Anglicisme
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Un anglicisme est un emprunt fait à la langue anglaise, considéré comme fautif ou non.
En pratique, on distingue deux sens précis pour le mot anglicisme.
Les emprunts à l'anglais au sens large :
- Emprunt à la langue anglaise
- (Le Robert)
- ANGL. anglicisme : mot anglais, de quelque provenance qu'il soit, employé en français et critiqué comme emprunt abusif ou inutile (les mots anglais employés depuis longtemps et normalement en français ne sont pas précédés de cette marque)
- (Tableau des termes signes conventionnels et abréviations du Robert)
L'anglicisme nait, soit d'un défaut de traduction, soit d'une mauvaise traduction (le mot à mot).
Il faut noter que la perception des anglicismes n'est pas la même partout dans la francophonie et d'une institution à l'autre. Ainsi, spam devrait se traduire par pourriel selon l'OQLF, terme qu'a rejeté l'Académie française. (voir l'article pourriel pour plus de détails)
On parle aussi dans certains cas de calque, c'est-à-dire d'une traduction mot à mot d'une tournure ou d'un sens n'existant pas en français : gratte-ciel pour skyscraper (sky signifie « ciel » et scrape « gratter »), réaliser au sens de « prendre conscience » ou encore celle d'initier pour « entreprendre, débuter, mettre en œuvre ».
Sommaire |
[modifier] Les catégories d'anglicismes
Selon le Colpron, dictionnaire des anglicismes publié au Québec, on peut classer les anglicismes en six catégories :
- l'anglicisme sémantique : c'est l'attribution à un mot français d'une acception qu'il n'a qu'en anglais (faux-amis), ou la traduction littérale d'un idiotisme anglais ;
- vol domestique pour vol intérieur ;
- l'anglicisme lexical : c'est l'emprunt de mots ou d'expressions anglais employés tels quels ;
- feedback (rétroaction)
- l'anglicisme syntaxique : c'est le calque de constructions syntaxiques propres à la langue anglaise ;
- être en charge de (< in charge of) : être chargé de
- l'anglicisme morphologique : ce sont des erreurs dans la formation des mots (genre, suffixations, etc.) ;
- les actifs d'une société (< the assets) : l'actif
- l'anglicisme phonétique : c'est une faute de prononciation ;
- cent (dollar canadien ou euro) prononcé /sɛnt/
- l'anglicisme graphique : c'est l'emploi d'une orthographe ou d'une typographie qui suit l'usage anglo-saxon ;
- emploi du point décimal au lieu de la virgule.
L'usage du français contemporain est marqué par de nombreux anglicismes. Il ne faut pas oublier que si la tendance s'est inversée ces dernières décennies, pendant longtemps la langue anglaise a plus emprunté à la langue française que le contraire, ce qui fait que certains de ces anglicismes dans le français actuel ont été des gallicismes en anglais à une certaine époque (ex.: obsolète).
Le nombre et la fréquence des anglicismes varient selon les locuteurs et selon les domaines de spécialité. Certains domaines en regorgent, comme l'économie, mais surtout l'informatique. Celle-ci, du fait de l'hégémonie économique des États-Unis d'Amérique dans ce domaine, est en effet sujette à de nombreux emprunts à l'anglais (au jargon informatique anglo-américain), la lingua franca de fait entre les informaticiens du monde entier étant l'anglais. De plus, la plupart des langages de programmation ont un vocabulaire inspiré de l'anglais ce qui fait que les programmeurs ont une tendance naturelle à penser en anglais.
De nombreux anglicismes possèdent des équivalents français. Leur emploi n'est donc pas motivé par une lacune du lexique français, mais l'unification du vocabulaire permet de faciliter la transmission sans ambiguïté de connaissances pointues et en rapide évolution. Ainsi, dans d'autres domaines comme la zoologie et la botanique, l'usage du latin est généralisé pour nommer plantes et animaux.
Les anglicismes sont nombreux dans les pays où le français est en contact quotidien avec l'anglais (pays bilingues comme le Canada) ou qui ont été occupés par un pays anglophone (comme le Japon). La Belgique étant un pays essentiellement bilingue, le gouvernement utilise parfois des anglicismes : d'une part, cela évite d'utiliser des termes néerlandais ou français qui pourraient favoriser l'une ou l'autre communauté, d'autre part certains ministres ne maîtrisant pas bien l'autre langue, l'anglais permet alors de s'exprimer plus facilement. Une bonne part des anglicismes «récents» sont cependant apparus autour de Paris : mailing, customiser, news, chewing-gum, green.
Les journalistes de la télévision française, dont la connaissance, tant de la langue cible que de la langue source, peut être inversement proportionnelle avec le pouvoir médiatique que leur confère leur fonction, constituent un vecteur décisif dans l’introduction des anglicismes en France. Lexicaux, syntaxiques ou phonétiques, ces calques introduits par ignorance, paresse intellectuelle ou snobisme jouissent auprès des téléspectateurs d’un fort effet de mode qui garantit leur rapide acclimatation dans la langue française.
Les pays francophones tentent de contrer les emprunts à l'anglais en réagissant par la création de néologismes, particulièrement dans le domaine informatique (toile pour web (abréviation de World Wide Web), courriel pour email, pourriel pour spam, etc.).
[modifier] Liste d'anglicismes courants
- Sémantiques
- réaliser (< realize) : se rendre compte de
- initier (< initiate) : débuter, entamer
- avoir l'impression de : avoir le sentiment de
- opportunité (< opportunity) : occasion
- Lexicaux
- checker : vérifier
- happy hours : 5 à 7 (qc)
- hoax : canular (utilisé dans le contexte d'internet)
- hype : branché
- manager : gestionnaire
- matcher (verbe) : correspondre (utilisé en informatique) (qc)
- news : nouvelles
- pipeline : oléoduc
- prime time : heure de grande écoute
- toaster : grille-pain (qc)
- leader : meneur
- dispatcher (verbe) : répartir
- Syntaxiques
- en charge de (< in charge of) : chargé de
- est sous contrôle (< under control) : est maîtrisé
- Phonétiques
- Israël prononcé Izraël su lieu de Issraël
- Graphiques
- license : licence (qc)
- Redoublement de la première consonne (français : « agression », « abréviation », « adresse » ; anglais : « aggression », « abbreviation », « address »)
- connection : connexion
- a, b, et c : a, b et c
- le fait de coller certains signes de ponctuation doubles au mot qui les précède (voir en anglais les recommandations du NASA's Handbook for Technical Writers and Editors) alors qu'en français ils sont normalement précédés d'une espace. Cela concerne le point-virgule ( ; ), le deux-points ( : ), le point d'exclamation ( ! ) et le point d'interrogation ( ? ). De même pour les guillemets, qu'on tracera (« ») et non ("") :
- Il dit: "cette phrase est mal typographiée! Est-ce normal?"
- Elle répondit : « Mais ceci est correct ; qu'en pensez-vous ? »
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
- Anglicisation (lié au rayonnement culturel de la civilisation anglo-saxonne)
- Franglais, Denglisch, Spanglish
- Calque
- Idiotisme
- Expression ou néologisme politique
- Faux anglicisme
- L'anglicisme chez Les Cowboys Fringants