feuillets des croquis de mécanismes destinés à produire l'ignition. Il est probable que ces mécanismes étaient plus destinés à des briquets qu'à des armes à feu. On peut estimer que ces feuillets ont été réalisés entre 1483 et 1505. Si la plus vieille platine à rouet connue est allemande (vers 1515) et que la plus grande quantité d'armes à rouet soient de la même origine, la naissance en Italie de ce mécanisme est une certitude.

Les plus anciennes armes à rouet étaient des armes combinées, (élément secondaire d'une platine à mèche ou élément supplémentaire d'une autre arme : arbalète, épée, masse d'arme, hache, poignard). On devait peut-être manquer de confiance dans le fonctionnement du mécanisme mais il fallait aussi y voir un nécessaire "savoir faire" particulier qui était souvent celui des horlogers : c'est en 1520 que le capitaine de cavalerie Sébastien de Corbion (Corbion, village belge à l'est de Bouillon, frontalier avec la France) met au point une arme à canon court, se tirant d'une seule main qu'il dénomma "pistollet" et qui fut le prototype des armes d'arçon de la cavalerie et par extension de toutes les armes de poing. Il existait jusque là le pétrinal qui était une arme courte également et que l'on appuyait sur la poitrine pour amortir le recul.

Il faut savoir qu'au 16ème et jusqu'au début du XVIIe siècle il n'existait pas d'armurier proprement dit mais des monteurs d'armes ou arquebusiers. Les différentes parties de l'arme étaient produites à part : les canons, les platines, les crosses et les gravures étaient réalisés chez chacun des artisans dont c'était la spécialité. Les canons étaient la spécialité des Allemands surtout pour les canons rayés, les platine à rouet celle des Italiens.

C'est Louis XIII qui développera l'art de l'armurerie française. Henri IV par son ordonnance du 22 décembre 1608, allouant gratuitement les pièces du rez-de-chaussée de la grande galerie du Louvre aux différents artistes et artisans travaillant pour la Cour, va permettre de créer de véritables "armuriers" en exemptant les différents corps de métier des règlements corporatifs parisiens (chacun veillait jalousement sur ses prérogatives : il était jusque-là interdit à un arquebusier de fabriquer des canons, ce privilège étant celui du forgeron, les platines celle de l'horloger, les crosses celle du crossier). Les armuriers reçurent le droit d'accorder des certificats à leurs apprentis les autorisant à être reconnus comme " Maître Armurier ". Ils furent également exemptés des taxes locales et du service de la garde civile. Le premier à avoir bénéficié de ce privilège est "Marin le Bourgeois" connu pour avoir travaillé au mouvement des sphères et autres inventions mécaniques dont les armes. Il est considéré comme l'inventeur de la platine à silex française. Originaire de Lisieux, il naquit dans une famille de serruriers-horlogers, son frère Jean le Bourgeois était arquebusier.

Il faut aussi parler de l'ancêtre de la platine à silex dite "à la française" et de "la platine à chenapan" (le principe de fonctionnement est identique à la platine à silex mais le couvre bassinet est séparé de la batterie) et de la platine à la miquelet (version méditerranéenne de la platine à silex). Ces armes étaient chargées par la bouche : d'abord la poudre, ensuite la balle (souvent enveloppée dans un bout de tissu ou de cuir appelé bourre ou calepin, pour assurer l’étanchéité entre le canon et la balle), poussée à l'aide d'une tige de métal que l'on fixe sous le canon. Un peu de poudre fine (pulvérin ou pulvin) était disposée dans un bassinet, auquel aboutissait un canal foré dans le canon et communiquant avec la chambre de combustion. Le bassinet était protégé par un couvercle (appelé batterie).

Pistolet à Silex gendarmerie modèle civil
Pistolet à Silex gendarmerie modèle civil

Au moment du tir, le chien, muni de son silex, frappait la batterie en produisant une gerbe d'étincelles. Sous le choc, la batterie s'ouvrait et le pulvérin s'embrasait, communiquant le feu à la chambre de combustion.

