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Histoire de l'Arménie - Wikipédia

Histoire de l'Arménie

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Cet article fait partie de la série:
Histoire de l'Arménie

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Séisme du 7 décembre 1988
Guerre du Haut-Karabagh
Autres
Chronologie de l'histoire de l'Arménie
Histoire artistique de l'Arménie
Histoire militaire de l'Arménie
Histoire cartographique de l'Arménie

L'Arménie est une région dont le peuplement originel remonte aux temps préhistoriques[1] (arrivée de populations nomades en 2600 avant J.-C.[2]). Son histoire se déploie donc sur plusieurs millénaires. Les Arméniens, après s'y être fixés, développèrent une civilisation originale, bien que située au carrefour de grands empiresperse, séleucide, parthe, romain, sassanide, byzantin, arabe, turc seldjoukide, mongol, turc ottoman, séfévide, russe — qui vont se disputer son territoire. Face aux invasions, les Arméniens ont toujours fait preuve, dans leur histoire, d'une volonté farouche de conserver leur identité nationale. Même si leur culture a été influencée par leurs voisins dans de nombreux domaines (musique, cuisine, littérature, architecture...), les Arméniens ont puisé dans une version nationale du christianisme enracinée dans leur langue la force de surmonter les pires épreuves, surtout au début du XXe siècle. La culture arménienne se perpétue en République d'Arménie, mais aussi un peu partout dans le monde dans la diaspora arménienne[3].

Sommaire

[modifier] Des origines aux Achéménides

Voir l’article Ourartou.

L'arménien constitue un rameau isolé du groupe indo-européen. Si, dans la plupart des langues, le mot «Arméniens» est utilisé pour désigner ce peuple, les Arméniens eux-mêmes se nomment Hay (Հայ, pluriel: Հայեր, Hayer), nom qui semble provenir de leur héros éponyme, Haïk[4]. Selon la tradition arménienne, celui-ci serait le fils de Torgom, fils de Gomer, fils de Japhet, lui même fils de Noé, et les Arméniens auraient peuplé la région au pied du Mont Ararat après le Déluge[5].

Les archéologues se réfèrent à la culture dite de Shulaveri-Shomu[6] située dans la région de Transcaucasie, incluant l’Arménie moderne, comme la toute premère culture préhistorique connue dans le secteur, datant d’environ 6000-4000 avant J.-C. Cependant, un tombeau a été découvert, datant de 9000 avant J.-C. et va, par la suite, nous mentionner la présence de la culture trialeti[7]. Les archéologues s'accordent pour considérer les Hayasa-Azzi et les Armens comme des tribus protoarméniennes s'étant installées dans la région de l'Euphrate en 1165 avant J.-C. Ces tribus, héritières de groupes nomades immigrés et de la culture kouro-araxienne (formée en 3500 avant J.-C. à l'Âge de bronze, soit mille ans avant la formation de civilisations en occident), domestiquent des animaux, travaillent les métaux et développent une agriculture où la place des graines est prépondérante. Aux environs des VIIIe et VIe siècles, cette population se mêle à des envahisseurs d'origine thraço-phrygienne et forme après plusieurs siècles de métissage l'ancêtre du peuple arménien, dont la langue est un héritage de la population immigrée. Ararat et le lac de Van sont les points géographiques centraux autour desquels ce peuple prend forme et s'installe (il reste d'ailleurs une zone géographique majoritairement peuplée d'Arméniens jusqu'à l'extermination de 1915). Progressivement, la population s'étend sur toute l'Anatolie orientale et fonde finalement en 950 avant J.-C. le royaume d'Ourartou.

Art Ourartéen
Art Ourartéen

Au début du Ier millénaire avant J.-C., les Arméniens en provenance d'Anatolie occidentale ont atteint les vallées du Haut-Euphrate. À cette époque, le territoire de l'Arménie historique est occupé par des tribus hourrites qui fondent le royaume d'Ourartou[8] (Uruatri, Uratru ou Urartu, sont d'autres orthographes retrouvées). Ce royaume prédécesseur de l’Arménie s’est épanoui sur le plateau arménien entre 883 et 590 avant J.-C. C'est en -855 qu'apparaît pour la première fois l'Ourartou dans les tablettes assyriennes, avec la mention d'un certain « Aramu d'Urartu ». Aramu, le fondateur de ce royaume a uni les principautés de la région et se dénomma « roi des rois ». C’est ainsi que les Ourartéeens ont imposé leur souveraineté à travers tout le Taron et le Vaspourakan. L'Ourartou a développé la métallurgie et l'élevage des chevaux et est dotée d'une écriture cunéiforme. Sa capitale était Toushpa. Les Ourartéens bâtissent un réseau de forteresses, dont les ruines impressionnantes témoignent encore actuellement de leur puissance. Erebouni (actuelle Erevan) est fondée en 782 avant J.-C. par le roi ourartéen Arguitchi Ier (la plaque de la fondation est d'ailleurs conservée).

Argishti Ier
Argishti Ier

Le rival principal de l’Ourartou était l’Assyrie, un royaume mésopotamien. Le relief montagneux de l’Anatolie orientale se différenciait des plaines arides de la Mésopotamie assyrienne. C’est pourquoi les chariots, principaux véhicules de guerre assyriens, étaient devenus inutiles. Ainsi, les Ourartéens ont facilement pu protéger l’intégrité territoriale du pays face aux ennemis du sud. [9] Après avoir été attaqué par les Scythes, l'Ourartou est détruit par les Mèdes (590 avant J.-C.). Les Proto-Arméniens franchissent alors l'Euphrate et se fondent avec les Ourartéens, auxquels ils imposent leur langue. C'est alors qu'apparaît le mot Arménie : dans l'inscription trilingue de Behistoun, qui relate les victoires du roi perse Darius. La version akkadienne porte Ourachtou, mais les textes en vieux-persan et élamite mentionnent Arminia et khar-min-ou-ia[10],[11]. Le géographe grec Hécatée de Milet parle également d'Arminioi.

