Jean Chouan
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Jean Chouan est le surnom de Jean Cottereau, né le 30 octobre 1757 à Saint-Berthevin (Mayenne), et mort le 28 juillet 1794 à Olivet (Mayenne), (Mayenne), est, avec ses frères — Pierre, François et René — un des chefs de l'insurrection contre-révolutionnaire et royaliste qui s'est développée en Mayenne en 1793. Ses camarades l'avaient surnommé le Gars mentoux[1] ( le garçon menteur).
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[modifier] Origine
Héros de la chouannerie, Jean Cottereau naît dans une hutte de bûcheron-sabotier de la forêt de Concise dans la Mayenne. Jean Cottereau, fils de Pierre Cottereau dit Chouan, et de Jeanne Moyné, son épouse, est né le 30 octobre 1757, en la paroisse de Saint-Berthevin, près Laval.[2]
Il hérita, ainsi que tous ses autres frères, du surnom de chouan (le taciturne) de son père, négociant en sabots et homme honorable. La véritable origine du sobriquet et sa signification restent inconnues.[3]
Son aïeul, ainsi que son père, étaient marchands de sabots, parcourant les forêts de la région, de celle du Pertre à la forêt de Concise. C'est ainsi que ses deux premiers fils naquirent, au cours d'un de ces voyages. Pierre Cottereau se faisait respecter de ses enfants ; mais ceux-ci le redoutaient, à cause de son caractère extraordinairement vif.[4]
[modifier] Avant la Révolution française
[modifier] La Closerie des Poiriers
En 1760, Jeanne Moyné se sédentarise à la closerie des Poiriers, fermette située à mi-chemin entre le Bourgneuf-la-Forêt et Saint-Ouën-des-Toits, qu'elle a hérité de ses parents [5], ainsi que d'autres pièces de terre.[6]
[modifier] Contexte familial
Jean, le second de ses garçons, avait en outre deux sœurs, et leur mère resta chargée de ces six enfants. Il semble que Pierre Cottereau ait poursuivi ses activités de marchand car il ne manquait pas de signer les actes de baptême de ses enfants lorsqu'il était présent. Or, tous ne sont pas signés de sa main.[7]. Le père décède en 1778 lorsque Jean Chouan était encore bien jeune. Pierre, l'aîné, se dit sabotier. Pour survivre, celui-ci ainsi que ses trois frères et même ses sœurs se livrèrent à la contrebande du sel, sur lequel pesait un lourd impôt dans ce pays de grande gabelle[8]. René, le plus jeune est couvreur de maisons.
On ne peut pas, comme on le voit souvent écrit, affirmer que les frères Chouan soient nés dans un milieu défavorisé, compte tenu de l'époque[9]. La famille appartenait à un milieu de marchands et de notaires. Sans doute les absences prolongées du père, privèrent-elles les enfants Cottereau d'autorité et d'instruction: leur mère ne savait pas écrire, fait très commun à l'époque.
[modifier] Le faux-saunage
La famille Cottereau travaillait toujours dans le bois de Misedon, voisin de sa demeure. Bien avant 1780, il est surpris, avec son frère René et d'autres, à boire de l'alcool en fraude de droits à Olivet. Ils excèdent de coups deux employés aux aides, Pierre Bériteau et Jean Guitton. Un chirurgien venu de Laval déclare que l'un deux est intransportable. Les frères Chouans et leurs complices sont condamnés à payer les médicaments et les aliments nécessaires au blessé qui a été transporté dans une auberge de Saint-Ouën-des-Toits.
D'une rare brutalité, les enfants Cottereau auront soin d'estropier à peu près tous leurs voisins, pour des motifs les plus futiles et d'occasionner des procédures et des demandes de dédommagements ruineuses pour la famille.
Jean Chouan se livre au faux-saunage avec ses frères François et René. C'est ainsi qu'ils connaissent les recoins des forêts de la région, ce qui ne leur évita pas d'être arrêtés à plusieurs reprises.
