Viticulture en Belgique
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Sommaire |
[modifier] Introduction
Parler de vin et de la Belgique dans la même conversation n’est pas très courant mais alors parler de vin belge, c’est une révolution ! Cependant quand nous nous y intéressons de plus près, nous remarquons qu’il y a un certain nombre d’activités vinicoles en Belgique : certaines sont insignifiantes mais d’autres très intéressantes. En outre, la probabilité de rencontrer un article parlant des vins belges est de plus en plus grande. Toutes ces raisons m’ont poussé à me pencher sur la question d’une véritable activité vinicole, à long terme, en Belgique.
Tout d’abord, nous devrons nous interroger sur l’origine de cette activité et sur sa production antérieure dans notre pays, pays qui est aux yeux d’une grande majorité, un pays de bières… Mais aussi nous nous interrogerons sur les causes de sa disparition au XVIIe siècle et inversement sur les causes de sa réapparition dans les années 60.
La partie suivante ciblera la Belgique et ses initiatives viticoles « folkloriques » où l’on distinguera les différentes motivations qui poussent les Belges à créer un petit vignoble dans leur jardin ou à se réunir entre amis pour créer une confrérie.
Notre travail se concentrera également sur de nombreuses activités beaucoup plus sérieuses. N’oublions pas que la Belgique possède déjà 3 Appellations d’Origine Contrôlée (AOC), c’est pour cela que nous développerons quelques importants vignobles belges.
Activités historiques, créations d’AOC, nouveaux vignobles « folkloriques » mais aussi sérieux, … Tous ces faits sont-ils les arguments d’une activité vinicole durable en Belgique ? Peut-on qualifier les vins belges de vins de qualité ? Y a-t-il vraiment un espoir dans le développement des vignes dans nos contrées septentrionales ? Toutes ces questions se résument en une unique question :
« Est-ce une utopie de croire au développement et à l’investissement des vins en Belgique ? »
[modifier] Histoire de la viticulture en Belgique
On cultive la vigne en Belgique ? C’est une nouveauté ça ! Et bien non…
La culture de la vigne en Belgique est apparue au Moyen Age aux alentours du IXe siècle. Il est peu probable que la vigne fût présente auparavant car le climat n’était pas adapté et la Gaule était recouverte d’épaisses forêts, cependant au IVe siècle, les vignobles de Paris étaient mentionnés. A partit de cette époque, la vigne s’étendit jusqu’au au Nord et au VIII siècle, les bords du Rhin étaient recouverts de vignobles. Les premiers essais de viticulture en Belgique ont dû être réalisés au même moment. D’ailleurs, les vignobles étaient déjà bien implantés à Amay : le vignoble de Vivegnis, au Nord de Liège, était déjà réputé comme ancien au IX siècle ainsi que le vignoble hutois qui appartenait en partie à l’Evêque de Liège. Les bords de la Meuse étaient des lieux forts cultivés car ils présentaient des coteaux bien exposés.
Au XIVe siècle, chaque ville possédait son propre vignoble que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des murs d’enceinte. Toutes ces villes (Tournai, Louvain, Bruxelles, Bruges, Gand, Thuin, Halle, Dinant, Namur, Tongres, Huy, Liège) nous ont laissées des traces de leur vignoble grâce à certaines toponymies locales telles que Wijnberg, mont des vignes, Wijngaard, aux vignes, Vivegnis, Vinalmont,…
Les premières personnes à avoir cultivé la vigne furent des moines car ils avaient besoin, pour leurs célébrations, d’une boisson pure et hygiénique (c’est-à-dire une boisson qui ne risquait pas de contaminer les citoyens pas les eaux de pluies polluées) et le vin répondait à leurs attentes. Le moyen le plus sûr d’en obtenir était d’en produire eux-mêmes. C’est pourquoi les premiers vignobles étaient la propriété d’abbayes. Certaines mieux organisées en possédaient même loin de leur territoire. D’autre part la vigne était aussi cultivée par des particuliers et même par des seigneurs, comme les ducs de Bourgogne qui possédaient les vignobles de Bruxelles, Louvain, Aarschot, Namur et Mons.