Bas-relief représentant des Arméniens. Escalier est de l'Apanada de Persépolis
Bas-relief représentant des Arméniens. Escalier est de l'Apanada de Persépolis

Au VIe siècle avant J.-C., l'Arménie fait partie de l'empire perse des Achéménides. Comme on peut le voir sur un bas-relief de l'Apanada de Persépolis, les Arméniens, réputés pour l'élevage des chevaux, s'acquittaient de leur tribut au Grand Roi sous forme de poulains. Les Arméniens absorbent des éléments de la civilisation iranienne. Le pays reste sous domination perse pendant deux cents ans. Selon l'historien grec Hérodote, qui nous donne une liste des satrapies perses à l'époque de Darius Ier, la XIIIe et la XVIIIe correspondaient grosso modo au territoire de l'Arménie historique. C'est par Xénophon, qui, en -400, avec d'autres soldats grecs, traverse l'Arménie pou regagner son pays, que nous connaissons le nom d'un satrape d'Arménie, Oronte.

[modifier] D'Alexandre le Grand à la conversion au christianisme

Voir l’article Royaume d'Arménie.

[modifier] Orontides et Artaxiades

Voir les articles Dynastie orontide et Dynastie artaxiade.

Après la conquête de l'empire perse par Alexandre le Grand, les successeurs d'Oronte Ier (les Orontides) prennent le titre de roi. Ils échappent la plupart du temps aux successeurs d'Alexandre dans la région, les Séleucides. Ils adoptent cependant la culture hellénistique.

Empire de Tigrane II.
Empire de Tigrane II.

Deux généraux du Séleucide Antiochos III, Artaxias[12] et Zariadris fondent des royaumes en territoire arménien.[13] Les nouveaux rois débutent un programme d’expansion qui atteindra son apogée cent ans plus tard. Un sommaire de leurs acquisitions est fourni par l’historien Strabon. Zariadris, roi de Sophène, a conquis l’Acilisène et le pays autour de l’Anti-Taurus. Artaxias, quant à lui, inaugure la dynastie des Artaxiades et fonde un royaume arménien hellénistique en -190. Sa capitale portait le nom d'Artaxata (« la joie d'Artaxias »). Il prend possession des terres des Mèdes, Ibériens et Syriens. Ensuite, il se heurte avec le royaume du Pont, la Syrie Séleucide et la Cappadoce et était donc inclus dans le traité qui suit la victoire d’un groupe de rois anatoliens sur Pharnace du Pont en 181 avant J.-C. Cela implique qu’Artaxias était un monarque ambitieux de stature internationale[14].

Satue de Tigrane à Erevan
Satue de Tigrane à Erevan

Une nouvelle puissance apparaît en Perse ; les Parthes. Le roi Artavazd Ier est vaincu par Mithridate II. L'Arménie devient tributaire des Parthes, doit leur céder des territoires et le fils d'Artavazd, Tigrane, est retenu en otage à la cour parthe. Il deviendra sous le nom de Tigrane II le plus grand roi d'Arménie. Son empire s'étend de la mer Caspienne à la Méditerranée et correspond à l'extension maximale de l'Arménie. Il conquiert le nord-ouest de l'Iran actuel, la Palestine, la Syrie et le Liban et fonde une nouvelle capitale, Tigranocerte.

À cette époque, au Ier siècle avant J.-C., le polythéisme arménien est abandonné au profit du mazdéisme perse, ce qui rapproche le peuple arménien d'une assimilation au reste de la population. En 77, le temple de Garni, construit selon les canons esthétiques grecs, est achevé ; symbole de l'influence grecque sur l'art arménien de cette époque. L'expansion de l'Arménie vers la Méditerranée inquiète les Romains qui lui déclarent la guerre. Le général romain Lucullus s'empare de sa capitale et il est obligé de renoncer à la plupart de ses conquêtes et de s’allier avec Rome. Tigrane continua de régner jusqu’à sa mort en 55 avant J.-C.[15] Le fils de Tigrane, Artavazd II, est envoyé en exil en Égypte, où il est exécuté. Après plusieurs règnes éphémères, le royaume de l’Arménie s'éteint en l'an 1 et tombe sous contrôle romain. Le peuple adopta donc une orientation occidentale dans les sphères de la politique, la philosophie et la religion. À l’époque, comme le dit Strabon, tout le monde parlait la même langue en Arménie. (Strabon 11.14.4)

[modifier] Arsacides

Voir l’article Dynastie arsacide.

Rome et les Parthes vont se se disputer l'Arménie.[16]. Rome place d'abord des princes étrangers sur le trône. Au terme d'une période de luttes confuses qui va de 35 à 63, le duel entre Rome et les Parthes pour le contrôle de l'Arménie s'achève par un compromis (traité de Rhandeia) : l'Arménie a un souverain issu de la famille royale parthe arsacide, mais reste alliée du peuple romain. En 66, l'empereur romain Néron couronne Tiridate Ier roi d'Arménie. La dynastie arsacide arménisée marquera durablement la société. Au sommet d'une hiérarchie que l'on peut qualifier de féodale se trouvent les Nakhararq, grandes familles nobles, parmi lesquelles les Mamikonian et les Bagratouni joueront un grand rôle dans la suite de l'histoire arménienne. Chaque grande famille monopolise des offices héréditaires. En cas de guerre, ils fournissent un contingent au roi. Ces grandes familles survivront à la chute de la royauté en 428.

