Vire (fleuve)
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Longueur | 128 km |
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Débit moyen | 12,6 m3.s-1 mesurés à Saint-Lô |
Surface du bassin | 1 240 km2 |
Régime | pluvial océanique |
Se jette dans | la Manche |
Bassin collecteur | |
Pays | France |
Cours d'eau - hydrologie |
La Vire est un fleuve côtier de Normandie, dont le cours, long de 128 km[1], traverse les départements du Calvados et de la Manche, baignant successivement les villes de Vire, Saint-Lô et Isigny-sur-Mer, pour finir par se jeter dans la Manche, à la limite des deux départements, plus précisément dans la baie des Veys, ensablée par ses alluvions.
Sommaire |
[modifier] Géographie
La Vire prend sa source au point de rencontre des trois départements bas-normands (la Manche, le Calvados et l'Orne) sur le territoire de la commune de Chaulieu à la Butte-Brimbal, au sud-est de Vire. Son cours est orienté vers le Nord - Nord-ouest jusqu'à sa confluence avec la Souleuvre à Campeaux, puis vers l'Ouest jusqu'à Pont-Farcy, enfin vers le Nord à travers les grès et les schistes d'un synclinal[2]. Jusqu'à Saint-Lô, le fleuve coule dans une vallée sinueuse et encaissée, marquée par deux ruptures de pente importantes. Sur cette partie du cours, entre Troisgots et Condé-sur-Vire, se localise le site spectaculaire des Roches de Ham[3]: un large méandre de la Vire est dominée par une falaise de schiste dont les abrupts dépassent 80 mètres. Au Nord de la préfecture de la Manche, la vallée s'élargit dans les marais d'Isigny et la baie des Veys.
Le cours final de la Vire a été canalisé et constitue le port d'Isigny-sur-Mer qui marque la confluence du fleuve avec son principal affluent, l'Aure, moins de 3 kilomètres avant l'estuaire.
[modifier] Hydrologie
Comme sa grande sœur, l'Orne, la Vire est caractérisée par un régime pluvial océanique marqué par des étiages estivaux très prononcés (2,34 m³/s en août à Saint-Lô[4] pour une moyenne annuelle de 12,6 m³/s). Le débit du fleuve est plus soutenu à l'embouchure, après l'apport de ses principaux tributaires (l'Elle et l'Aure)[5]. Ce fleuve tranquille n'est pourtant pas à l'abri d'excès dont certains conduisent à des inondations catastrophiques; ainsi en 1843, des nombreux orages entrainèrent un débordement de la Vire dans Saint-Lô provoquant d'importants dégâts dans les bas quartiers[6].
Les principaux affluents de la Vire (de l'amont vers l'aval) sont :
Rive Gauche | Rive Droite |
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[modifier] Histoire: l'aménagement de la Vire
Comme beaucoup de cours d'eau de faible importance, la Vire a longtemps été navigable et constituait une voie de communication indispensable aux populations riveraines pour l'acheminement et la commercialisation de leurs productions. Si une navigation fluviale est attestée dès le Moyen Âge, peu de choses nous sont connues. En revanche, dès le XVIIe siècle, on sait que de nombreuses embarcations sillonnaient le fleuve, de Pont-Farcy à la mer (soit 69 kilomètres)[7], acheminant vers l'aval cidre, beurre, bois, destinés à être vendus dans toute la partie nord du Royaume et remontant la tangue ( sable vaseux utilisé comme engrais) de la baie des Veys vers l'intérieur des terres.
L'apogée de la navigation sur la Vire fut atteint entre 1835 (classement du fleuve dans la nomenclature des voies navigables) et 1926 (déclassement du cours d'eau de cette même nomenclature)[8]. Durant cette période de près d'un siècle, chalands, barges, gabarres, halés par chevaux et hommes, transportaient produits agricoles et matières premières (brique, pierre, tuile, charbon anglais...et toujours la tangue)[7]. De nombreuses améliorations furent apportées pour faciliter la remontée ou la descente du fleuve : entretien d'un chemin de halage courant sur la totalité du cours, construction de 18 dérivations éclusières[7] compensant les ruptures de pente, creusement du Canal de Vire et Taute ( de la Vire à la Taute[9] serait une terminologie plus juste ) assurant la liaison entre Saint-Fromond et Carentan. Ce canal fut creusé et aménagé entre 1835 et 1839 (il comportait 3 écluses et 7 ports) et servait à faciliter l'acheminement de la tangue à partir de Carentan[10]. Les années précédant la Première Guerre mondiale virent l'apogée de son trafic (entre 12.000 et 15.000 tonnes par an[10]), puis la voie navigable, tout comme la Vire, périclita sous la double concurrence de la voie ferrée et de la route, fut abandonnée en 1938 avant d'être rayée de la nomenclature des voies navigables en 1957[10]. Ces deux voies d'eau souffraient de leur gabarit étroit (23,10 m sur 4,20 m, 1,30 m de mouillage pour la Vire, 20,40 m sur 4,20 m, 1,10 m de mouillage pour le canal de Vire à Taute), très éloigné du gabarit Freycinet[7].