Ce principe de fonctionnement comportait de nombreux inconvénients : le risque constant que la poudre d'amorce ne s'humidifie, la fragilité de la pierre à silex, le jaillissement de gaz brûlants...

La première révolution industrielle de la fin du 17ème siècle avec l'invention de la machine à vapeur va apporter une certaine standardisation des pièces d'armement en fin de siècle.

[modifier] A partir de plus ou moins 1820

Au début du XIXe siècle, les recherches de Vauquelin et Berthollet visant au remplacement du salpêtre des poudres par une autre substance aboutira a la découverte de substances hautement explosives, comme le fulminate d'argent, ou de mercure, qui va permettre d'éliminer les points faibles de la platine à silex. Un chasseur écossais le clergyman Alexandre John Forsyth eut le premier l'idée d'appliquer les qualités détonantes des poudres fulminates à la mise à feu. Vers 1805, il avait mis au point une platine spéciale qu'il expérimenta à la chasse. Il fut invité en 1806 à présenter son invention à Londres au maître général de l'ordonnance Lord Moira . Ce dernier fort impressionné par cette invention fit ouvrir un atelier à Forsyth dans la tour de Londres . Malheureusement le comte de Chatham successeur de Moira ne vit aucun intérêt dans le travail de Forsyth, et en avril 1807 le chassa de la tour de Londres. Forsyth avait pris la précaution de faire breveter sa platine et il créa la "Patent Gun Manufactory" dont il confia la direction à un certain James Purdy pour promouvoir son invention . Purdy réussira si bien que son nom est devenu plus célèbre que celui de l'inventeur .

Le principe fut de nombreuses fois copié et les contrefacteurs poursuivis à chaque fois . Parmi ces contrefacteurs, un certain Joseph Manton qui fit breveter en 1816 un système dit "platine à pastille". En 1818, Manton déposa un nouveau brevet pour une "platine à tube", brevet qui fut encore contesté avec succès par Forsyth. Mais son brevet venait à expiration et la platine à tube fut bientôt fabriquée en quantité par tous les armuriers.

pistolet à percussion (ou dit à piston)
pistolet à percussion (ou dit à piston)

L'invention de la capsule séparée fut réclamée par Joseph Egg, armurier londonien, et par Prélat, armurier français. Mais on pense qu'il faut rendre à Manton les lauriers de cette invention, puisque le colonel Peter Hawker rapporte avoir reçu de Joe Manton un merveilleux fusil à capsule séparée dont il dit avoir fait modifier la forme de la capsule en cuivre.

L'amorçage de la poudre se fera alors par le choc d'un chien en forme de marteau, sur une petite capsule de laiton (contenant du fulminate), glissée sur une cheminée aboutissant à la chambre de combustion.

Ce nouveau principe paraît se généraliser aux alentours de 1820 et supplante définitivement le silex vers 1840 en Europe. Les avantages appréciables du système à percussion furent rapidement exploités pour développer des armes à plusieurs coups. Les "Poivrières" (ancêtres des revolvers) en sont l'illustration. Munies d'un long cylindre foré de plusieurs canons, elles permettent, par le simple appui sur la queue de détente, d'aligner successivement les différents canons munis de leurs capsules respectives. Il ne fallut plus grand chose, pour que de la "Poivrière", on passe au stade suivant, le revolver. En réduisant la longueur du cylindre et en ajustant un canon en face de ce qui était devenu des chambres, on obtenait une arme beaucoup plus pratique, la balle ne devant plus être enfoncée par la bouche du canon. Ce dernier pouvait comporter des rayures, dont le rôle est primordial pour la précision du tir.