Le IIe siècle voit plusieurs tentatives romaines de mainmise sur l'Arménie. Elles se révéleront vaines : on retrouve chaque fois un Arsacide sur le trône. En 115, l'empereur Trajan procède à l'annexion pure et simple du pays. Deux ans plus tard, on retrouve sur le trône l'arsacide Vagharch (ou Vologèse), qui fait construire la ville de Vagharchapat (c'est-à-dire «peuplée par Vagharch»), mieux connue sous le nom actuel d'Etchmiadzine (photo si-dessous). En 162, sous Marc-Aurèle et Lucius Verus, les Romains s'emparent de Vagharchapat et mettent sur le trône un de leurs clients, Sohaemus,. On ignore comment finit son règne, mais quelques années plus tard, la dynastie arsacide a été restaurée. En 211, enfin, l'empereur Caracalla retient le roi d'arménie prisonnier à rome, avec pour seul résultat une nouvelle révolte de l'Arménie. La dynastie arsacide se maintiendra jusqu'en 428 (voir ci-dessous).

L'église sainte-Gayané (630) d'Etchmiadzin
L'église sainte-Gayané (630) d'Etchmiadzin

[modifier] Conversion au christianisme

Voir l’article Royaume d'Arménie.

Un des événements les plus marquants de l'histoire arménienne est la conversion au christianisme[17]. Ses débuts reposent sur des bases légendaires : le pays aurait été évangélisé par Simon, Barthélemy et Thaddée. On est sur un terrain plus sûr au IVe siècle. L'empereur romain Dioclétien installe Tiridate IV (298-330) sur le trône d'Arménie. Le roi est païen, mais un prédicateur, saint Grégoire Ier l'Illuminateur, le convainc de faire de l'Arménie le premier État officiellement chrétien[18]. On date maintenant cet événement de 314, plutôt que de 301. Cela n'enlève rien au fait que l'Arménie reste le premier pays officiellement chrétien, puisque l'édit de Milan (313)[19] ne constitue qu'un édit de tolérance.

[modifier] L'Arménie entre les Romano-Byzantins et les Sassanides

Il faut maintenant revenir légèrement en arrière. Au IIIe siècle, une nouvelle dynastie, les Sassanides, élimine la dynastie parthe des Arsacides en Iran. Les Sassanides instaurent une religion d'état, le mazdéisme, et mènent une politique étrangére agressive de restauration de l'empire perse achéménide. Ils s'en prennent rapidement à la branche arménienne des Arsacides. L'Arménie est conquise par les Perses en 252 - 253. Un jeune prince arsacide, Tiridate (qui se convertira plus tard au christianisme, voir ci-dessus) se réfugie auprès des Romains. L'empire romain, en pleine crise, ne sera capable d'intervenir que sous Dioclétien: les Sassanides sont alors obligés de conclure avec les Romains le traité de Nisibe (298), très désavantageux pour eux, et Tiridate retrouve son trône.

Suite au partage de l'Arménie entre l'empire romain et les Sassanides (387), l’Arménie occidentale devient la province d’Arménie mineure, alors que l’Arménie orientale demeure un royaume sous influence perse. Entrée dans l'orbite du mazdéisme perse, cette partie du pays est menacée d'anéantissement culturel.

C'est pourtant à cette époque que, grâce à la création par le moine Mesrob Machtots d'un alphabet arménien composé de trente-six lettres, les Arméniens peuvent se passer du grec et du syriaque dans le domaine religieux (la Bible est traduite en arménien), et du persan dans le domaine administratif. Cet alphabet original, toujours en usage aujourd'hui, constituera un élément puissant de cohésion pour les Arméniens face à toutes les occupations étrangères.

Par ailleurs, l'Église arménienne ne veut pas se plier aux décisions du concile de Chalcédoine (concile de Dvin en 553) et son chef prend le titre de « catholicos » (506).

Vartan Mamikonian et ses hommes à la bataille d'Avaraïr (451).
Vartan Mamikonian et ses hommes à la bataille d'Avaraïr (451).

En 428, les Nakharar se révoltent contre le dernier représentant de la dynastie arsacide et les Sassanides en profitent pour annexer le royaume, qui est désormais gouverné par un satrape perse. Le roi Yazdgard II (438-457) et ses successeurs tentent de convertir de force les Arméniens au mazdéisme, mais sans succès. Un des épisodes les plus connus de la lutte arménienne pour leur religion oppose le nakharar Vardan Mamikonian et les siens à l'armée perse lors de la bataille d'Avaraïr (451). Bien que cette bataille ait été une défaite pour les Arméniens, ils la considèrent encore comme un symbole de leur résistance. En effet, si cette journée fut un véritable désastre militaire, elle imposa en revanche une certitude aux yeux des Perses : l'attachement désormais inextinguible du peuple arménien au christianisme.

Le pays reste un enjeu entre l'empire byzantin et l'empire perse jusqu'à la conquête arabe. En 591, l’empereur guerrier Maurice battut les Perses et réincorpora une grande partie de l’Arménie dans l’empire byzantin. Il mena une politique de déplacements de population d'arménie vers d'autres régions de l'empire. Après la victoire totale de l’empereur Héraclius sur les Perses en 629, toute l'Arménie se retrouva dans le giron byzantin.