[modifier] La condamnation à mort
En 1780, âgé de 23 ans, il est poursuivi pour avoir d’abord rossé un nommé Marchais qu’il soupçonnait de l’avoir vendu aux gabelous, puis pour avoir, avec son ami Jean Croissant, tué à coups de frette un agent de la gabelle, Olivier Jagu, dans une auberge de Saint-Germain-Le-Fouilloux.
Condamné à mort par contumace, son exécution en effigie a lieu en même temps que celle de Jean Croissant.[10] Il disparaît à cette époque, peut-être engagé au régiment de Turenne sous un faux nom. Il n'était pas resté dans le pays. D'autres sources indiquent que sa mère alla demander sa grâce au roi, ce dont on peut doûter.[11]. Ce fait est contredit par la reprise, en 1785, de la procédure engagée contre lui en 1780. Il y a toute apparence, si l'on rapproche les souvenirs de la famille recueillis par Duchemin-Descépaux de cette absence prolongée, que le contrebandier s'était enrôlé dans quelque garnison lointaine.[12]
[modifier] La prison
Jean Chouan est arrêté le 18 mai 1785 aux Mesliers, au Bourgneuf-la-Forêt. Interrogé, il nie toute participation au meurtre du gabelou, mais fait un an de prison. Il parut devant le juge criminel, nia comme avait nié Jean Croissant, mais plus heureux que lui, ne fut pas chargé par les témoins dont certains sont morts, d'autres indécis, d'autres excusés. Le procureur Enjubault-Laroche ne put donc que requérir le 9 septembre 1785 un plus ample informé qui fit maintenir le prévenu un an en prison.
Libéré le 9 septembre1786, il est transféré aussitôt au Dépôt de Mendicité de Rennes, par lettre de cachet en date du 2 août 1786[13] et il y séjourne 3 ans.[14] A sa sortie, Jean Chouan s'engage comme domestique chez Marie Le Bourdais, veuve d'Alexis Ollivier, une cousine, demeurant à la Besnerie, paroisse d'Olivet, et dont le fils, l'abbé Alexis Ollivier, le sauve lui-même de tout nouveau soupçon.
[modifier] La Révolution française
[modifier] Le mécontentement
La Révolution française éclate, les prêtres propriétaires fonciers sont arrachés à leurs paroisses et remplacé par des prêtres sans biens ayant prêté serment à la Constitution civile du clergé, dès le début de l'année 1791.[15] Mais, surtout, les possessions du clergé, biens de première origine sont mises en vente pour tenter de remplir les caisses du Trésor royal totalement vides.[16] Le roi est emprisonné. Les mécontentements se manifestent. Jean Chouan, dans le milieu religieux où il vivait ne pouvait y rester étranger.
[modifier] Le début des troubles
Les troubles commencèrent bien avant le tirage au sort d'août 1792. Ainsi, les sœurs de Jean Chouan s'en prirent, avec d'autres bonnes femmes, au curé Pottier, prêtre assermenté de Saint-Ouën-des-Toits, donc déclaré intrus. Elles menacèrent de le faire rôtir ou de le noyer dans l'étang. Une des deux sœurs est emprisonnée avec d'autres pendant un mois.
En septembre 1791, le maire de Bourgon, acquéreur de biens nationaux, vit le tas de fagots appuyé à sa maison incendié par des inconnus. Le jour de la Saint-Pierre 1792, en pleine assemblée paroissiale, des esprits échauffés par la boisson s'en prirent à nouveau au maire de Bourgon dont ils saccagèrent la maison. Jean Chouan et les Frères Pinçon - tous connus sous le nom de bande des oiseaux - s'installèrent dans le cabaret de François Fortin et supervisèrent les opérations, menées par Julien Delière et Gilles Bertier. Selon les témoignages de l'époque la troupe de Jean Chouan ne comptait ce jour-là que 15 hommes. Lorsqu'il rejoignit le Prince de Talmont à Laval, il lui avoua que son renfort ne comptait que 17 hommes, lui et son frère François compris. Le colonel de Pontbriand, dans ses Mémoires, ne lui en reconnaît que de 20 à 40, ce qui est sans doute déjà une exagération.