Il est impossible de parler du revolver sans mentionner le nom de l'américain Samuel Colt. Bien que le barillet tournant fût déjà connu au temps du silex, Samuel Colt fut le premier à l'avoir mis en pratique en utilisant les avantages de la percussion. Les premiers revolvers Colt sont connus sous le nom de "Paterson", ville dans laquelle ils furent fabriqués à partir de 1837. Les brevets déposés garantirent à Colt le monopole de fabrication jusqu'en 1857 sur le territoire américain. Ses droits couvraient son système à barillet, avec amorçage des charges par l'intermédiaire de capsules glissées sur des cheminées, vissées dans le prolongement des chambres. Le mouvement du barillet était couplé à celui du chien, avec blocage dans l'alignement du canon au moment du tir, par l'engagement d'un arrêtoir dans un cran sur le corps du barillet.

A noter que Lepage et Prélat, armuriers réputés en France, avaient eux aussi copié en 1809 et 1810 le système sans pouvoir être poursuivis (il paraît que Napoléon n'aimait pas les Anglais). La plus importante invention française en ce début du 19eme siècle, employant le fulminate mis au point par Prélat, fut le système de Samuel Johannes PAULY à chargement par la culasse. Bien que connus depuis le XVIe siècle, les systèmes précédents étaient lourds et d'un maniement fastidieux. Pauly inventa la première arme utilisant une cartouche à percussion centrale à obturation propre et rechargeable. Il employa en 1809 un armurier du nom de Dreyse qui deviendra l'inventeur du fusil à aiguille prussien.

[modifier] A partir de plus ou moins 1830

Si l'amorçage à percussion représentait sans conteste une avancée significative par rapport au silex, le principe d'une munition en éléments séparés, présentait de nombreux inconvénients.

Les inventeurs recherchèrent donc le moyen de rendre le chargement plus aisé en réalisant une munition compacte sous la forme d'une cartouche papier et carton d’abord, toujours introduite par la bouche du canon ou du barillet, puis l’invention de la culasse permit l’introduction de la cartouche par celle-ci. La percussion se réalisait par une aiguille

système à aiguille utilisant les premières cartouches
système à aiguille utilisant les premières cartouches

venant percuter la capsule au centre de la cartouche (système de notre chassepot). Enfin la cartouche à culot métallique à broche (+- 1828), inventée par l'armurier français Casimir Lefaucheux, donnera un nouvel élan à ces recherches.

Ce n'est cependant que dans les années 1840 que son usage se généralisera sur le continent Européen.

Parallèlement, en 1854, aux États-Unis, la firme Smith & Wesson mit au point et fit breveter une cartouche complète à percussion annulaire, ancêtre de l'actuelle .22 lr.

En 1855, un Américain du nom de Rollin White, eut l'idée de forer de part en part le barillet des revolvers, autorisant ainsi le chargement par l'arrière. La firme Colt, approchée en premier pour l'exploitation commerciale, la jugea sans intérêt. Ce fut finalement la firme concurrente Smith & Wesson qui en acheta les droits en 1856, bien contente de pouvoir exploiter le seul type de barillet susceptible de fonctionner avec ses nouvelles cartouches. Lors de l'expiration du brevet Colt (1857) concernant l'invention du barillet, Smith & Wesson bénéficia de ce fait d'une exclusivité sur les barillets forés de part en part et ce jusqu'en 1869. Pour contourner ce brevet, de nombreux armuriers recherchèrent des systèmes les plus variés.

La caractéristique de la cartouche à broche, avec sa tige sortant de la base du culot, constituait sa plus grande faiblesse. D'abord, elle devait être engagée dans la chambre d'une manière très précise, ensuite, il y avait le risque de percussion accidentelle si la cartouche tombait sur la broche ou si le chasseur tombait avec sa cartouchière autour du ventre. Cela ne l'empêchera pas d'être en "service" jusqu'au premier quart du XXe siècle.

La cartouche à percussion annulaire, elle, souffrait d'un manque de résistance du culot, la limitant à des charges relativement faibles.

[modifier] A partir de plus ou moins 1860

A partir du début des années 1860, plusieurs armuriers et inventeurs se penchèrent sur la réalisation d'une cartouche à percussion centrale. Parmi eux, les Français Clément Potet et François Schneider, les Britanniques Edward Boxer et George H. Daw et l'Américain Hiram Berdan. Tous ces messieurs feront en sorte que cette nouvelle munition soit opérationnelle vers la fin de la décennie 1870.