[modifier] L'Arménie médiévale

Voir l’article Arménie médiévale.

[modifier] Vicissitudes de la Grande Arménie

Quelques années après le début des conquêtes arabes, l'Arménie devient tributaire du califat (653). Elle conserve une certaine autonomie politique et religieuse et est dirigée par un « prince d'Arménie » (ichkhan), issu de la famille des Bagratouni ou des Mamikonian. À la fin du VIIe siècle, les Arabes mettent en place une administration directe ; le pays est dirigé par un gouverneur arabe installé à Dvin. Les premiers émirats arabes en Arménie sont fondés au IXe siècle. La famille princière des Mamikonian s'efface au profit des Bagratouni et des Artsrouni, qui profitent de l'indiscipline des émirs arabes pour obtenir des faveurs du calife, et revenir au système des ichkhan.

En dépit de l'invasion arabe de 645, de nombreux Arméniens se trouvaient encore en territoire byzantin, suite à la politique de déplacement dont il était question ci-dessus. Au VIIe siècle, pour défendre leurs frontières orientales, les Byzantins créent de nouvelles circonscriptions administratives et militaires : les thèmes. Parmi les premiers, celui des Arméniaques, dans le nord-est de l'Anatolie, où ont été réinstallés - volontairement ou de force - de nombreux Arméniens, suite aux combats incessants en Grande-Arménie. Certains avaient beaucoup d’influence dans l’administration impériale. Héraclius (640-641), ainsi que Philippicos (711-713), sans parler de Léon V l'Arménien (813 - 820), étaient d'origine arménienne. Basile Ier, qui prit le pouvoir en 867, et fonda la dynastie «macédonienne», avait également des ascendants arméniens, probablement des Mamikonian. Tout cela reflète l’influence importante des Arméniens dans l’empire byzantin[20].

Le roi Gagik Artsrouni
Le roi Gagik Artsrouni

Au IXe siècle, Achot Ier de la famille des Bagratouni, fondateur de la dynastie des Bagratides, obtient des Abbassides le titre de « prince des princes » (862). En 885, il est reconnu roi d'Arménie à la fois par Byzance et le caliphat. Après sa mort, son fils Sembat Ier devient roi d'Arménie (890).

L'Arménie vers l'an mil.
L'Arménie vers l'an mil.[21]

Son règne est une longue lutte contre les Nakharars. L'émir d'Azerbaïdjan, Youssouf, s'allie à l'un de ceux-ci, Gagik Artsrouni, prince du Vaspourakan. Sembat est fait prisonnier et exécuté, après avoir été torturé. Ce meurtre unit les princes arméniens autour de son fils Achot II (913-928). Un de ses successeurs, Achot III (952-977) transfère la capitale à Ani, la « ville des mille et une églises ». Les ruines de cette ville (située dans l'actuelle Turquie) témoignent encore de la splendeur de la dynastie des Bagratides au Xe siècle et la forte influence qu’elle avait sur les états avoisinants.

Dans le sud de l'Arménie, les Artsrouni règnent sur le Vaspourakan, autour du lac de Van. L'église d'Aghtamar, qu'ils ont construite, témoigne elle aussi encore de l'éclat de l'Arménie au Xe siècle.

Bien que la dynastie bagratide natale fut fondée dans des circonstances favorables, le système féodal détériora graduellement l’unité du pays. Cette période faste prend fin sous la pression des Byzantins. Hovhannès Sembat, fils de Gagik Ier, lègue par testament son royaume d’Ani à Byzance. En 1041, à la mort de Hovhannès et de son frère Achot IV, les Byzantins veulent prendre possession de l'Arménie. Gagik II est couronné en 1042 pour interdire l’annexion par Byzance mais, en 1044, les Byzantins reviennent à la charge. Le roi accepte d’aller à Constantinople où il est contraint d’abdiquer, mais Ani résiste encore un an avant d’être livrée par le catholicos Petros Gétadarz (1045). C’est ainsi que prend fin la souveraineté du pays. Les Byzantins sont suivis par les Turcs seldjoukides qui s'emparent d'Ani en 1064 sous le commandement d’Alp Arslan[22].

monastère de Noravank  dans la région du Syunik', construit à l'époque des Zakarian (début du XIIIe siècle)
monastère de Noravank dans la région du Syunik', construit à l'époque des Zakarian (début du XIIIe siècle)

À la fin du XIIe siècle, la reine géorgienne Tamar, descendante d'une branche des Bagratouni, profite de l'affaiblissement des Seldjoukides pour leur reprendre Ani, qui brille d'un dernier éclat. Plusieurs membres de la noblesse arménienne se rallient aux Géorgiens, libérant l’Arménie du nord. Ces régions sont tenues en fief par la famille arménienne des Zakarian (Mkhargrdzeli en géorgien), qui réside à Ani. Cette époque voit la construction de nombreux monastères.

L'invasion mongole sur l'Arménie de 1237 à 1259
L'invasion mongole sur l'Arménie de 1237 à 1259

Cette poériode de prospérité est de courte durée. La grande Arménie est ravagée par les conquérants : les Mongols au XIIIe siècle (1237 à 1279), Tamerlan au XIVe siècle.

[modifier] Royaume de Petite Arménie

Voir les articles Liste des princes puis rois de Petite-Arménie et Royaume de Petite-Arménie.