[modifier] La Rouairie
Le marquis de la Rouairie organisait en Bretagne la conjuration qui a donné directement naissance à la Chouannerie.[17] Quand le marquis vint chez son cousin de Farcy, à Launay-Villiers, où il passa trois mois (mai, juin, juillet 1792), il trouva dans les cantons limitrophes de la Bretagne les esprits préparés pour l'action. En avril 1792, Jean Chouan fut aperçu à Bourgon dans une manifestation en faveur des prêtres réfractaires.
Rien ne prouve toutefois que Jean Chouan rencontra le marquis, et il est pratiquement impossible qu'il ait reçu un quelconque commandement, ne sachant ni lire ni écrire. Tout ceci relève de la fiction littéraire.
[modifier] La conjuration bretonne
Le moment choisi fut celui du tirage au sort, qui devait avoir lieu le 15 août 1792. Sur l'ensemble de la lisière de la frontière entre la Bretagne, et la Mayenne, ce fut le concert unanime des protestations populaires suivant le même mot d'ordre.[18]
Le 15 août 1792, à Saint-Ouën-des-Toits[19], non loin de Laval, Jean Chouan ameute les paysans lors d’une tentative d’enrôlement de volontaires, bouscule les gendarmes et constitue une bande.[20] Le mouvement ne bougea pas ensuite jusqu'à la fin de septembre.
Le 26 septembre, les patriotes d'Andouillé et de la Baconnière étant allés piller le château de Villiers, ce fut le signal. Tous les chefs de paroisses du canton vinrent assaillir les Bleus rentrés le soir au Bourgneuf. Neuf gardes nationaux périrent, les autres s'enfuirent vers Laval. Le 27, la force armée de Laval venait pour réprimer l'insurrection, elle fut reçue à l'étang de la Chaîne par une fusillade à laquelle Jean Chouan ne prit aucune part, s'étant déjà réfugié en Bretagne, avec les frères Pinçon, de Bourgon.[21]
Depuis ce temps, les insurgés sont des Chouans ; leurs combats avec les escortes, avec les postes républicains, avec les gardes nationaux d'Andouillé, de la Baconnière, avec les forgerons de Port-Brillet, se renouvellent par intervalles. Entre temps, Jean Chouan va se cacher en Bretagne, près de Saint-M'Hervé, pour établir la correspondance avec les émigrés et, s'abouche avec les autres chefs reconnus.
[modifier] Chouannerie
[modifier] Un rôle actif
Il joue un rôle actif dans la contre-révolution, favorise l’émigration. Sa tête étant mise à prix, il tente en vain, en mars 1793, de gagner l’Angleterre. Il semblerait qu'il se rendit à Granville pour quitter la France. Mais une surveillance rigoureuse avait été mise en place et il ne trouva ni barque ni pêcheur. À partir du mois d'avril, Jean Chouan et sa bande sont l'objet journalier des préoccupations du Directoire. La garde national de La Brulâtte est pendant deux jours à la recherche du nommé Cottereau dit Chouan, et travaille à dissiper les attroupements qui se sont formés à Saint-Ouen.
Il est reconnu par l'administration avec son frère comme le chef de la coalition.[22] Le 13 mai 1793, les frères Chouans s'emparent d'une vingtaine de fusils entreposés dans la mairie du Genest.
Toutes les mesures sont prises pour l'arrêter Prévenu des attroupements du Bourgneuf, de La Gravelle, de Saint-Ouen, le Directoire décrète aussitôt l'arrestation des Cottereaux, dit Chouans, de leur mère, de la veuve Alexis Ollivier, leur trante, des nommés Salmon qui leur fournissent des provisions. Il fait surveiller le château de Fresnay qui paraît leur refuge, 19 mai. Le 26 mai 1793, une expédition contre les Chouans les manque près de La Gravelle. Jean Chouan et ses compagnons se réfugient dans le bois des Effretais.