Dès le XVe siècle, les conditions climatiques ont rendu cette culture plus difficile. Pour les climatologues, cette période est appelée « petite ère glacière ». Certains vignobles ont survécu jusqu’au XVIIe siècle grâce à un microclimat favorable. A cette même époque, les techniques de fabrication et, suite à l’addition du houblon, la conservation de la bière se sont améliorées : la bière a doucement pris le dessus en tant que boisson hygiénique et a supplanté le vin. Auparavant, tout le monde avait un jardin qui fournissait les légumes nécessaires à la vie quotidienne. Mais la population des villes augmentait tellement que les jardins furent supprimés afin d’y bâtir des habitations. Dès lors, les cultures maraîchères (champs d’orge, légumes,…) remplacèrent peu à peu les vignobles.
La situation de la Belgique est la situation d’une période climatique, d’ailleurs l’Angleterre a suivi la même évolution : un pays riche en vignobles au Moyen Age qui, à la Renaissance, s’est transformé en pays de l’ale (bière).
La disparition des vignes n’est pas due aux actes de guerre comme ceux de Louis XIV ou aux Traités de Napoléon ainsi que certains historiens l’ont écrit. Une étude menée sur les archives de Huy est claire à propos du maintien des vignes pendant le siège de la ville par les troupes de Louis XIVe. En réalité, La disparition des vignobles belges est -outre le climat- la conséquence de l’amélioration des voies de communications qui ont rendu la Belgique plus accessible aux vins français, allemands et espagnols contre lesquels nos vins ne pouvaient être comparé ni en valeur, ni en qualité et ni en bouquet, mais aussi de l’industrialisation des anciennes zones viticoles et de l’extension des cultures maraîchères qui remplacèrent les vignobles.
Au XIXe siècle, la vigne a presque entièrement disparu des régions septentrionales. Plusieurs tentatives de reconstruction ont été menées mais ont échoué. Le Clos Bois Marie de Huy est d’ailleurs le seul vignoble belge qui peut s’honorer d’exister depuis plus de 1000 ans avec une seule interruption de 1940 à 1963. Quelques autres vignobles se sont difficilement maintenus en bord de Meuse jusque dans les années vingt.
Cependant, dans les années soixante, à Huy et à Borgloon, deux vignerons qui ne se connaissaient pas, plantèrent leurs premiers ceps de vignes en 1962. Charles Legot, influencé par ses amis de Bourgogne, planta des pinots et fit renaître le Clos Bois Marie alors que Jan Bellefroid se tourna vers des vignobles allemands (Müller-Thurgau ou Rivaner). A Huy, Constant Seba suivit le pas de Legot et ainsi de suite, de nombreux vignobles se mirent à renaître. Ce mouvement prit de plus en plus d’ampleur et de plus en plus de vignerons plantèrent de petits vignobles au moyen de plants dits hybrides ou interspécifiques, résistants aux maladies mais difficiles à vinifier. Dans les années septante, le renouveau viticole gagne la Flandre et les Pays-Bas avec les cépages blancs allemands. Des producteurs de fruits remplacèrent leurs arbres fruitiers par des vignes de sorte que dans le Hageland (autour de Louvain) une région viticole s’est recréée et a décroché en 1997 la première AOC belge : Hagelandse Wijn. En 2000, La Hesbaye flamande a suivi avec l’AOC Haspengouwse Wijn et en 2004, ce sont les Wallons qui ont obtenu l’AOC Côtes de Sambre et Meuse.
La viticulture belge ne s’arrête pas là. Elle se relève enfin et nous fait entrevoir de belles perspectives pour les années à venir.
[modifier] Viticultures de type « folkloriques »
Comme nous l’avons vu précédemment, le renouveau de la culture de la vigne en Belgique est très récent. Cette volonté de recréer le vignoble belge est due à différents facteurs.
Tout d’abord, il y a un facteur historique qui vise à remettre à jour un ancien goût de terroir afin de retrouver ses racines. C’est surtout le cas des vignobles replantés à l’identique sur des anciens sites abbatiaux tels que Villers-la-Ville ou l’Abbaye Saint-Denis (près de Soignies).
Ensuite et souvent, c’est un facteur amical. Des amateurs de vin, souvent chapeautés par une A.S.B.L. s’investissent énormément dans la création et l’entretien d’un vignoble. Les membres achètent du matériel et organisent des activités toujours dans une ambiance de camaraderie.
