Charte du Manden
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
La Charte du Manden (ou Mandé, Manden est la transcription officielle du pays mandingue) a été conçue par la confrérie des chasseurs du Mandé (au sud de Bamako). Cette déclaration, solennellement proclamée le jour de l'intronisation de Sundjata Keïta comme empereur du Mali à la fin de l'année 1222, fut transmise par voie orale.
[modifier] La Charte
Cette charte s'adresse aux « douze parties du monde ». Elle a donc une vocation universelle selon ses auteurs. Elle comporte sept paroles, qui sont autant d'entêtes d'articles de la charte :
- « Toute vie est une vie »
- « Le tort demande réparation »
- « Pratique l'entraide »
- « Veille sur la patrie »
- « Ruine la servitude et la faim »
- « Que cessent les tourments de la guerre »
- « Chacun est libre de dire, de faire et de voir »
On trouve donc dans cette charte les thèmes qui seront traités plus tard dans les déclarations des droits de l'homme occidentales : le respect de la vie humaine, la liberté individuelle, la justice et l'équité, la solidarité. En prenant le parti de lutter contre ce qui lui apparait comme la racine des conflits, l'esclavage, elle identifie la violence des situations comme précédant la violence de la guerre. L'esclavage était devenu courant en Afrique de l'ouest. L'abolition de l'esclavage fut une œuvre maîtresse de Sundjata Keïta et de l'Empire du Mali. Elle ajoute donc un appel proche de la thématique de la non-violence gandhienne.
Cette charte peut être considérée comme une des premières déclarations des Droits de l'homme.
[modifier] Les "enfants de sanene et kotron"
Les "enfants de sanene et kotron" dont il s'agit dans cette déclaration, qui s'en portent garants et fermes défenseurs, sont les sociétés internationales de chasseurs "donson", qui ont l'appui politique et militaire de Soundiata Keita, qui était des leurs.
Ces sociétés internationales, répandues dans toute l'Afrique Noire, qui n'ont aucun critère ethnique ou social d'affiliation, mais un code moral très strict, n'ont jamais failli à intervenir par la suite dans les cas de crise grave d'oppression, jusqu'à nos jours. Elles existent toujours, comme en témoigne le livre de Youssouf Tata Cissé "les sociétés de chasseurs", et leurs dernières interventions au Sierra Leone et en Côte d'Ivoire ont été essentielles pour limiter les dégats. Leur popularité s'en est d'ailleurs singulièrement accrue ces dernières années, et nombreux sont les africains qui vont receuillir leurs enseignements très simples, mais aussi très profonds, basés sur une transmission continue de la morale du chasseur, la défense de la veuve et de l'orphelin, ce à quoi s'engagent tous les enfants de "sanene ani kontron", les chasseurs d'Afrique.
[modifier] Sources
Aboubacar Fofana; La Charte du Mandé et autres traditions du Mali, calligraphies de Aboubacar Fofana, traduction de Youssouf Tata Cissé, Les Carnets du calligraphe, éditions Albin Michel.) Le texte de la charte
|
|
|