L'administration départementale se venge en faisant arrêter des membres de la famille Cottereau et plusieurs de leurs amis. René Cottereau est effectivement arrêté avec Jeanne Brillet, sa femme mais on le relâche parce qu'il n'est coupable que d'être frère des Cottereau. Perrine, sa sœur, Guy Ollivier et Pierre Gaufre sont maintenus en prison, 1er juin.
Le 18 juin 1793, après avoir désarmé les patriotes du Bourgneuf, Jean Chouan et sa bande gagnèrent les landes du Saudre et de la Brossinière (ou Brécinière) et y interceptèrent huit soldats républicains qui rentraient de Nantes sur Ernée. Ils en tuèrent un, en blessèrent un autre et firent deux prisonniers.
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On croit savoir qu'un des frères François Cottereau s'est blessé d'un coup de fusil et qu'il est caché au village de Saint-Roch à Changé ; on l'y cherche mais vainement, 10 juillet. Le même jour et avec le même succès on fouille des caves du château de Saint-Ouen où doivent être les armes des Chouans. Beurin ,adjudant major du 31ème bataillon de la réserve, est depuis plusieurs jours avec ses hommes à la poursuite de la bande Cottereau dit Chouan, 27 juillet. Guerchais, commandant de la garde nationale de Loiron fouille la lande d'Olivet, le bois de Misedon, Port-Brillet, etc repaire de la ligue des Cottereaux, 17 août 1793. La garde nationale de Courbeveille est à la recherche des Cottereau dit Chouans, à Loiron, Montjean, etc., août, septembre.
[modifier] La virée de Galerne
En octobre 1793, il rejoint l’armée des Vendéens à Laval[23]. Son intervention contribue efficacement à la victoire de cette armée à la bataille d'Entrammes.
Il participe à la virée de Galerne jusqu’à la sanglante défaite du Mans, le 13 décembre 1793.[24]
[modifier] Le repli à Misedon
Il se replie alors dans sa forêt de Misedon, où il continue la lutte sur un terrain qui lui est plus favorable que celui d’une bataille rangée. Jean Chouan mettait surtout beaucoup de zèle pour sauver les prêtres, et il a protégé la fuite d'un grand nombre ; il en a conduit plusieurs jusqu'à Granville pour leur faciliter les moyens de s'évader.
Il tente pour sauver le prince de Talmont, sur le chemin de Vitré à Laval, un coup de main qui avorte [25] Mais le ravitaillement est difficile dans un pays sillonné par les troupes républicaines[26].
[modifier] Insurrection royaliste
Ses deux sœurs, Perrine et Renée Cottereau sont arrêtées, conduites à Laval où elles sont jugées et guillotinées le 20 avril 1794[27] [28]. Le frère de Jean Cottereau se blesse grièvement avec son fusil. Le 5 avril 1794, il s'empare du bourg de La Baconnière, désarme la garde nationale, pénètre dans l'église et fait sonner l'Angelus.
L'insurrection royaliste du Bas Maine commença vers le mois de mai 1794, et forma six divisions, qui prirent le nom de leurs chefs ; mais la troupe, garda le nom générique de Chouans.
[modifier] Les circonstances de sa mort
Sa mort a été racontée de différentes manières, ce qui prouve que certaines sont inexactes, sinon toutes[29] [30]. En juillet 1794, il est reconnu dans une métairie dite la Babinière, appartenant à la famille Ollivier et où résidait son frère René, marié en 1792; poursuivi, il attire sur lui le feu des républicains de la forge du Port-Brillet, pour permettre à sa belle-sœur, enceinte, de s’échapper. Jean Cottereau demeure à l'arrière-garde et reçoit une balle dans l'abdomen. Il réussit à se cacher et est transporté dans les fourrés où il meurt le 28 juillet 1794. Sa tombe n’a pas été retrouvée[31]. On peut s'étonner toutefois de ne pas retrouver trace de l'enfant dont sa belle-sœur était enceinte.
