Louis de Boislandry
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François Louis Le Grand de Boislandry (Paris, 5 mai 1750 ; + Champgueffier, Seine-et-Marne, 28 octobre 1834). Négociant, banquier, économiste, échevin de Versailles (1788-1789) puis député du Tiers aux Etats Généraux, devenus Assemblée Constituante (1789-1791), ami de La Fayette, émigré à Philadelphie (1793-1796).
Appartenait à une famille normande, de la ville de L'Aigle (Orne). Marié (à Paris en 1774) à Julie Le Grand de Boislandry, sa cousine germaine, fille de Jean Mathieu de Boislandry, banquier à Paris, et de Charlotte Collombel du Bois-Aulard.
L’Etat de la Maison du Roi Louis XVI daté du 1er juillet 1776 cite Louis Le Grand de Boislandry parmi ses 12 porteurs. Deux de ses cousins-germains Boislandry étaient officiers et servaient dans les gardes du corps du Roi, compagnie de Luxembourg.
Le 12 janvier 1783, Louis Guillaume Le Veillard, de Passy, écrit une lettre à Benjamin Franklin de la part de « Louis de Boislandry, marchand de l’Aigle » qui désire s’entretenir avec Franklin. D’après l’ Almanach de Versailles pour 1789, Boislandry était négociant en gros et membre du Conseil Municipal de cette ville. Divers actes et comptes indiquent qu’il était en même temps banquier, intéressé à l’armement de navires, et à diverses autres entreprises, telles que la fameuse Caisse d’Escompte de Paris.
A la veille de la période révolutionnaire, Louis de Boislandry a publié plusieurs opuscules, en particulier des Vues impartiales sur l’établissement des assemblées provinciales (1787), une "Lettre ouverte sur les préparatifs des élections de 1789" (rédigée en collaboration avec le versaillais Laurent Le Cointre, futur commandant de la Garde Nationale, président de l'administration du département de Seine-et-Oise et député à la Législative, puis à la Convention) et l'un des projets de Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. De ce dernier on peut citer un article, dont l'esprit a été retenu : « Tous les hommes ne naissent pas égaux en force, en richesses, en intelligence, en adresse, en esprit, en talent : mais ces inégalités disparaissent devant la loi ».
Boislandry fut élu député aux États-Généraux pour la vicomté et prévôté de Paris hors les murs (face à un candidat Le Couteulx, célèbre famille de banquiers originaire de Rouen). Ayant constaté l’insuffisance de la police versaillaise et de la garde du château, il proposa de créer un corps franc qui aurait mission de veiller à la sécurité de la personne du Roi. Ce projet fut adopté et son exécution conduisit à la réorganisation des Gardes Nationales de Versailles. Mais l’opération fut tardive et défectueuse. Nommé membre du Comité ecclésiastique et du Comité des Finances, il déploya une grande activité, surtout dans le second. Diverses affinités le rapprochèrent de La Fayette dont il suivit la politique et avec lequel il fit partie du Club des Feuillants. Il se signala par un discours contre l’accroissement des assignats (10 septembre 1790) et par diverses interventions en matière administrative et économique, notamment contre les octrois et droits de douane. Boislandry a particulièrement combattu l’inflation monétaire à cause des misères et des injustices qui finissent par en résulter, et qui pèsent le plus lourdement sur la partie la plus pauvre de la nation. Cf. ses opuscules Sur les assignats (1790) et Observations sur les dangers du papier-monnaie et sur l’insuffisance de cette ressource (s.d.). La Constituante s’étant dissoute, il se retira de la vie publique.