Avec la cartouche à percussion centrale, les armes à répétitions, comme le revolver, purent atteindre rapidement un très haut niveau technique. Le modèle réglementaire français Chamelot - Delvigne de 1874, en calibre 11,4 mm, représente le début de cette ascension. Tous les grands centres armuriers européens, parmi lesquels la ville de Liège, produisirent une quantité énorme de revolvers, améliorant progressivement certains détails, tenant à la sécurité ou à la facilité de chargement.


[modifier] Avènement de la poudre sans fumée 1880-1890

Si les années 1870 virent la consécration des munitions à percussion centrale, l'événement des années 1880-90 fut l'apparition de la nouvelle poudre sans fumée. Trois fois plus puissante que l'ancienne poudre (poudre noire), sa combustion complète évitait les lourds inconvénients de l'encrassement rapide de la chambre et du canon. Elle allait permettre l'emploi d'ogives plus légères, propulsées à grande vitesse et possédant par le fait une trajectoire plus tendue. Le revolver réglementaire français "Modèle 1892", en calibre 8mm dit Lebel de guerre (le 8mm de commerce étant toujours en poudre noire), est l'exemple type de cette nouvelle génération.

La deuxième révolution industrielle avec l'avènement de l'électricité va permettre l'évolution de la machine outil et apporter la précision dans l'usinage des pièces et donc l'interchangeabilité réelle des pièces . La recherche de l'automatisme des tâches (le Taylorisme) va faire disparaitre peu à peu le Maître Artisan Armurier au profit de grosses firmes de production armurière créant des ouvriers spécialisés.

[modifier] Les premiers pistolets semi-automatiques

Début 20eme
Début 20eme

Cette petite introduction se termine avec l'apparition des premiers pistolets à fonctionnement semi-automatique. Grâce à la poudre sans fumée (donc sans résidus de combustion), l'utilisation de la pression des gaz pour permettre le rechargement automatique d'une munition, devenait un objectif techniquement réalisable. De nombreux inventeurs vont s'essayer avec plus ou moins de succès dans ce nouveau challenge. Parmi eux, l'Autrichien Georg Luger qui perfectionnera le pistolet de Hugo Borchardt et l'Américain John Browning créateur des pistolets Colt et FN.

[modifier] Principe des semi-automatiques

Dans un pistolet semi-automatique, c'est l'énergie développée par la munition qui actionne le mécanisme de rechargement. La conception de l'arme doit alors répondre à des impératifs difficiles à concilier : permettre le tir d'une munition si possible puissante tout en opérant dans le même temps un mécanisme complexe donc fragile.

Si de nombreuses solutions existent, elle reposent sur un principe général commun : une partie de l'énergie développée par le tir d'une munition (les gaz dans le canon ou le recul) est utilisée pour faire bouger une pièce mobile qui extrait l'étui (la douille) puis revient ensuite sous l'action d'un ressort pour charger une cartouche dans la chambre. L'immense majorité des armes à chargement automatique emploient un mode de fonctionnement reposant sur ce principe mécanique. Dans le cas des pistolets, le mouvement est presque toujours produit par le recul du tir. Dans certaines armes un système dit "à emprunt de gaz", par lequel une partie des gaz est récupérée près de la bouche du canon, permet de retarder le mouvement. Le tir est en effet plus puissant et précis si la culasse reste fermée tant que la balle se trouve encore dans le canon.

La plupart des pistolets sont alimentés par un chargeur situé dans la poignée dont la contenance est fonction de la largeur de cette dernière, du type de chargeur et du calibre de la cartouche. À quelques rares exceptions (Beretta 93R, Glock 18), le tir est semi-automatique, le pistolet étant d'ordinaire trop léger pour permettre de maintenir la visée durant un tir automatique (par rafales) et trop fragile pour faire face au contraintes induites.