La famille de Jean Chouan connaît un sort aussi tragique : François meurt après s'être blessé avec son fusil, à moins qu'il n'ait été tué par les forgerons de Port-Brillet. Pierre est arrêté, jugé et guillotiné, ainsi que ses deux sœurs. Seul survécut René Cottereau, qui reçoit des Bourbons une pension de 400 francs et mourut en 1846.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Bibliographie
[modifier] Bibliographie ancienne
On peut consulter les divers ouvrages publiés sur la Vendée et la chouannerie, tels que l'Histoire de la guerre de la Vendée et des chouans, par Beauchamp, et les Lettres sur l'origine de la chouannerie et sur les chouans du bas Maine, 2 vol. in-8°, par Duchemin de Scepeaux.
M. Boblet a fait lithographie du portrait de Jean Chouan, en 1852, format in-4°.[32]
En 1926, Luitz-Morat réalise le film Jean Chouan avec Maurice Lagrenée dans le rôle de Jean Chouan.
- La Chronique rimée de Jean Chouan et de ses compagnons. Arthur de Gobineau. 1846, Études gobiniennes du XXIe siècle. Calvados. 2004 ;
- Scénes de chouannerie. Émile Souvestre. Michel Lévy, Paris 1856 ;
- La Mort de Jean Chouan et sa prétendue postérité. Léon de la Sicotière, Mamers, 1877 ;
- Jean Chouan, Tomes I: La Bataille Des Cœurs Et Tome II: La Citoyenne Maryse Fleurus. Arthur Bernède. Jules Tallandier 1926 ;
- Chouans et contre-chouans. Ernest Laurain, Laval, Editions des Arts Réunis, 1928 ;
- Jean Cottereau dit Jean Chouan. Jean Drault. Spes. 1927 ;
- La belle histoire de Jean Chouan. Bande dessinée. Série : Collection "À la française" n°3. Dessinateur : Pierre Rousseau. Scénariste : Job de Roincé. 1942.
[modifier] Bibliographie moderne
- Jean Chouan, héros de légende. de M.-C. Meaux. 1977.
- Jean Chouan et ses compagnons, des paysans mayennais. André Avril. Association Le souvenir de la chouannerie mayennaise 1979
- Jean Chouan, Le Paysan Rebelle, Le Premier Insurgé Royaliste. Jean Silve De Ventavon. Albatros Paris 1985
- Jean Chouan l'insoumis. Spectacle du Château de Lassay. 1988.
- Histoire générale de la chouannerie, Anne Bernet, Perrin, 2000.[33]
[modifier] Notes et références
- ↑ En faisant la contrebande, Jean Chouan montrait de l'énergie et du courage. Lorsqu'il voyait ses camarades s'intimider, son habitude était de leur dire : Ne craignez point, il n'y a pas de danger. Ces mots, il n'y a pas de danger, étaient sa devise ; et comme il les répétait quelquefois sans raison, elle explique son surnom.
- ↑
Pierre Cottereau (1696-1768) │ ├──> Pierre Cottereau (1732-1778) │ │ │ └──> Pierre Cottereau (1755-1794) │ └──> Jean Cottereau (1757-1794) │ └──> François Cottereau (1750-1794) │ └──> René Cottereau (1764-1846) │ └──> René Cottereau (1793-1857) │ └──> Jeanne Cottereau (1795-1833) │ └──> Louis Cottereau (1795-1796) │ └──> Marie Cottereau (1798-1844) │ └──> Pierre Cottereau (1800-1826) │ └──> Jean Cottereau (1807-?) │ └──> Dominique Cottereau (1808-1816) │ └──> Julien Cottereau (1810-1865) │ └──> Renée Cottereau (1811-1884) │ └──> Lucie Cottereau (1813-1893) │ └──> Angélique Cottereau (1814-1816) │ └──> Étienne Cottereau (1815-1892) │ └──> Jean Cottereau (1819-?) │ └──> Dominique Cottereau (1824-1879) │ └──> Perrine Cottereau (17/10/1769-1794) │ └──> Renée Cottereau (11/11/1776-1794) │ └──> Marguerite Cottereau (1778-1778)
- ↑ La véritable cause qui a fait appeler, du nom singulier de chouans les soldats des armées royalistes du Maine, de la Normandie et de la Bretagne est sans nulle doute la participation à l'émeute de Saint-Ouën des Toits, le 15 août 1792 à laquelle participèrent, avec d'autres, Jean et René Cottereau. Ils furent signalés aux autorités lavalloises. La seule raison est que les membres de la famille Cottereau portaient depuis longtemps ce surnom de Chouan (en patois chat-huant, ou "chouin", nom local de la chouette hulotte), selon les uns, parce que leur aïeul était naturellement triste et taciturne, selon d'autres, parce qu'en faisant la contrebande du sel, ils contrefaisaient le cri du chat-huant pour s'avertir et se reconnaître.