Entre-temps, bon nombre d'Arméniens émigrent en Cilicie, (région située au sud-est de l'Anatolie) qu'ils reconquièrent sur les musulmans pour le compte des Byzantins. À la fin du XIe siècle, l'Arménien Philarète contrôle la Cilicie, Antioche et Edesse, mais succombe sous les coups des Seldjoukides. C'est finalement un nommé Rouben, retranché dans les montagnes du Taurus, qui est à l'origine d'un État arménien durable entre l'anti-Taurus et l'Amanus. Ainsi, de 1080 à 1375, le centre de gravité de la civilisation arménienne se déplace vers a principauté roubénide de Petite Arménie, qui devient un nouveau foyer national.
Au moment des Croisades, Kostandin Ier, fils de Rouben, qui porte le titre d'Ichkhan («prince»), noue d'abord des relations cordiales avec les Croisés. Appelé à l'aide par Thoros, le gouverneur arménien d'Édesse, l'un d'entre eux, le comte Baudouin de Boulogne abandonne la Croisade et gagne Édesse, où il est adopté par Thoros. Après l'assassinat de ce dernier, Baudouin épouse une arménienne et devient maitre du nouveau Comté d'Édesse.

Après un siècle, un successeur de Rouben, Léon II d'Arménie, se voit reconnaître le titre de roi par le pape (1198). Devenu Léon Ier, dit «le Magnifique», il porte le titre de «roi des Arméniens». Le royaume, qui a une façade sur la Méditerranée, entretient des relations suivies avec l'Occident. La culture arménienne est ouverte sur celle de l’Europe et des États latins d'Orient. L'organisation du royaume est calquée sur celle de la féodalité occidentale, jusque dans le vocabulaire : les nobles rendent hommage (oumadch) au roi, dont ils tiennent une terre en fief. D'un point de vue religieux, la Cilicie se rapproche également de l'Église catholique. Dès le milieu du XIIe siècle, le catholicos arménien assiste à un concile latin à Jérusalem.

Carte du dernier royaume d'Arménie, situé en Cilicie
Carte du dernier royaume d'Arménie, situé en Cilicie[23]

À la mort de Léon Ier, une nouvelle dynastie arrive au pouvoir, celle des Hétoumides, qui recherchent l'alliance des Mongols qui ont fait irruption au Moyen-Orient au milieu du XIIIe siècle. Le roi Héthoum Ier se rend jusqu'en Mongolie pour rencontrer le grand Khan. En 1292, le catholicos arménien s'installe à Sis, la capitale du royaume cilicien. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, l'influence de l'Église romaine s'accroît en Cilicie. Les Arméniens sont divisés en pro- et anti-latins, c'est-à-dire entre partisans et adversaires de l'Union avec Rome. Au XIIIe siècle, l'Église catholique se montre relativement respectueuse des rites arméniens, mais au XIVe siècle, les concessions faites à la papauté irritent de plus en plus d'Arméniens, surtout le clergé de Grande Arménie, resté plus à l'écart des influences occidentales. En 1441, après la disparition du Royaume de Petite Arménie, un catholicossat sera rétabli à Etchmiadzine en grande Arménie, celui de Sis étant réduit à une juridiction locale. La souveraineté arménienne en Cilicie dura jusqu’à 1375, lorsque les Mamelouks égyptiens profitèrent de la situation pour détruire le dernier noyau chrétien de la région. Le dernier roi du royaume, Léon V de Lusignan, est vaincu et fait prisonnier par les envahisseurs.

[modifier] L'Arménie entre les Ottomans et les Séfévides

Voir l’article Histoire des Arméniens dans l'Empire ottoman.

À partir de la fin du XVe siècle, elle devient le champ de bataille de l'empire ottoman et de l'empire perse des Séfévides. Une frontière définitive ne sera fixée qu'en 1639. Ces interminables guerres entraînent l'appauvrissement du pays et l'émigration ou l'expulsion de nombreux habitants. La société arménienne se modifie profondément. L'ancienne noblesse arménienne est décapitée et ses terres distribuées aux timariotes ottomans ; les paysans exploités quittent leurs terres et on assiste à la création d'une société urbaine de marchands arméniens, installés jusqu'à Constantinople. La religion est le dernier refuge du sentiment national arménien : les sultans ottomans créent un patriarcat arménien de Constantinople, qu'ils placent à la tête du « millet arménien » (nation arménienne).

Cathédrale arménienne du Saint-Sauveur (1658) à Ispahan, dans le quartier de la Nouvelle-Djoulfa
Cathédrale arménienne du Saint-Sauveur (1658) à Ispahan, dans le quartier de la Nouvelle-Djoulfa

Dans la partie perse, Chah Abbas déporte plusieurs dizaines de milliers d'Arméniens vers la Nouvelle-Djoulfa, près d'Ispahan (1604).

La diaspora arménienne s'accentue, de l'Europe à l'Extrême-Orient. Les Arméniens de la diaspora sont financiers ou se livrent au commerce international. Les marchands arméniens de la Nouvelle-Djoulfa, que l'on appelle les « khodjas », forment une compagnie qui commerce avec l'Orient. Vers l'ouest, Colbert permet aux Arméniens de commercer à Marseille en 1669.