[modifier] Principe de l'automatisme

Le 20eme siècle fut le siècle de l'automatisme. L'armement lourd et léger n'a pas échappé à cette mutation et voilà près de 140 ans que l'américain Hiram Maxim a inventé la première mitrailleuse fonctionnant automatiquement par la force du recul. Comment expliquer, dans ces conditions, que lors des deux derniers conflits mondiaux la plupart des combattants n'aient eu entre leurs mains qu'un fusil à verrou qui remontait au temps des fiacres.

1, Comprendre pourquoi

Il est révélateur de voir la réaction d'un jeune (ou d'une jeune) collectionneur, ou tireur à qui on confie pour faire son premier carton une arme à verrou . Ce jeune (et même moins jeune) qui n'a souvent jamais tenu d'arme entre les mains auparavant, accepte fort bien ce type de fusil fonctionnel et simple. Après quelques tirs, lorsque l'appréhension du bruit et du recul a été surmontée, le fusil a l'aspect inquiétant et brutal est devenu un simple outil dont il a appris à maîtriser les réactions et dont il accepte les inévitables servitudes d'ouverture et de fermeture du verrou pour éjecter l'étui vide et introduire une nouvelle cartouche pour le coup suivant. Les gestes sont devenus réactions instinctives et sur la cible les groupements sont vite réduits à la taille d'une citrouille pour peu que notre homme (c'est aussi valable pour les dames) ne soit pas maladroit et qu'il se soit pris au jeu de la compétition.

Lorsque sa première instruction est faite et qu'on lui confie un fusil semi-automatique, la simplicité du maniement de l'arme : un coup chaque fois qu'il appuie sur la détente ; l'apparente augmentation de la précision due au fait qu'il ne change pas de place son coude droit pour manœuvrer le verrou ; la très réelle augmentation de vitesse de tir, l'économie des gestes qui lui permet de se concentrer davantage sur le problème de la visée et de serrer ainsi ses groupements, tous ces avantages lui font se demander pourquoi on n'avait pas pensé depuis plus longtemps à adopter dans l'armée française un fusil semi-automatique, et pourquoi en 1936 notre armée possédait encore une arme à répétition manuelle du style MAS 36.

Si on pouvait lui dire à ce moment que des fusils semi-automatiques, pratiquement identiques au MAS 49/56, avaient été étudiés et fabriqués avant 1900, son étonnement serait extrême et la question qui lui viendrait aux lèvres serait sans doute "pourquoi alors ne pas avoir adopté un fusil semi-automatique en 1900 ?"

Notre jeune mettra très vraisemblablement en doute l'intelligence et les facultés de prévision de ses aïeux. Il aurait tort de procéder à un jugement aussi sommaire : car, si la notion est ancienne, le fait même de l'automatisme ne s'est imposé à l'esprit qu'après la Seconde Guerre mondiale.

Plusieurs bonnes raisons s'unissaient pour en limiter l'application :

1, La question du ravitaillement en munitions, qui hantait les services d'intendance de tous les pays (en 1900, les hommes en place se souvenaient de la pénurie de cartouches pour le chassepot de la guerre de 1870 : les soldats profitaient de la faculté qui leur était offerte de tirer avec un fusil à rechargement rapide et avaient brûlé toutes leurs réserves en quelques semaines).

2, En 1900, aux yeux des états-majors, donner un "fusil-mitrailleur" à chaque homme n'était pas raisonnable. L'importance primordiale était de placer quelques mitrailleuses aux endroits stratégiques (en 1893, quatre mitrailleuses Maxim avaient été les seules responsables de la mort de 3000 Zoulous en Afrique du Sud et au Soudan de 15000 Derviches ). Au XVIIIe siècle, Puckle avait confié la même mission à son extraordinaire engin.

3, Une raison majeure, "la technique" : plus une arme est lourde, plus elle est facile à fabriquer, plus elle est robuste (l'URSS l'a appliquée très longtemps). Si en 1900 la technique permettait la réalisation d'armes automatiques pesant 25 kg au fonctionnement acceptable, le problème était fort différent lorsqu'il s'agissait d'appliquer ce principe à une arme individuelle avec le matériel d'usinage français de l'époque.

