Nord-du-Québec
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Le Nord-du-Québec est la plus grande des régions administratives du Québec. Elle pourrait largement contenir à la fois la France et la Belgique. A elle seule, la région représente plus de la moitié de la superficie totale du Québec (55 % du territoire québécois), avec ses 839 000 km², dont 121 000 km² de lacs et de rivières.
Seulement 0,5 % de la population du Québec y vit, soit environ 40 000 personnes. Les Autochtones (Cris et Inuits) forment ensemble 60% de la population, tandis que les Québécois d'origine européenne constituent 40% des habitants. Le français est la langue des habitants non-autochtones, mais est aussi de plus en plus utilisé comme langue seconde par les Autochtones ; ces derniers ont pour langue d'usage soit la langue crie, soit l'inuktitut (langue des Inuits).
Cette région nordique du Québec a la particularité d'être la région située la plus au nord de toute la Francophonie et surtout la seule qui compte une communauté inuite parmi tous les territoires francophones du monde.
Le Nord-du-Québec est représenté à l'Assemblée Nationale dans la circonscription d'Ungava.
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[modifier] Géographie
La région est délimitée par les baies d'Hudson et James à l'ouest, le détroit d'Hudson et la baie d'Ungava au nord, le Labrador au nord-Est, et les régions administratives de l'Abitibi-Témiscamingue, de la Mauricie, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord au sud et au sud-est.
[modifier] Histoire de la région et progression du français
La région du Nord-du-Québec faisait partie de la Terre de Rupert de la Compagnie de la Baie d'Hudson depuis le XVIè siècle, c'est-à-dire un territoire administré par une compagnie commerciale britannique. A ce titre, elle n'a jamais fait partie de la Nouvelle-France, c'est-à-dire qu'elle n'a jamais été une possession française.
Elle ne fut pas peuplée par des colons britanniques, qui la jugeaient non-propice à la colonisation, mais les contacts répétés des marchands britanniques avec les populations autochtones y ont répandu l'usage de la langue anglaise : c'est pourquoi la langue seconde des Autochtones y fut longtemps exclusivement l'anglais. Il convient de noter que l'introduction de la langue française ne s'est faite qu'au XXè siècle avec l'arrivée de techniciens gouvernementaux québécois, et que la progression du français constitue donc une "avancée" réelle de cette langue vers le nord du Québec mais elle ne représente pas une mythique "reconquête linguistique" (contrairement aux affirmations de certains nationalistes québécois) puisque le Nord-du-Québec était historiquement une terre anglophone (du moins en langue seconde) et non pas francophone. Ceux qui se plaignent du fait que le français est aujourd'hui la langue seconde choisie par plus de 50% des Autochtones "seulement" (selon eux) devraient considérer que ce chiffre, au contraire, représente un progrès immense (fait au détriment de l'anglais) car à l'origine, il y a encore un siècle, le français n'était pas du tout implanté dans cette région.
En 1870, la région fut transférée au nouveau Dominion du Canada par les autorités impériales de Londres. En 1898, le Parlement du Canada a fixé la frontière septentrionale du Québec au milieu de la rivière Eastmain, près du 52e parallèle , agrandissant ainsi le territoire québécois ; en 1912, il lui transfère le district de l'Ungava, comprenant tout le territoire au nord de la rivière Eastmain : concrètement, par ces deux agrandissements successifs, le Québec a alors plus que doublé son territoire. Mais les Québécois "du sud" ont attendu les années 1960 avant d'investir cette nouvelle région (d'où le nom Nouveau-Québec utilisé à l'époque, pour une partie de son territoire). La région a fortement contribué à l'esprit "pionnier" de nombreux Québécois venus s'installer dans cette région pour y travailler par exemple dans des projets hydroélectriques ambitieux comme celui de la Baie James. La création de villes nouvelles comme celle de Radisson dans les années 1960 et 1970 en est l'illustration.
L'Ungava, la partie du territoire transféré en 1912 et qui se trouve au nord du 49e parallèle (correspondant à peu près à l'actuel Nunavik), était appelée jusqu'en 1987 Nouveau-Québec. Quant au territoire au sud du 49e parallèle (correspondant à peu près à l'actuelle Jamésie), il était rattaché aux autorités municipales de l'Abitibi et de La Vallée-de-l'Or pendant la première moitié du XXe siècle. L'organisation politique du Nord-du-Québec a été profondément remaniée entre 1976 et 1984 pour faire suite à la signature en novembre 1975 de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois par les représentants inuits et cris et les gouvernements du Québec et du Canada.
La frontière entre le Québec et la province de Terre-Neuve (colonie britannique jusqu'en 1949, date à laquelle Terre-Neuve est devenue province canadienne) a été fixée par le Comité judiciaire du Conseil privé de Londres en 1927, mais le Gouvernement du Québec ne considère pas cette décision comme définitive en ce qui concerne la frontière de la Côte-Nord puisqu'il considère que le Parlement du Québec ne fut pas consulté.
[modifier] Districts du Nunavik et de Jamésie
La région administrative du Nord-du-Québec se divise en deux parties distinctes.
- le Nunavik :
Au nord du 55e parallèle se trouve le Nunavik, couvert presque entièrement par la toundra. Le Nunavik est presque exclusivement peuplé par les Inuits qui vivent dans 14 villages nordiques le long des côtes. Le Nunavik est administrée par l'Administration régionale Kativik (ARK), à l'exception du village cri de Whapmagoostui qui fait partie de l'Administration régionale crie.
- la Jamésie :
La partie méridionale, appelée "Jamésie", s'étend de la baie James aux monts Otish à l'est. Ce territoire, principalement constitué de forêt boréale, est partagé entre la première nation crie et les Jamésiens non autochtones ("les Blancs") qui y sont légèrement majoritaires. Son administration est partagée entre l'Administration régionale crie, qui regroupe les 9 villages cris du Nord-du-Québec, et les cinq municipalités de la Jamésie en ce qui concerne les non-Autochtones. La municipalité de la Baie-James et l'Administration régionale crie assument certaines fonctions d'une municipalité régionale de comté.
[modifier] Démographie
En tout, le Nord-du-Québec possède 14 villages nordiques (10 000 habitants), 9 villages cris (14 000 habitants) et 5 municipalités (17 000 habitants).
- Population: 39 892 (2004)
- Superficie: 839 000 km²
- Densité: 0,1 hab./km²
- Taux de natalité: 21,5 ‰ (2004)
- Taux de mortalité: 4,8 ‰ (2003)
Source: Institut de la statistique du Québec
[modifier] Municipalités et villages
[modifier] Municipalités
- Municipalité de Baie-James
- Ville de Chapais
- Ville de Chibougamau
- Ville de Lebel-sur-Quévillon
- Ville de Matagami
[modifier] Villages cris
- Chisasibi
- Eastmain
- Mistissini
- Nemiscau
- Oujé-Bougoumou (établissement autochtone)
- Waskaganish
- Waswanipi
- Wemindji
- Whapmagoostui
[modifier] Villages nordiques
- Akulivik
- Aupaluk
- Inukjuak
- Ivujivik
- Kangiqsualujjuaq
- Kangiqsujuaq
- Kangirsuk
- Kuujjuaq
- Kuujjuarapik
- Puvirnituq
- Quaqtaq
- Salluit
- Tasiujaq
- Umiujaq
[modifier] Liens externes
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