Méthamphétamine
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Général | |||||
Formule brute | C10H15N | ||||
Nom IUPAC | (S)-N-méthyl-1-phényl- propane-2-amine |
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Numéro CAS | 537-46-2 | ||||
Code ATC | N06BA03 | ||||
Apparence | Cristaux transparents | ||||
Pharmacologie | |||||
Métabolisme | hépatique | ||||
Demi-vie | 4-12 heures | ||||
Excrétion | rénale | ||||
Caractère psychotrope | |||||
Catégorie | Stimulant | ||||
Mode(s) de consommation |
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Autres noms |
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Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire. |
La méthamphétamine est une drogue synthétique psycho-stimulante majeure, qui provoque une euphorie, une forte stimulation mentale, mais est hautement addictive.
Pure, elle se présente sous une forme solide, cristalline (d'où sa dénomination de crystal), incolore et inodore qui peut rappeler du verre cassé ou de la glace (d'où sa dénomination de ice).[1]
Aux États-Unis, elle est aussi appelée meth, crystal meth, crystal, ice ou encore Tina. En Thaïlande, c’est yaa baa, le « médicament qui rend fou » où elle est présentée sous forme de cachets colorés et sucrés.
Elle a été commercialisée sous diverses formes dont le Desoxyn.
Sommaire |
[modifier] Historique
Elle a été synthétisée pour la première fois en 1919 au Japon par le chimiste Akira Ogata.
Comme les amphétamines, elle a largement été utilisé sur les soldats lors de la Seconde Guerre mondiale.[1]
Elle fut un temps commercialisée comme un médicament aux États-Unis, pour divers problèmes médicaux allant de l'obésité à la dépression. Mais depuis 1970, elle est classée comme stupéfiant.
La forme cristalline, donc 'fumable', proviendrait d'Hawaii vers 1988 [réf. nécessaire].
Sa consommation s'est développée en provenance de Corée et des Philippines sur la côte ouest des États-Unis vers 1985[1], puis la côte est, au cours des années 1990, à partir du milieu homosexuel. Au début des années 2000, elle a fait son apparition sur le marché des drogues britanniques. En France, elle est très peu présente pour l'instant, son prix élevé y est pour quelque chose, car elle peut se négocier jusqu'à 800 euros le gramme.[réf. nécessaire]
Elle est répertoriée par la convention sur les substances psychotropes de 1971.
En 2005, le Canada a augmenté la peine maximum pour la production et la distribution de méthamphétamines de 10 ans à la prison à vie, la plaçant au même rang que la cocaïne et l'héroïne.
[modifier] Chimie
La méthamphétamine est un produit chimique appartenant au groupe des amphétamines. Elle diffère de l'amphétamine par l'ajout d’un groupement méthyl.
[modifier] Synthèse
Elle peut être synthétisée chimiquement à partir du chlorhydrate de pseudoéphédrine, un décongestionnant. Elle peut également être synthétisée à partir du toluène.
Beaucoup de méthodes de conversion peuvent être trouvées sur Internet. Elle peut également être synthétisée à partir du toluène de manière simple.
[modifier] Usage militaire
La méthamphétamine a été souvent donnée aux troupes combattantes et aux pilotes en temps de guerre par leur gouvernement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle était d'usage en Allemagne et chez ses alliés sous le nom de Pervitin®. Adolf Hitler, à partir de 1942, en prenait en injection. Elle fut donnée aux pilotes kamikazes japonais.
[modifier] Usage détourné et récréatif
« Drogue de travail », elle a servi aux routiers pour rester éveillés pendant leurs longs trajets.
[modifier] Dans le milieu gay aux États-Unis
À la fin du XXe siècle, la méthamphétamine est apparue dans les milieux gay de la Côte Ouest des États-Unis, puis la Côte Est.
Selon les usagers, elle apporte un sentiment d'euphorie. Elle fait perdre toutes inhibitions notamment sexuelles.
Elle a donc tendance à amener les consommateurs à omettre les règles de sécurité sexuelle (safe sex en anglais) et avoir des rapports non protégés et répétés pendant cette période, prenant le risque d'infection par des maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH. D'après les études du Friends Health Center de Hollywood (financé par l’American National Institute of Drug Abuse), la croissance de la consommation de crystal meth sur la Côte Ouest a correspondu avec une augmentation des infections et maladies sexuelles : de nombreux nouveaux malades étant des consommateurs de cette drogue.
