La Chanson de Roland
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La Chanson de Roland est un poème épique et une chanson de geste de la fin du XIe siècle attribué à Turold (Ci falt la geste que Turoldus declinet). Neuf manuscrits du texte nous sont parvenus, dont un (manuscrit d'Oxford) est en anglo-normand. Ce dernier, redécouvert par l'Abbé de la Rue en 1834, est considéré par les historiens comme étant l'original.[1] La Chanson de Roland comporte environ 4000 vers en ancien français répartis en laisses, transmis et diffusés par voie orale. Elle relate, trois siècles après, le combat fatal du chevalier Roland (ou Hroudland), marquis des marches de Bretagne et de ses fidèles preux contre une puissante armée maure à la bataille de Roncevaux puis la vengeance de Charlemagne.
C'est un exemple classique de chanson de geste par le glissement de l'Histoire à la légende, et par la célébration épique des vertus de la chevalerie, de l'honneur féodal et de la foi.
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[modifier] Fondement historique
Après sa campagne en Espagne, l'épopée relate la résistance héroïque de l'arrière-garde de Charlemagne le 15 août 778 face à une attaque surprise des Maures au col de Roncevaux dans les Pyrénées, perdant l'éminent marquis de Bretagne, Roland, champion et neveu de l'empereur Charlemagne.
Mais la plupart des historiens s'accordent pour dire que les chevaliers carolingiens ont, en fait, affronté la guérilla basque et non l'armée sarrasine.
En pleine époque de reconquête de l'Europe et de conquêtes en Orient, il est fort possible que ce texte ait été écrit pour donner un fondement historique aux croisades, et transformer une guerre territoriale en guerre sainte.
On a aussi émis l’hypothèse que les principaux passages de la Chanson de Roland auraient été composés, (selon Joseph Bédier, 1864-1934), sur les routes des pèlerins allant à Saint-Jacques-de-Compostelle et passant par le col de Roncevaux, par les trouvères qui récitaient des fragments aux lieux de haltes. Des analogies existent avec le Poema del mio Cid, le poème du Cid écrit bien avant la Chanson de Roland, avec des influences de la poésie arabe de al-Andalus, les muwachachahat.
Elle est aussi mentionnée dans le codex Calixtinus ou Liber Sancti Jacobi (le IVe livre, L'Historia Karoli Magni et Rotholandi.)
En Catalogne, où son nom apparaît beaucoup dans la toponymie, Roland (Rotllà) est un puissant géant mythique .
[modifier] Synopsis

Marsile, roi Maure souhaitant épargner sa ville Saragosse de l'avancée de l'armée des Francs, convient d'un traité de paix avec Charlemagne par l'intermédiaire de Ganelon. Mais Ganelon corrompu et haineux envers Roland entraîne l'arrière-garde de vingt mille hommes dans un défilé où attend une armée de Sarrasins.
Le chevalier Olivier, grand ami de Roland, signale une large troupe sarrasine approchant l'arrière-garde. Il demande à Roland de sonner du cor pour avertir Charlemagne. Roland préfère mourir en guerrier plutôt que de se déshonorer en appelant à l'aide. Les hommes de Roland se battent contre une force cent fois supérieure à la leur, mais Roland met toute sa force pour terrasser l'ennemi mais ils ne sont pas assez. Lorsqu'il ne reste plus que soixante combattants, Roland fait sonner son olifant tellement fort qu'il se crève les tympans. Charlemagne pressentant le pire chevauche vers le lieu de l'embuscade. Tous les chevaliers meurent, mais Roland et l'archevêque Turpin blessés arrivent à faire fuir l'armée maure avant de s'effondrer tous les deux.

Roland a encore la force d'essayer de briser son épée Durandal contre un bloc de marbre sans succès : la lame luit et flamboie sans s'ébrécher. Il s'allonge face à l'Espagne pour mourir et c'est alors que saint Michel, saint Gabriel et Chérubin l'emportent vers le paradis.
