Société populaire de Nantes
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Société populaire de Nantes
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[modifier] Les sociétés populaires
Que sont les sociétés populaires ? Une collection d'hommes qui, semblables aux moines, se choisissent entre eux. (Bourdon de l'Oise). Les plus engagées des sociétés populaires furent l'âme de la Révolution. A Nantes, leur rôle fut prépondérant. On distingue entre autres trois sociétés nantaises:
- La Société des amis de la constitution ou club de la Halle.
- La société des amis de la Révolution ou club du Port-Communeau.
- Vincent-la-Montagne.
[modifier] Le clivage entre la Société des amis de la constitution et celle des amis de la Révolution
Entre les deux sociétés le clivage n'est pas immédiat. Certes, le club de la Halle rassemble les élites de la cité ; certes le club de Port-Communeau est le plus représentatif des petits métiers, de la boutique, des emplois publics subalternes. Mais jusqu'au printemps 1793, elles accordent leurs violons. Souvent même elles rivalisent dans le républicanisme le plus intransigeant. L'insurrection paysanne de mars 1793 a pour effet immédiat de resserrer les liens entre les deux sociétés. "Adresses", déclarations" sont concertées et souvent publiées en commun. La chute des Girondins (2 juin 1793) et l'insurrection de leurs partisans à travers tout le pays précipitent le divorce. Très rapidement le club de la Halle perd de son influence. Une fois ses principaux orateurs empêchés de s'exprimer, le nombre de ses adhérents diminue rapidement. Beaucoup passent à Vincent-la-Montagne, club résolument montagnard. La plupart des transfuges sont des opportunistes, une minorité passe d'un club à l'autre par conviction.
[modifier] Société des amis de la constitution
La Société des amis de la constitution fut le cénacle politique dominant jusqu'à l'été de 1792. la Société des amis de la constitution cotisent, siègent et parlent, les "gens de mérite" de la ville. Les ténors s'appellent Pierre Coustard, Hugues, Hardouin, Mellinet l'Aîné, Peccot fils, Guillaume de Villenave. Le club "modéré" attire beaucoup de monde, à preuve ses changements successifs de locaux : le couvent des capucins, puis la salle Mirabeau et, enfin, débit 1793, la halle aux grains d'où son appellation de "Club de la Halle". Si l'on s'en tient au rapport de Pierre Philippeaux, la fermeture du club de la Halle a dû avoir lieu le 9 octobre 1793.
[modifier] La Société des amis de la Révolution
La Société des amis de la Révolution est la rivale de la Société des amis de la constitution. Ele est de faible effectif et de petite audience à ses débuts, enfle peu à peu. Elle aussi pérégrine, salle du Port-Communeau, couvent des Cordeliers, puis l'église Saint-Vincent sécularisée et achetée par le club pour 21 000 livres. On y trouve toute la fine fleur de la sans-culotterie nantaise, Pierre Chaux, Jean-Jacques Goullin,Forget, Pierre Robin,O'Sullivan, Aimable Joseph Meuris,Michel Moreau-Grandmaison... Fin 1793, la Société des amis de la Révolution prendra le nom de Vincent-la-Montagne.
[modifier] Vincent-la-Montagne
Fin 1793, Nantes n'a plus qu'une seule société poulaire, pure et dure : Vincent-la-Montagne qui, trop à l'étroit dans sa petite église Saint-Vincent, change de local et s'installe dans le quartier le plus ancien de Nantes, à deux pas de la prison du Bouffay, dans l'église Sainte-Croix. La société n'en conserve pas moins son nom et le gardera jusqu'à sa dissolution. Vincent-la-Montagne joua un rôle majeur dans la Terreur nantaise. Elle fut la pépinière des cadres terroristes ; les plus ardents des adhérents sont allés peupler le comité révolutionnaire, les tribunaux criminels, les administrations ; d'autres ont servi d'éclaireurs (colonnes infernales) ou ont servi de claque aux puissants du moment. La plupart des hommes de main, les simples exécutants employés par Jean-Baptiste Carrier ou le Comité ont fait partie de la société populaire Vincent-la-Montagne.