À New York, un militant anti-Sida a financé une page de publicité contre les dangers de la méthamphétamine avec le slogan suivant, parodiant les promotions de supermarché : « Huge Sale ! Buy Crystal, Get HIV Free ! » (en français : Grande Promotion ! Achetez du Crystal, vous avez le VIH en cadeau !) [2].
[modifier] Effets et conséquences
Elle est le plus généralement fumée sous sa forme cristalline, et ingérée sous forme de pilules. Les usagers-injecteurs liquéfient les cristaux avec de l'eau pour pratiquer l'injection.[1]
Les effets recherchés sont :
- la stimulation de la vigilance[1] ;
- la moindre sensibilité à la fatigue ;
- l'euphorie[1] ;
- la stimulation de la libido, le retard à l'éjaculation.
Les effets secondaires sont :
- anxiété, agitation[1] ;
- baisse de la concentration[1] ;
- la perte de poids ;
- la léthargie ;
- la destruction des dents.
Les effets durent de 8 à 24 heures[1] et elle se fait encore sentir dans le corps pendant au moins 3 jours.
L'usage prolongé et répété peut induire des troubles comportementaux (agressivité, troubles de l'adaptation), des épisodes psychotiques avec hallucinations et paranoïa.[1]
À long terme, elle peut provoquer une dépression du système immunitaire et de l'asthme. Comme toutes les amines secondaires, elle est oxydée par le métabolisme en hydroxylamine, et favorise par conséquent la production de monoxyde d'azote[3], responsable de la régulation de la mort des cellules du système immunitaire[4], et fortement corrélé à l'asthme[5].
Un usage abusif et répété peut entraîner une dépendance.[1]
[modifier] Aspects économiques
Selon un chercheur néo-zélandais, dix pour cent de la production mondiale proviendrait maintenant d'Australie et de Nouvelle-Zélande, même si la majorité de la méthamphétamine est toujours produite en Asie.[6]
[modifier] En Thaïlande
Au Myanmar d'après les ouvrages de Pierre-Arnaud Chouvy, 800 millions de pilules de méthamphétamine ont été produites en 2002, dont une partie non négligeable est consommée en Asie du Sud-Est même. Et ce, pour des laboratoires qui ont dû être implantés vers 1993.
Cette production et le trafic qui en découle est situé près de la frontière avec la Thaïlande qui subit les effets de la consommation parmi ses habitants.
[modifier] Molécule voisine
Le yaba (yaaba, yaa baa) aussi appelé « médicament qui rend fou » (crazy medecine) est une méthamphétamine produite dans le Triangle d'or et très populaire en Orient.[1]
En Thaïlande, il est produit par une milice ethnique alliée à la junte militaire birmane (Armée unie de l'État de Wa).[1]
Il se présente sous forme de cachets colorés et sucrés. Il se consomme généralement fumé dans une pipe.
Il provoque de violentes hallucinations et un effet d'éveil important (trois, quatre jours sans dormir).[1]
L'usage prolongé et répété peut induire des troubles comportementales (agressivité), pulmonaires et rénaux voire une paranoïa.[1]
[modifier] Notes
- ↑ 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 1,11 1,12 1,13 1,14 Michel Hautefeuille, Dan Véléa, Les drogues de synthèse, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 2002 (ISBN 2-13-052059-6)
- ↑ http://64.78.33.181/features/index.cfm?id=1708&cat=1&page=features&sub_page=weekly
- ↑ http://www.iupac.org/publications/pac/2000/7206/pdf/7206desaiah_1001.pdf
- ↑ Contrasting effects of NO and peroxynitrites on HSP70 expression and apoptosis in human monocytes; Adrie C & al. Am J Physiol Cell Physiol 279:452-460, 2000.
- ↑ http://allergies.about.com/cs/asthma/a/blats021904.htm
- ↑ Production d'ice : l'Australie et la Nouvelle-Zélande en tête dans la région, Tahiti Presse, 21/8/06
[modifier] Voir aussi
[modifier] Article connexe
[modifier] Liens externes
- Article de P.-A. Chouvy (www.geopium.org) sur la production birmane
- Article du réseau Voltaire sur le trafic de cette drogue en Amérique du Nord
[modifier] Bibliographie
- Pierre-Arnaud Chouvy et Joël Meissonnier, YAA BAA. Production, trafic, consommation de méthamphétamine en Asie du Sud-Est continentale, éditions L'Harmattan.
- Uncle Fester, Secrets of Methamphetamine Manufacture.
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