Leur réussite commerciale s'accompagne d'un renouveau culturel, qui se manifeste dans le domaine de l'imprimerie. L'imprimerie étant interdite dans l'empire ottoman, on publie les premiers imprimés arméniens à Venise en 1511. La première imprimerie arménienne de Constantinople (1567-1569) doit rapidement fermer face à l'opposition des oulémas musulmans. En Occident, les imprimeurs arméniens se réfugient à Amsterdam (1658), où ils publient la première Bible arménienne imprimée en 1666. L'imprimerie arménienne de la Nouvelle-Djoulfa est la première de Perse (1636). À Madras aux Indes, les khodjas font paraître le premier journal arménien (1794-1796).

Depuis les contacts des croisés avec le royaume de Cilicie (voir ci-dessus), des contacts existent entre catholiques et Arméniens. Au XVIIe siècle, l'Église catholique trouve un terrain propice à la conversion dans cette région. Dans cette perspective, Colbert fonde à Constantinople l'École des enfants de langues, qui doit former des interprètes chrétiens. En 1717, le moine Mékhitar de Sébaste, converti au catholicisme, installe à Venise dans l'îlot de San Lazarro une communauté de moines catholiques arméniens (ordre mékhitariste), qui constitue un foyer uniate. Cette Église arménienne catholique se heurte à l'hostilité et aux tracasseries du patriarche arménien de Constantinople.

À partir de la fin du XVIIe siècle, les revers de l'empire ottoman font surgir en grande Arménie des espoirs d'indépendance. Les Arméniens fondent ces espoirs sur une intervention des puissances européennes. En 1678, le catholicos d'Etchmiadzine décide d'envoyer une délégation arménienne en Occident. Elle s'adresse à Louis XIV, mais sans succès. Le mélik du Karabagh, qui compte sur l'appui des Russes, se lance dans une révolte contre le shah de Perse (1722-1730), mais celle-ci est écrasée.

[modifier] L'Arménie entre les Ottomans et les Russes

Voir l’article Guerre russo-iranienne de 1826-1828.
Carte du Caucase en 1770
Carte du Caucase en 1770

À partir de la fin du XVIIIe siècle, les Russes conquièrent le Caucase et se posent en libérateurs des peuples chrétiens. De 1813 à 1829, ils s'emparent de l'Arménie perse. Par le traité de Turkmanchai, la Perse cède à la Russie les khanats d'Erevan et de Nakhitchevan. La Russie a maintenant une frontière avec l'Arménie ottomane. Le rêve des reconstitutions d'un État arménien est rapidement déçu. Un « oblast (province) arménien » est bien créé dans les territoires conquis, mais il disparaît en 1840 lors de la réorganisation de la Transcaucasie en gouvernorats. On assiste par ailleurs à un double mouvement : émigration d'Arméniens vers le territoire russe et immigration de musulmans venant des provinces perdues par l'empire ottoman ou encore du Caucase.

Au début du XVIIIe siècle, il existe une aristocratie d'administrateurs et d'entrepreneurs arméniens (« amiras ») qui jouent un grand rôle dans l'État ottoman. Cette élite, qui contrôle l'élection du patriarche arménien de Constantinople en payant le « firman » de nomination, suscite l'irritation du reste de la communauté. Entre 1820 et 1836 ont lieu plusieurs émeutes pour obtenir la démocratisation de la gestion du « millet ». Pour enrayer le déclin de l'empire, les sultans ottomans se lancent dans une politique de réformes et d'ouverture à l'Occident (« Tanzimat »). Le hatt-i cherif (charte impériale) de Gülhane garantit à tous les sujets de l'empire l'égalité des droits, sans distinction de race ou de religion. Ces concessions ont lieu dans le cadre des «Millet (Empire ottoman)|millets> », et vont paradoxalement contribuer à la montée des sentiments nationaux.

Carte de l'Arménie datant de 1882.
Carte de l'Arménie datant de 1882.

Deux changements importants affectent la communauté arménienne : la création d'un millet catholique, qui regroupe tous les catholiques romains de rites orientaux (1830), ainsi que la création d'un millet protestant (1850), au sein desquels on retrouve des Arméniens. Par ailleurs, la bourgeoisie arménienne est touchée par les idées nationalistes et démocratiques qui agitent l'Europe. En 1863 est adoptée une « constitution », le Règlement organique arménien, qui dote la communauté arménienne de représentants élus.

La décadence de l'empire ottoman se poursuit et la méfiance des musulmans à l'égard des minorités chrétiennes augmente. En 1877, la Russie déclare la guerre à l'empire ottoman. Au cours des opérations militaires, des civils arméniens sont massacrés par des Kurdes, dont l'aire de nomadisation s'est déplacée vers le nord au XIXe siècle. La question arménienne est évoquée lors du traité de San Stefano (1878), révisé par le congrès de Berlin. L'ingérence des puissances européennes suscite l'irritation du sultan Abdül Hamid sans cependant réellement protéger les populations arméniennes.

Déçus, les Arméniens fondent deux partis révolutionnaires : le Hentchak (« la cloche »), de tendance socialiste, en 1887, et le Dachnak (Fédération révolutionnaire arménienne) en 1890. Leur agitation en Arménie occidentale, et aussi ailleurs dans l'empire, déclenche une répression féroce organisée par le sultan Abdülhamid II : de deux cents à trois cent mille Arméniens sont massacrés de 1894 à 1896, sans que les puissances européennes, dont l'opinion publique est pourtant favorable aux Arméniens, interviennent. Ce massacre est aussi appellé « Massacres Hamidiens[24] », en réference au sultan Abdülhamid.

Si la révolution des Jeunes Turcs contre le sultan Abdülhamid (1908) est d'abord bien accueillie par les Arméniens, la naissance d'un nationalisme turc ne peut qu'aggraver la situation des Arméniens considérés désormais comme un élément allogène.