- ↑ C'est ce qui les empêcha de profiter des leçons qu'il leur proposait ; car il savait lire, et écrire, mais aucun des quatre garçons qu'il avait, Pierre, Jean, François et René, n'osa se mettre de si près sous sa férule ; et tous restèrent dans l'ignorance.
- ↑ décédés tous les deux en 1754
- ↑ Elle avait une sœur, Françoise, mariée avec Martin Duchemin et qui mourra en couches le 6 janvier 1762.
- ↑ Son fils aîné, Pierre Jean François Cottereau est d'ailleurs né très loin des Poiriers, à Brains-sur-les-Marches, en bordure de la forêt du Pertre
- ↑ En Bretagne, pays de franchise, le sel se vendait tout au plus un sou la livre ; le Bas-Maine, limitrophe de la Bretagne, mais pays de gabelle, devait le payer 13 sous.
- ↑ Dans les actes de baptême de ses 11 enfants, Pierre Cottereau est désigné d'abord comme bûcheron, puis comme sabotier, puis comme closier, sans doute après qu'il soit arrivé à la Closerie des Poiriers.
- ↑ "Et sera la présente sentence à l'encontre dudit Cottereau dit Chouan contumax exécutée par effigie en un tableau qui sera attachée à laditte potence par l'exécuteur de la haute justice" précise le jugement.
- ↑ Arrivée près du prince, elle oublia la leçon qu'on lui avait apprise, et demanda la vie pour son fils dans les termes que lui inspira sa tendresse. Le roi accorda la grâce...
- ↑ Qu'on ne retrouve à Lille ou ailleurs ni son nom de famille ni son nom de guerre sur les rôles, le fait est trop naturel pour qu'on s'en étonne.
- ↑ sur l'avis de M. l'Intendant de Tours
- ↑ Cet établissement accueillait des individus originaires de Bretagne, du Maine, de Normandie et même de Touraine. Les pensionnaires n'y étaient détenus toutefois qu'en vertu d'un jugement prévôtal ou sur ordre du roi. Jean Chouan est donc bien condamné à une peine privative de liberté, mais qui ne peut être purgée dans une prison ordinaire, seulement dans un établissement de réinsertion sociale. À La lecture de la liste des détenus en 1787, et après consultation des archives municipales de Rennes, on peut aller jusqu'à dire qu'il s'agissait d'un asile d'aliénés.
- ↑ De fait, les prêtres devenaient des fonctionnaires payés qui devaient consacrer la totalité de leur temps à leurs tâches sacerdotales, ce qui bouleversait totalement le mode de vie des ecclésiastiques habitués à vivre de leurs terres.
- ↑ L'abbé Alexis Ollivier possédait plusieurs métairies, à Olivet et au Genest. Jean Chouan se retrouvait sans travail et son bienfaiteur oisif sans moyen de subsistance, les terres des ecclésiastiques étant généralement donnée à bail à colonat paritaire (métairies), soit à ferme, au plus offrant et dernier enchérisseur.
- ↑ Les Tuffin de la Rouairie étaient alliés avec la famille de Farcy, dont les deux frères habitaient l'un le château de Mué, en Parcé, l'autre le château de Launay-Villiers. M. de Mué avait encouragé un royaliste sûr de sa paroisse de Parcé, Jean-Louis Gavard à prendre les fonctions de maire. Il le mit plus tard en rapport avec le conspirateur, qui le chargea spécialement d'organiser la coalition sur la lisière de la Bretagne.