Enfin et plus rarement vient le facteur pédagogique ou altruiste. Prenons comme exemple, le vin de terril de Trazegnies dont les fonds recueillis sont versés à une A.S.B.L. qui restaure le Château de Trazegnies.
[modifier] Le Vignoble de l’Abbaye de Villers-en-Brabant
A Villers-la-Ville, la confrérie du vignoble de l’Abbaye de Villers-en-Brébant entreprend la réhabilitation du vignoble intra-muros depuis 1990. Etant une A.s.b.l., leur seul but est de faire revivre l’ancien vignoble de l’Abbaye, en respectant sévèrement la disposition des lieux, telle que les moines l’avaient conçue et bien sûr de créer une joie pour les membres de cette confrérie. Ce vignoble compte une vingtaine d’ares, répartis sur cinq terrasses contenant approximativement 570 ceps. Il jouit d’une bonne exposition sud-ouest et est à l’abri des vents froids car il est disposé dans un véritable clos. Son sol est limoneux et sablonneux. L’ampélographie - c’est-à-dire le choix des cépages- s’est dirigée vers des hybrides rouges (le « Léon Millot » d’origine lorraine) et blancs (le « Sirius » et « Phoenix » d’origine allemande et « Bianca » d’origine hongroise).
[modifier] Le Vignoble d’Herlaimont (Terril n°7) de Trazegnies
En 1968, François Dubois, sylviculteur et propriétaire du terril n°7 démontre que les terrils ne sont pas stériles en y plantant toutes sortes d’arbres. Devant le succès rencontré, il planta, en 1972, 12 ares de vignes, pour les doubler en 1973 et atteindre 1 Ha (3000 pieds) en 1974.
L’ampélographie de ce vignoble, selon les souhaits de Mr Dubois, s’est tournée vers des cépages nobles. Le vignoble comprend 3000 pieds dont 800 « Pinot Noir », 600 « Riesling » et 800 « Müller Thurgau ». Le reste est réparti dans les autres cépages (« Pinot gris », « Chardonnay », « Gamay » et quelques hybrides : « Léon Millot » et « Seyval ») Actuellement, le vignoble produit 1000 à 2000 bouteilles par an de vin de qualité agréable et qui a surtout le mérite d’être authentique.
Les vins « Château de Trazegnies » ont déjà remporté de belles distinctions :
- au Megavino 1996, le « Château de Trazegnies Müller Thurgau 94» a été primé avec 5 autres vins sélectionnés sur 29 présentés.
- au Megavino 1997, le « Château de Trazegnies Müller Thurgau 96 » a reçu la 13ème place sur 43 vins présentés.
Les raisons de ce « succès » repose sur cinq données :
- Les schistes carbonifères des terrils contiennent des éléments nécessaires à la végétation. La vigne s’accommode parfaitement avec des terres maigres et acides.
- En fonction du principe selon lequel le sol du terril de couleur foncé constitue un capteur solaire efficace.
- Les schistes sont donc des accumulateurs de chaleur qui donnent à la vigne un système naturel d’accumulation de chaleur.
- Le sol est caillouteux et ne retient qu’une faible quantité d’humidité par rapport aux sols argileux et limoneux. Ce qui permet également à la vigne de plonger dans le sol meuble et bien aéré.
- Les cépages ont été choisis selon les critères d’adaptation de notre climat.
François Dubois à sa mort a légué le vignoble à une fondation dont les revenus sont destinés à l’A.S.B.L. « Les Amis du Château de Trazegnies » qui a la charge d’entretenir et de restaurer ce beau monument classé.
[modifier] Confrérie du Clos du Maillon
A Gilly, 630 plants de vigne ont été plantés par les résidents du « Maillon », une maison d’hébergement pour personnes handicapées mentales. Ce sont des vignerons qui supervisent le projet né d’une amitié franco-belge et d’une remarquable idée de solidarité. Le Président d’Honneur du Clos du Maillon n’est autre que le Bourgmestre de Charleroi. Les éventuels revenus serviront à terme à financer une salle polyvalente pour les activités récréatives des résidents du « Maillon ».