[modifier] Le génocide de 1915

[modifier] Le contexte

Déçus, les Arméniens fondent deux partis révolutionnaires : le Hentchak (« la cloche »), de tendance socialiste, en 1887, et le Dachnak (Fédération révolutionnaire arménienne) en 1890. Leur agitation en Arménie occidentale, et aussi ailleurs dans l'empire, déclenche une répression féroce organisée par le sultan Abdülhamid II : de deux cents à trois cent mille Arméniens sont massacrés de 1894 à 1896, sans que les puissances européennes, dont l'opinion publique est pourtant favorable aux Arméniens, interviennent. Ce massacre est aussi appelé « massacres hamidiens[25] », en référence au sultan Abdülhamid.

Si la révolution des Jeunes Turcs contre le sultan Abdülhamid (1908) est d'abord bien accueillie par les Arméniens, la naissance d'un nationalisme turc ne peut qu'aggraver la situation des Arméniens considérés désormais comme un élément allogène.

En 1909 eut lieu une sorte de prélude du « génocide arménien », les massacres de Cilicie (aussi appelés massacres d'Adana) entre le 14 et 27 avril 1909. Ils se sont propagés aux régions rurales de la Cilicie, mais aussi à des villes dont Adana, Zeïtoun, Hadjin, Dört Yol, Sis, Alep etc…[26]. Environ trente mille Arméniens y sont mort. Les troupes militaires ottomanes participèrent à ces massacres.

Le 1er novembre 1914, après avoir été depuis août sollicité par l'Allemagne, l'empire ottoman entre dans la Guerre mondiale au côté des puissances centrales. De nouveaux fronts s'ouvrent alors, l'un sur la frontière caucasienne avec la Russie. La troisième armée ottomane qui s'est engouffrée sans préparation logistique en Transcaucasie, est écrasée en janvier 1915, à Sarikamish. Les dirigeants du CUP décident de profiter de l'opportunité de la guerre pour résoudre définitivement par l'extermination des Arméniens la « question arménienne » (Ermeni sorunu en turque) qui, depuis le congrès de Berlin de 1878, est l'un des points les plus épineux de la « question d'Orient ». En outre, animés par une idéologie nationaliste turquiste et panturquiste, ils voient dans les Arméniens un obstacle majeur à leur unification ethnique en Anatolie et à leur expansion dans les pays de langue turque d'Asie centrale.

[modifier] Le déroulement

Voir les articles Génocide arménien, Chronologie du génocide arménien et Négation du génocide arménien.
La déporation des Arméniens pendant le génocide.
La déporation des Arméniens pendant le génocide.

La justification avancée est qu’il s’agit d’une réaction face aux désertions d’Arméniens qui eurent lieu dans certaines régions (en partie à cause des conditions infligées aux chrétiens dans l’armée ottomane), mais surtout face aux quelques actes localisés de résistance : le cas le plus important, Van, sera présenté par le gouvernement comme une révolution, un soulèvement, version démentie par tous les rapports des témoins italiens, allemands ou américains (consuls, missionnaires, enseignants...) qui expliquent que les Arméniens ont organisé une défense de la ville pour éviter de subir un massacre.

En février 1915, le comité central du parti et des ministres du cabinet de guerre, Talaat Pacha et Enver en particulier, mettent secrètement au point un plan de destruction qui sera exécuté dans les mois suivants. Il est présenté officiellement comme un transfert de la population arménienne — que le gouvernement accuse de collaborer avec l'ennemi russe — loin du front. En fait, la déportation n'est que le masque qui couvre une opération d'anéantissement de tous les Arméniens de l'Empire, comme le prouve l'examen des faits.

La première mesure est le désarmement des soldats arméniens enrôlés dans l'armée ottomane. Ils sont employés à des travaux de voirie ou de transport et, au cours de l'année 1915, éliminés par petits groupes. Puis les Jeunes Turcs, à la recherche des preuves d'un complot arménien, procèdent à des perquisitions et à des arrestations qui frappent en premier lieu les notables de Constantinople, arrêtés les 24 et 25 avril. La destruction des populations arméniennes est opérée en deux phases successives : de mai à juillet 1915 dans les sept provinces — vilayet — orientales d'AnatolieErzurum, Van, Bitlis, Diyarbakır, Kharpout, Sivas, Trébizonde — où vivent près d'un million d'Arméniens, et qui sont plus ou moins proches du théâtre de la guerre ; puis à la fin de 1915, dans les autres provinces de l'Empire éloignées du front — ce qui enlève toute vraisemblance à l'accusation de collaboration avec l'ennemi.

Tireurs arméniens
Tireurs arméniens

Dans les provinces orientales, l'opération se déroule en tous lieux de la même manière. Les séquences se déroulent systématiquement dans les villes et les bourgs. Perquisitions dans les maisons des notables civils et religieux ; arrestation de ces notables, tortures pour leur faire avouer un prétendu complot et des caches d'armes. La déportation et l'exécution des prisonniers à proximité de la ville avec la publication d'un avis de déportation. La séparation des hommes qui, liés par petits groupes, sont exécutés dans les environs de la ville et l'évacuation de la totalité de la population arménienne répartie en convois de femmes, d'enfants et de personnes âgées qui quittent la ville à intervalles réguliers, à pied, avec un maigre bagage. L'enlèvement dans le convoi de femmes et d'enfants conduits dans des foyers musulmans et enfin la décimation régulière des convois par les gendarmes chargés de les escorter, des bandes kurdes ou des miliciens recrutés à cette fin.