4, L'énorme stock d'armes et de cartouches (pour la France) dont chacun savait que l'on était bien obligé de tenir compte.

Nombreux furent les fusils automatiques experimentaux réalisés dans le secret par la plupart des grandes puissances européennes entre 1890 et 1900. Mais ils étaient soit trop lourds, trop compliqués, ou trop fragiles pour résister à un service de guerre. De plus, ces armes révélaient une insuffisance technique qui faisait que la rapidité de leur tir était annulée par les enrayages et des défauts d'extraction constants.

En résumé, les défauts l'emportant largement sur les avantages, les armes individuelles automatiques et semi-automatiques furent rejetées par tous les états-majors européens en raison de leur mise au point insuffisante . Tout ceci n'était guère encourageant pour convaincre les résistances des esprits conservateurs hostiles à tout changement, et il faudra attendre 1918 l'avènement du fusil mitrailleur Browning (B.A.R.) grâce à l'exceptionnelle technique armurière américaine pour se trouver en face d'une arme qui fonctionnait parfaitement. Mais il pesait quand même 8 kilos, et attendre 1936 pour que les États-Unis remplacent leur fusil à verrou conçu en 1903 par un fusil semi-automatique...tirant la même cartouche !

Comprendre la technique

Afin de pénétrer plus avant dans le domaine de l'automatisme, il est important de préciser certaines données et certaines définitions qui restent souvent très floues et quelquefois incomprises dans l'esprit de nombreux amateurs.

Il faut d'abord faire la différence entre arme automatique et arme semi-automatique: la première peut tirer par rafale aussi longtemps que le doigt presse la détente. La deuxième ne peut tirer que coup par coup c'est-à-dire qu'un coup et un seul peut partir lorsque le doigt comprime la détente. Certaines armes automatiques possèdent un dispositif qui permet d'enrayer l'automatisme pour les faire tirer au "coup par coup"; ces armes sont dites à tir sélectif.

Enfin, on dit que certaines armes tirent culasse ouverte tandis que d'autres tirent culasse fermée. Cette notion est souvent mal comprise; elle ne s'applique qu'aux armes à tir sélectif dans le cas du coup par coup ou à plus forte raison aux armes exclusivement semi-automatiques.

Cela signifie que dans le cas d'une arme à tir "culasse ouverte" utilisée au coup par coup, la culasse reste bloquée en position arrière après chaque coup de feu . La pression du doigt sur la détente libère la culasse qui revient brutalement vers l'avant sous l'action de son ressort récupérateur et percute la cartouche en fin de course.

Avantage : simplification du mécanisme (coût), la ventilation et le refroidissement naturel du canon.

Désavantage : même au coup par coup, la lourde masse de la culasse lancée en avant suffit à annuler toute précision, surtout sur les armes légères.

Dans une arme à tir "culasse fermée" utilisée au coup par coup, la culasse revient automatiquement vers l'avant après chaque coup de feu. La pression du doigt sur la détente ne libère que le percuteur (ou chien) sans déranger la visée tout comme une arme à verrou.

Tous les fusils semi-automatiques tirent à culasse fermée.

Avantage : la précision du tir.

Pour comprendre le principe du réarmement, on va essayer de comprendre ce qu'il se passe dans le canon. Lors de la mise à feu, il va se créer dans la chambre de combustion un énorme volume de gaz exerçant une pression régulière sur tous les points de la chambre. La masse du canon ayant une inertie plus grande que celle de la masse du projectile, c'est ce dernier qui sera propulsé à l'intérieur du tube à une vitesse croissante au fur et à mesure de sa progression en raison de l'accroissement du volume et de l'énergie cinétique des gaz en mouvement.