Il existe évidemment de nombreuses autres viticultures de ce type. Ceux-ci servent d'exemple.
[modifier] Viticultures sérieuses
Précédemment, nous avons démontré qu’il existait des activités vinicoles plus au moins folkloriques en Belgique. Cependant, des actions beaucoup plus sérieuses et plus intéressantes se sont aussi manifestées. En voici quelques exemples.
[modifier] Appellation d’origine contrôlée (A.O.C.)
L’appellation d’origine contrôlée confère à une production viticole une notoriété et une plus grande crédibilité auprès des consommateurs. Ce principe valorisant à tout point de vue est la base de la politique et de la réglementation viticole de l’Union Européenne. La notion de terroir qui englobe non seulement le sol mais le microclimat et les facteurs sociaux tels que les méthodes de culture, la vinification, etc. justifiait, tant sur le plan économique et commercial que touristique, de doter la production wallonne d’une A.O.C.
En 1996, la Région flamande a décroché la première A.O.C. belge « Hagelandsewijn » pour les 30 producteurs de cette région du Brabant flamand qui avoisine Aarschot et Louvain. Encore en Région flamande, en 1999, c’est l’appellation « Haspengouwsewijn » couvrant une partie du Limbourg dans les environs de Riemst qui est crée. Le 27 mai 2004, le Ministre José Happart signe le décret de la Région Wallonne officialisant la nouvelle A.O.C « Côtes ou Coteaux de Sambre et Meuse » et la dénomination géographique « Vin de Pays des Jardins de Wallonie ».
Toute l’étude et la rédaction des textes règlementaires ainsi que les procédures d’agréments pour toutes ces appellations ont été réalisées par la Fédération Belge des Vins et Spiritueux (F.B.V & S).
[modifier] Initiatives sérieuses
La culture de la vigne en Belgique est peut-être récente mais certains viticulteurs n’en ont pas tenu compte pour faire de leur vignoble un vignoble de qualité et réaliser une production remarquable. Nous allons d’abord nous intéresser au Château Genoels-Elderen de Tongres puis à l’un des plus grands vignobles de Belgique qu’est celui du Domaine du Chenoy, ensuite au vin des Jardins Suspendus de Thuin et finir en citant quelques bons vins selon la critique de la revue GAEL d’octobre 2005.
Quelques vignobles:
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[modifier] Bibliographie
- KESSE Guillaume, TFE "Les vins en Belgique", 2006, 28 p.
[modifier] Livre
- HALKIN J., Réédition de Etude historique sur la culture de la vigne en Belgique, 22 Novembre 2005, 160 p.
[modifier] Articles
- MORRISON F., L’Aube des Vins Belges in GaultMillau, Septembre/Octobre 2005, p.108-p.109.
- JORIS M., Insolite in Gael, Septembre 2005, p.215-p.218.
- BOSCHMAN E., 13 vins belges in Gael, Octobre 2005, p.166-p.170.
- Catégorie Belgique in Le Guide des Vins LE SOIR, 202-208.
- G.T., Près de 150 bénévoles au vignoble in La Province, p.7. 2005
[modifier] Internet
- JOURDAN G., Le monde du vin ne sera plus jamais comme avant in www.Economie du matin.com, Edition n°38.9 | 05/09/2005
- http://www.vignes.be/ visité le 2 novembre 2005
- http://users.skynet.be/rennes/wkg.htm visité le 6 novembre 2005
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Vin_fran%C3%A7ais visité le 10 novembre 2005
- http://www.ambafrance-us.org/fr/aaz/vins.asp visité le 10 novembre 2005
- http://www.domaine-du-chenoy.be/ visité le 28 décembre 2005
- http://www.vivat.be/00-00.asp?articleID=359 visité le 12 novembre 2005
- http://www.lalibre.be/article_print.phtml?art_id=174472 visité le 12 novembre 2005
- http://www.lalibre.be/article_print.phtml?art_id=183647 visité le 12 novembre 2005
- http://www.regions.be/Rubriques/Hainaut/page_5582_371585.shtml visité le 12 novembre 2005
- http://www.le-vin.info/10.06.2004/1 visité le 12 novembre 2005
- http://www.ens-lsh.fr/geoconfluence/doc/breves/2004/8.htm visité le 17 novembre 2005