Le 14 pluviose an II, le Comité de l’Emigration et des Étrangers de la commune de Rouen informe le Président de la section des Lombards de la requête de Boislandry de s’établir à Rouen, et demande des renseignements sur son compte. Il demeure normalement à Paris, no 230 (ou no 43) rue Saint-Martin. Il émigra bientôt avec sa femme (et ses enfants ?) à Philadelphie. Il passe pour avoir continué à faire du commerce à l’étranger et pour avoir acquis ainsi des ressources qui lui permirent, non seulement de ne pas souffrir matériellement des événements, mais encore de venir en aide à d’autres émigrés. François Louis de Boislandry quitte New York le 17 octobre 1796, sur le navire neutre le « Fox », à destination de Nantes. Boislandry débarque, en règle avec la loi, muni d’un passeport du Comité de Salut Public daté du 27 nivose an III l’autorisant à se rendre aux États-Unis d’Amérique ; ce passeport a été visé à Philadelphie par le ministre plénipotentiaire de la République française. C’est à cette époque qu’il fit faire son portrait, et celui de sa femme, par Lecarpentier. On le trouve, sous le Directoire, habitant à Bordeaux, rue Arnaud Miqueu, où il avait repris des opérations de négoce (1797 - 1798). Passeport délivré à « François Louis Boislandry » à Bordeaux en 1799 : « Signalement : Taille : 1,83 ; Yeux : Brun ; Cheveux : Gris ; Visage : Ovale grave ; Nez : Un peu gros ; Menton : Rond ; Age : 48 ; Profession : Négociant ; Domicile : Bordeaux ; Pays d’origine : France (Seine) ; Commune d’origine : Paris ; Date de départ : 13 mars 1799 ; Destination : Suisse »
Sous le Consulat, Louis de Boislandry décida de retourner à Paris et s’établit 8 rue Française, division du bon conseil, 12 rue Vendôme, dans le marais, puis, à partir de 1818, 14 rue Poultier [1], à l’angle du quai de Béthune, dans l’île Saint-Louis. Il acheta le 15 messidor an VIII (4 juillet 1800) le domaine de Champgueffier, à La Chapelle-Iger (Seine-et-Marne), à Louis Silvy, pour la somme de 115 000 francs « en espèces d’or et d’argent ». Cette propriété comprenait le château de Champgueffier, un moulin à vent, les fermes de Champgueffier et de Vaux. « L’exploitation était presque abandonnée ; le château et les fermes tombaient en ruines, comme beaucoup d’autres bâtiments à cette époque troublée. » Il se consacra à la reconstitution de ce domaine qu’il agrandit en achetant les fermes voisines de la Chapelle-Iger et des Haut-Grés, ainsi que des bois. Il constitua ainsi une propriété qui, avec des parcelles détachées, formait un ensemble d’environ un millier d’hectares sur les communes de la Chapelle-Iger, Gastins, Voinsles, Puy et Pecy. Louis de Boislandry avait choisi cette propriété de Champgueffier parce que située prés du château de la Grange-Blaineau, où résidait son ami La Fayette.
Boislandry, qui avait célébré en vers les charmes de l’agriculture, rendit, en prose, un hommage plus durable à la vie des champs dans son ouvrage intitulé: Examen des principes les plus favorables aux progrès de l’agriculture, des manufactures et du commerce en France (Paris 1815, chez Auguste Renouard). Ce livre constitue, non seulement un tableau complet de la situation économique dans laquelle se trouvait la France au début de la Restauration, mais encore une profession de foi politique. L’auteur y proclame son admiration pour l’œuvre libérale de la Constituante et sa foi dans le régime représentatif, mais il y maudit les responsables des violences révolutionnaires et vilipende le Gouvernement Impérial. Il met ses espérances dans la monarchie constitutionnelle. Les mêmes sentiments se retrouvent, à côté d’une étude sur la situation internationale de la France, dans la préface de son dernier livre : Des impôts et des charges des peuples en France (Paris 1824, chez Bosange).
Louis de Boislandry était cousin-germain de Damien Orphée, vicomte de Boislandry, maréchal de camp.
Louis de Boislandry est inhumé à La Chapelle-Iger (Seine-et-Marne). D’où postérité.
Sources : archives de la famille de Boislandry.