Avant que Charlemagne ne puisse rejoindre la bataille, l'assaillant a déjà fui. Charlemagne finit par défaire les forces restantes pour venger son champion avant de rentrer tristement à Aix-la-Chapelle. Là, il doit apprendre la triste nouvelle à la belle Aude, sœur d'Olivier et fiancée de Roland, qui meurt sur le coup à cette annonce.
[modifier] Portée historique
Taillefer, combattant aux côtés de Guillaume le conquérant à Hastings aurait entonné la Chanson de Roland pour galvaniser les troupes normandes. D'après de nombreux historiens, tout au long du XIe siècle et du XIIe siècle, les troupes françaises auraient régulièrement déclamé ce chant carolingien avant de livrer bataille. On raconte aussi que le roi Jean demanda un jour à ses soldats : « pourquoi chanter Roland s'il n'y a plus de Roland? » Ce à quoi un homme répondit : « il y aurait encore des Rolands s'il y avait des Charlemagne. »[2]
[modifier] Personnages
- Aude, fiancée de Roland et sœur d'Olivier.
- Baligant, émir de Babylone ; Marsilion engage son aide contre Charlemagne.
- Basan, baron franc, assassiné alors qu'il est ambassadeur de Marsile
- Bérengier, un des douze paladins tué par les troupes de Marsile ; il tue Estramarin et est tué par Grandoyne.
- Besgun, cuisinier en chef de l'armée de Charlemagne ; il garde Ganelon après la découverte de sa trahison.
- Bramimund, reine de Saragosse ; capturée et convertie par Charlemagne après la chute de la ville
- Charlemagne, empereur de France et des peuples germaniques ; son armée combat les Sarrasins en Espagne.
- Ganelon, seigneur traître qui encouragea Marsile à attaquer les Français
- Geboin, garde les Français morts ; devient chef de la seconde colonne de Charlemagne
- Godefroy, barbier de Charlemagne; frère de Thierry, défenseur de Charlemagne contre Pinabel.
- Grandoyne, combattant pour Marsile ; fils du roi Cappadocien Capuel ; tue Gerin, Gerier, Bérengier, Guy Saint Antoine, et le duc Astorge; tué par Roland.
- Hamon, commandant de la huitième division de Charlemagne
- Lorant, commandant d'une des premières divisions contre Baligant ; tué par Baligant.
- Marsile, roi maure d'Espagne ; Roland le blesse mortellement.
- Milon, garde les morts français pendant que Charlemagne poursuit les sarrasins.
- Ogier, un Danois qui mène la troisième colonne contre les forces de Baligant.
- Chevalier Olivier, ami de Roland ; mortellement blessé par Marganice.
- Othon, garde les morts français pendant que Charlemagne poursuit les sarrasins.
- Pinabel, combat pour Ganelon dans le combat juridique.
- Roland, le héros de la Chanson ; neveu de Charlemagne ; chef de l'arrière garde des forces françaises ; tué par les troupes de Marsile en une lutte vaillante.
- Thierry, combat pour Charlemagne dans le combat juridique.
- Turpin, archevêque de Reims.
[modifier] Postérité
La Chanson de Roland inspira très tôt plusieurs poèmes en Europe. Elle fut traduite dès 1170 en haut-allemand par le père Conrad (« Rolandslieds »). Le poète Matteo Maria Boiardo composa un « Roland Amoureux » au XVe siècle ; L'Arioste en fit une suite, sous le titre de « Roland Furieux » (« Orlando furioso »).
[modifier] Voir aussi
- Orlando furioso
- bataille de Roncevaux
- littérature anglo-normande
[modifier] Références
[modifier] Liens externes
- La Chanson de Roland (vers 1090)
- Le Rolandslied du Père Conrad
- Récit illustré
- Dialogue, analyse
- La Chanson de Roland : de la défaite à la geste sur historia-nostra.com (fr)
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