Al gran sole carico d'amore
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Al gran sole carico d'amore (en français : « Au grand soleil d'amour chargé ») est une œuvre du compositeur italien Luigi Nono, composée en 1974 et révisée en 1977. Elle est dédicacée au chef d'orchestre Claudio Abbado et au pianiste Maurizio Pollini. Écrite sur commande de la Commissione del Teatro alla Scala, elle a cependant été créée au Teatro Lirico de Milan le 4 avril 1975, avant d'être reprise à la Scala. Al gran sole carico d'amore a été enregistré le 19 juin 2001 sous la direction de Lothar Zagrosek avec Helmut Holzapfel, Melinda Liebermann, Markus Marquardt et Mark Munkittrick pour le label Elektra, en version CD (numéro de catalogue 81059).
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[modifier] Caractéristiques techniques
L'œuvre dure environ deux heures.
La pièce est sous-titrée azione scenica in due tempi (action scénique en deux temps). Elle est cependant entrée au répertoire comme un opéra et est écrite pour 9 voix solistes (4 soprani, 1 contralto, 1 ténor, 1 baryton, 2 basses), 2 chœurs mixtes, 9 instruments solistes (violons, altos, violoncelles, contrebasse), un grand grand orchestre bois par quatre (4 flûtes, 4 hautbois, 4 clarinettes, 4 bassons, 4 cors, 4 trompettes, 4 trombones, 7 percussions, 2 timbales, harpe, 10 premiers violons, 10 seconds violons, 10 altos, 10 violoncelles, 10 contrebasses) et bande magnétique.
La partition a été publiée chez Ricordi, à Milan, en 1978.
[modifier] Origine du titre
Le titre de l'œuvre provient d'un vers du poème Les Mains de Jeanne-Marie d'Arthur Rimbaud, un chant à la gloire des femmes de la Commune :
Une tache de populace Les brunit comme un sein d'hier ; Le dos de ces Mains est la place Qu'en baisa tout Révolté fier ! Elles ont pâli, merveilleuses, Au grand soleil d'amour chargé, Sur le bronze des mitrailleuses À travers Paris insurgé !
→ Le poème intégral sur Wikisource
[modifier] Analyse
Bâtie sur le thème de la répression de la commune en 1871 (temps I) et de l'insurrection russe de 1905 (temps II), la pièce est dramatique sans comporter aucune action narrative ; au sens strict, il ne s'y passe rien. Le livret consiste en un collage de textes choisis et ordonnés par Nono : Brecht (Die Tage der Commune, Les Jours de la Commune), Tania Bunke (compagne du Che Guevarra), Fidel Castro, Che Guevarra, Dimitrov, Gorki, Gramsci, Lénine, Karl Marx, Louise Michel, Cesare Pavese, Arthur Rimbaud, Celia Sánchez et Haydée Santamaria. Les allers-retours entre l'orchestre, les voix et la bande magnétique conduisent à une dramatisation presque expressionniste d'un discours musical tendu, dissonnant et lyrique mettant en valeur la tragédie des victimes, notamment féminines, de la répression bourgeoise.
L'œuvre s'ouvre sur un prélude que Nono refuse de nommer exactement comme tel : il est intitulé « Come preludio » (En guise de prélude) et sous-titré, en espagnol, « La belleza no está reñida con la revolutión » (La beauté n'est pas contraire à la révolution)), phrase attribuée au Che Guevara. Utilisant la soprano solo, le grand chœur, les percussions et la bande magnétique, ce « Come preludio » débute de manière presque inaudible dans un froissement de papiers, avant de monter progressivement en puissance avec le choeur chantant-parlant une phrase se référant au Che Guevara et à Louise Michel : « Pour ce cœur vaste et secourable - ivre de solidarité - le seul air qui soit respirable - c'est l'amour de l'humanité » (en français dans le texte).
Le premier temps (« Tempo I ») (à nouveau, Nono rejette la terminologie classique de l'opéra, qui aurait parlé du premier acte) , intitulé « Nous reviendrons foule sans nombre »[1], en français dans le texte, compte 9 scènes. Le tempo II , sous-titré La notte e lunga ma gia spunta l'alba, compte 7 scènes, outre un finale.
[modifier] Liens externes
- (fr) Article de Pietro Ferrua sur RA Forum (Recherches sur l'anarchisme),
- (fr) L'œuvre sur le site de l'IRCAM
[modifier] Notes
- ↑ Nous reviendrons, foule sans nombre
Nous reviendrons par tous les chemins,
Spectres vengeurs sortant de l’ombre.
Louise Michel, Mémoires.
→ Le texte sur Wikisource
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