- ↑ Qu'on nous rende nos prêtres ; nous ne partirons point pour faire la guerre au roi et à la religion ; que les acquéreurs de biens nationaux aillent défendre le gouvernement
- ↑ des gardes nationaux et des gendarmes de Laval vinrent pour engager les jeunes gens à s'enrôler. Ces émissaires se rassemblèrent dans l'église de Saint-Ouën ; un d'entre eux prit la parole et vanta la liberté dont jouissait la France, devant une foule de spectateurs accourus pour voir ce qui allait se passer. On écouta tant bien que mal ce discours sur la liberté ; mais quand l'orateur en vint à la péroraison, et qu'il par la d'engagement et de volontaires, on entendit murmurer de tous les côtés. Les gendarmes reçurent l'ordre d'arrêter les perturbateurs. Alors tout le monde se soulève, et le désordre est à son comble. Le tirage au sort devient impossible. Le Directoire du département délibère sur cette affaire le 19 août et le rapport note que, parmi les jeunes qui s'étaient présentés, plusieurs avaient dit audit commissaire (Tellot) qu'ils souhaitaient que les Français fussent battus et que les Autrichiens entrassent en France; que bientôt ils viendroient enlever les prêtres et mettre Laval à la raison; qu'après la lecture de la Loi et le détail des mesures pour son exécution, les bancs de l'église avaient été cassés à coups de bâtons et la vie du commissaire et de ses adjoints menacée; que la paroisse de la Brûlatte avoit offert de fournir son contingent, pourvu qu'elle qu'il lui fut permis de se rendre chez elle, ne pouvant opérer en sûreté à Sant-Ouën; que les habitants de laditte paroisse de la Brulatte avoient bientôt après été attaqués en s'en allant par plus de deux cents personnes à la tête desquelles étoient Cottereau dit Chouan et Morlière, tous les deux demeurant paroisse de Saint-Ouën, dans laquelle attaque le maire et le commandant de la garde nationale ont été dangereusement blessés; que ledit Morlière était revenu peu de temps après armé de fusil et de pistolets et ayant sa chemise ensanglantée offrir ses services au Maire de Saint-Ouën;(…)les nommés Dupont, Tambour au Genêt, Cottereau dit Chouan, Morlière et Colombier dit la jeunesse, seront dénoncés à M.le juge de paix du canton de Saint-Ouën, pour être poursuivis sur les charges du procès verbal du sieur Tellot fils du 15 du présent, dont copie lui sera remise, et que copie de la présente sera envoyée à laccusateur public du Département de la Mayenne et au Ministre de la justice.(Archives départementales de la Mayenne, L.504.) Menacé de poursuites, Jean Chouan, qui avait déjà goûté à la prison n'avait d'autres possibilités que se réfugier dans la fuite : telle est l'origine de la chouannerie.
- ↑ Jean Chouan, était bien obligé de tirer au sort, comme tous les hommes de 18 à 40 ans, et risquait donc de devenir soldat. Formé depuis longtemps par Gavard, mis en relation avec la Rouairie, plus directement aussi sous leur influence immédiate, il était mieux préparé aux évènements.
- ↑ Il prenait les ordres de Gavard, connu seulement de quelques-uns des chefs. Telle est la version officielle de la légende des chouans. Pour qui connaît les lieux, un simple maire ne pouvait faire preuve de tant de qualités stratégiques. L'endroit est particulièrement bien choisi : la troupe doit passer sur un pont très étroit, sans possibilité de passer au nord (dans l'étang) ni au sud (en bordure du bois de Misedon et dans les marécages.) Le stratège sera reconnu officiellement un an plus tard, en septembre 1793: il s'agissait de Charles Gaspard Elisabeth Joseph de Bailly, supposé émigré, mais que même la rumeur publique disait réfugié dans la région. (Archives Départementales de la Mayenne, L.2043).