Dans le cas d'un canon lisse et d'un projectile sphérique ne forçant pas à l'intérieur du tube, les pressions seront relativement faibles. Si le canon est rayé et tire un projectile légèrement surcalibré, ce dernier sera forcé dans les rayures avant de prendre son mouvement de translation. Il se produira durant un court instant une pression considérable dans la chambre de combustion (qui produira le recul), et si le métal ne présentait pas une épaisseur et une résistance suffisante, le canon éclaterait.

Dès que le projectile a commencé à prendre de la vitesse à l'intérieur de l'âme, la pression des gaz baisse brusquement pour atteindre un minimum à l'embouchure au moment où le projectile quitte le tube. L'épaisseur du métal doit donc au minimum suivre la courbe des pressions.

Image:Tableau2.JPG

On voit sur le graphique que la pression maximale est obtenue après un trajet de 2,5 cm et qu'elle est passée de 0 à 3.500 atmosphères en 2/10.000 de seconde. À 10 cm, la pression n'est plus que de 2 tonnes, et il ne s'est écoulé que 1/10.000 de seconde entre ces deux valeurs de pression. Au bout d'un trajet d'une durée moyenne de 1/1.000 de seconde, la balle a quitté le canon à une vitesse de 800 mètres/seconde et la pression résiduelle n'est plus que d'environ 500 kg/cm2 et va tomber aussitôt à zéro.

A la vue de ce graphique, on comprend que vouloir ouvrir la culasse avant 1/1.000 de seconde aboutirait à une catastrophe (chose impossible avec une arme à verrou aussi habile que soit le tireur). Dans le cas d'une arme à ouverture automatique, le problème est différent.

A la recherche d'un retard d'un millième de seconde

Si l'inertie de la culasse mobile est insuffisante par rapport au volume des gaz dégagés et à la masse du projectile, l'ouverture peut se produire avec le risque de l'éclatement de l'étui et projection de gaz aveuglant et mutilant le tireur. La solution au problème est donc de trouver un système mécanique retardant l'ouverture de la culasse pendant une durée supérieure ou égale à 1 millième de seconde.

Plusieurs principes peuvent aider à résoudre ce problème :

1, Adopter une culasse très lourde, donc à forte inertie Ce système ne peut convenir qu'à des armes tirant des cartouches faiblement chargées.

2, Adopter une culasse plus légère avec un dispositif de freinage latéral Ce système convient pour des armes tirant des cartouches de puissance moyenne, la puissance de la cartouche étant liée à la capacité de freinage du système.

3, Verrouiller fermement la culasse au canon le temps du trajet de la balle dans l'âme du tube et déverrouiller en fin de trajet par un système mécanique quelconque. Ce système convient pour toutes les cartouches, de l'arme légère jusqu'aux grosses pièces d'artillerie. La culasse étant verrouillée au tube durant tout le temps des hautes pressions, on se retrouve en fait ramené au système d'arme à verrou.

[modifier] Les calibres

Le mythe américain : le Colt M1911 modèle A1
Le mythe américain : le Colt M1911 modèle A1

Les calibres et la puissance des munitions augmentèrent régulièrement. Le 9 mm Parabellum est la munition la plus couramment employée pour les pistolets en Europe alors qu'on trouve beaucoup de .45 ACP (11,43 mm) aux États-Unis.

Depuis 1987, de nouveaux pistolets ont été développés pour des munitions intermédiaires, notamment le .40S&W et le 10 mm Auto. Le Desert Eagle est aujourd'hui le plus puissant pistolet de série, il est en effet capable de tirer le .50 Action Express, une munition de très gros calibre (12,7 mm) qui lui est spécifique. La majorité des pistolets tirent des munitions plus faciles à utiliser.

Avec la généralisation des habits pare-balles (gilets, T-Shirts ...), des armes désignées par le sigle PDW (pour Personal Defense Weapon), qui sont en fait des pistolets-mitrailleurs compacts tirant un petit calibre rapide et perforant, furent développées pour des militaires. On peut ainsi citer le Five-SeveN et le PSM.

[modifier] Liste de pistolets

Voir l'article : Liste de pistolets

[modifier] Lien externe

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