La Vire fut également jalonnée de moulins ( 14 au total qui, aujourd'hui, ont cessé toute activité )[8] destinés à moudre les grains, tandis que certaines portes éclusières virent l'installation de mini centrales hydroélectriques. L'une de ces dernières est encore en fonctionnement, lorsque le niveau et le débit de la Vire le permettent, à Candol (au Sud-ouest de Saint-Lô).
Aujourd'hui, la vallée de la Vire est aménagée pour les randonneurs amateurs de paysages authentiques et son cours offre de jolies descentes aux adeptes de canoë-kayak.
[modifier] Environnement: l'estuaire de la Vire
La Vire se jette dans la baie des Veys, site naturel remarquable à la fois partie intégrante du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin[11] et protégé dans le cadre des acquisitions du conservatoire du littoral.
Cet espace présente une multitude de milieux naturels qui en font toute la richesse: cordons dunaires, marais littoraux, prairies humides, herbus, polders, slikke, vastes plages. Cette variété en fait une zone d'accueil privilégiée pour les oiseaux migrateurs, tout particulièrement les canards ou petits échassiers au nombre desquels se retrouvent le grèbe castagneux, le canard colvert, le foulque macroule, le vanneau huppé. Certaines espèces font l'objet d'une attention particulière en raison de leur rareté ou de leur rôle dans les écosystèmes nationaux ou internationataux : canard souchet, canard pilet, bécasseau variable, sarcelle d'hiver, barge rousse, pluvier grand-gravelot, sterne caugek ou encore canard siffleur. A côté de cette avifaune, la présence récente d'une petite troupe de phoques veau-marin s'inscrit dans le cadre d'un repeuplement des estuaires du nord de la France par cette espèce de mammifères marins[12].
La baie présente également un grand intérêt pour la flore comme l'a prouvé, en 1998, la découverte de 4 nouvelles espèces dans cette région de France; trois d'orchidées: l'Orchis à fleurs lâches, l'Orchis moucheron et l'Epipactis des marais, une de fougère: l'ophioglossum vulgatum. A leurs côtés, plus modestement, poussent de multiples fleurs, plantes et arbustes: rumex des marais, mouron délicat, ruppia des marais, saxifrage à trois doigts, tamaris d'Angleterre et, parmi tant d'autres, plusieurs types de renoncules[12].
[modifier] Départements et communes traversés
- Calvados (14) : Vire, Pont-Farcy, Isigny-sur-Mer
- Manche (50) : Tessy-sur-Vire, Troisgots, Torigni-sur-Vire, Condé-sur-Vire, Sainte-Suzanne-sur-Vire, Saint-Lô, Rampan, Pont-Hébert, La Meauffe, Cavigny
[modifier] Notes et références
- ↑ Fiche de la Vire sur le site du SANDRE
- ↑ Article de Max-André Brier in Guide des merveilles naturelles de la France, Sélection du Reader's Digest, 1973, p. 531.
- ↑ Article de Max-André Brier in Guide des merveilles naturelles de la France, Sélection du Reader's Digest, 1973, p. 192.
- ↑ Données de la station hydrologique de Saint-Lô
- ↑ L'absence de données statistiques ne permet pas d'avancer un chiffre précis.
- ↑ Maurice Champion, Les inondations en France depuis le VIe siècle jusqu'à nos jours, p. 176.
- ↑ 7,0 7,1 7,2 7,3 Voir dictionnaire des rivières et canaux de France.
- ↑ 8,0 8,1 Page sur la Vire sur le site de la mairie de Saint-Lô.
- ↑ Petite rivière du Cotentin qui se jette dans la Manche au niveau des marais de Carentan.
- ↑ 10,0 10,1 10,2 Petite histoire de cette voie d'eau
- ↑ Voir le site officiel du Parc
- ↑ 12,0 12,1 Pour en savoir davantage sur la faune et la flore: voir le site du Conservatoire du littoral
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