- ↑ Il y a à leur tête, écrit le procureur syndic d'Ernée, le 28 avril 1793, deux hommes qui se nomment Cottereau, dit Chouan. Nous avons promis une récompense à qui les arrêtera, mais il faut y aller avec précaution car ces deux individus sont très braves et très déterminés. Si de votre côté vous pouviez vous en saisir, ce serait rendre à la chose public un vrai service
- ↑ Le 20 octobre 1793, il apprend du prêtre qui dit la messe au Genest que les Vendéens ont passé la Loire, et le 23, en conférence avec Puisaye et Boisguy dans la forêt du Pertre, il entend le canon qui tonne à Laval. Sans prendre désormais aucune précaution, il réunit ses hommes et marche sur la ville.
- ↑ Ses hommes constituent un corps à part et ne reconnaissent que lui pour les conduire. Au Mans, la mère de Jean Cottereau est écrasée accidentellement par une charrette. Sa troupe est décimée.
- ↑ Parce que personne n'a su lire la dépêche dans laquelle on l'avertit que l'itinéraire de l'escorte avait changé
- ↑ Il s'unit avec Jambe d'Argent, et Moulins pour attaquer les postes qui cernaient le bois de Misedon, et on commence par celui de Saint-Ouën-des-Toîts qui est enlevé vers le 20 avril 1794
- ↑ Convaincues porte la sentence de la Commission révolutionnaire, d'avoir servi d'espions à leurs frères, chefs des rassemblements de Brigands, de les avoir alimentés, et enfin d'avoir endossé la cuirasse et participé à leurs massacres (Duchemin, p.211, Théodore Perrin, Les martyrs du Maine, 1832, 2 volumes in-12, t.II p.36., Dom Piolin, L'Église du Mans pendant la Révoltution, t.II.
- ↑ Voici leur sentence :
« Condamnées à mort comme soeurs des Cottereau, dit Chouans, chefs de brigands, convaincues de leur avoir servi d'espions, de les avoir alimentés et approvisiionés, enfin d'avoir endossées la cuirasse et participées à leurs massacres. »
- ↑ On ne trouve aucun détail dans les guerres des Vendéens et des Chouans par Savary, ni dans l'Histoire de la Révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne, par A. du Chatellier, Paris, Desessart et Nantes, Mellinet, 1836, 6 volumes in-8.
- ↑ S'il fallait s'en rapporter à P. Renouard, ancien curé d'Izé, bibliothécaire du Mans, (Essai historique sur la province du Maine, t. 2, p. 270), un détachement cantonné dans le bourg de la Gravelle aurait surpris, dans une reconnaissance, une compagnie de cinquante-deux chouans, commandés par Jean Chouan en personne, qui fut tué dans cette affaire, ajoute Renouard ; la tête de ce trop fameux insurgé fut séparée de son corps, portée en triomphe à la Gravelle et exposée ensuite à un piquet sur la grande route de Laval à Vitré.
- ↑ Le dernier survivant, Jean Gahéry, n'a jamais voulu plus tard révéler l'endroit parce que tous les témoins s'étaient engagés à en garder le secret.
- ↑ On y voit que ce chef d'une nouvelle croisade portait au revers de son habit une croix et un Sacré-Cœur. Un chapelet et une médaille sont suspendus à la boutonnière de son gilet. Il devait faire partie de la collection des chefs vendéens dont les portraits auraient été tirés en pied. Douze seulement ont paru : les événements de juillet 1830 ont arrêté cette entreprise.
- ↑ À partir d'un travail de compilation de 88 ouvrages, sans aucun respect pour les archives, l'auteur a écrit une histoire de la chouannerie très romancée. Histoire générale, car l'auteur intègre les chouanneries mayennaise, normande et bretonne et elle associe le soulèvement vendéen. Original, car à partir de ces inventions historiques, elle fait vivre les personnages en mettant en scène certains moments de leur vie. En fin de livre, 2 index (16 pages de noms propres et 9 pages de noms de lieu) et quelques illustrations dont… un portrait-robot de Jean Chouan, réalisé récemment et sans tenir compte des caractéristiques physiques contenues dans les archives !
[modifier] Source partielle
- « Jean Chouan », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 ([détail édition])
- « Jean Chouan », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail édition]