Dans le reste de l'Empire, le programme prend les formes d'une déportation, conduite par chemin de fer sur une partie du parcours, les familles restant parfois réunies. Les convois de déportés convergent vers Alep, en Syrie, où une Direction générale de l'installation des tribus et des déportés les répartit selon deux axes : au sud, vers la Syrie, le Liban et la Palestine — une partie survivra ; à l'est, le long de l'Euphrate, où des camps de concentration, véritables mouroirs, sont improvisés. Les déportés sont peu à peu poussés vers Deir-es-Zor. Là, en juillet 1916, ils sont envoyés dans les déserts de Mésopotamie où ils sont tués par petits groupes ou meurent de soif. Les derniers regroupements de déportés le long du chemin de fer de Bagdad, à Ras-ul-Aïn, à Intilli sont, eux aussi, détruits en juillet 1916. Seuls survivent un tiers des Arméniens : ceux qui habitaient Constantinople et Smyrne, les personnes enlevées, les Arméniens du vilayet de Van, sauvés par l'avancée de l'armée russe et quelques 100 000 déportés des camps du sud.

Les principaux responsables du génocide sont condamnés au Procès des Unionistes[27], à Constantinople, en 1919, à mort par contumace, ayant pris la fuite en 1918, juste après avoir détruit la plupart des documents incriminants. La cour martiale établit la volonté des Unionistes d'éliminer physiquement les Arméniens, via son Organisation spéciale.

Le génocide arménien n'est toujours pas reconnu par la Turquie[28].

[modifier] La première République

Voir l’article Première République d'Arménie.
Blason de l'Arménie, adopté le 19 avril 1922
Blason de l'Arménie, adopté le 19 avril 1922[29]

La révolution russe de 1917 modifie radicalement la situation des Arméniens. L'effondrement de l'armée russe a pour conséquence l'avancée de l'armée ottomane vers le Caucase. Par le traité de Brest-Litovsk (1918), les Bolcheviks abandonnent Kars, Ardahan et Bakou aux Turcs. Les peuples de Transcaucasie (Arméniens, Géorgiens et Azéris) n'ont pas de position commune face à la situation.

Seules face aux Turcs, les troupes arméniennes remportent en mai 1918 les victoires de Sardarabad[30], Bach-Abaran et Qara Kelisa. La Turquie reconnaît l'indépendance arménienne par le traité de Batoum, le 4 juin 1918. Son territoire ne compte plus que quelque dix mille kilomètres carrés. Le parti Dashnak y assume le pouvoir. Le territoire de la république est limité à une petite région autour d'Erevan, encombrée de réfugiés, livrée à l'anarchie et à la misère. La défaite ottomane face aux Alliés occidentaux (30 octobre 1918) change à nouveau dramatiquement la donne : lors de la conférence de paix à Versailles, les délégués arméniens, qui comptent sur le soutien américain, revendiquent la création d'une « Arménie intégrale » qui irait jusqu'à la Méditerranée. Le Traité de Sèvres[31] (10 août 1920) ne leur donne que partiellement satisfaction : l'Arménie obtient une partie substantielle de l'est de la Turquie actuelle. Le territoire arménien compte maintenant quelque quarante-six mille kilomètres carrés.

Le Turc Mustafa Kemal refuse cependant d'entériner ce traité et reprend les armes. Après que le Sénat américain ait rejeté l'idée d'un mandat des États-Unis sur l'Arménie, le rapprochement de Mustapha Kemal et des Bolcheviks russes scelle le destin de la République d'Arménie : par le traité d'Alexandropol (2 décembre 1920), les Arméniens doivent renoncer aux frontières du traité de Sèvres. Le même jour, les Bolcheviks prennent le pouvoir à Erevan. En Cilicie, la situation est tout aussi dramatique : après la victoire de Mustafa Kemal sur les troupes françaises qui les protégeaient (1921), les Arméniens se réfugient en Syrie ou émigrent dans d'autres parties du monde, notamment en France. C'est une nouvelle diaspora.

Après une brève révolte contre les Bolcheviks (février 1921), une Arménie « indépendante » se retrouve dans l'orbite de l'Union soviétique. Suivent deux traités qui amputent encore l'Arménie d'une partie de son territoire : les Bolcheviks cèdent à la Turquie Kars et Ardahan en échange de Batoum, qui devient géorgienne ; ensuite, pour s'assurer l'appui des Azéris, Moscou fait du Haut-Karabagh et du Nakhitchevan des régions autonomes de la RSS d'Azerbaïdjan.

[modifier] Le régime soviétique

Voir l’article République socialiste soviétique d'Arménie.
L'Arménie, de 1919 à 1920.
L'Arménie, de 1919 à 1920.

L'Arménie est la plus petite république de l'URSS et s’étend que sur 29 800 kilomètres carrés. Les villes de Kars et Ardahan ont été rendues à la Turquie. Le Nakhitchevan et le Haut-Karabagh sont devenus la propriété de l’Azerbaïdjan qui est elle aussi soviétique, et la Géorgie a repris les provinces d’Alkhalkalak et Akhaltskha. L'Arménie soviétique est, dès l’origine, marquée par la répression du nationalisme. Moins de deux mois après sa « soviétisation », l’Arménie se révolte et rétablit un gouvernement dachnak (du 8 mars au 2 avril 1921). Mais les Russes reviennent à Erevan et les Dachnaks doivent se réfugier en Perse. Mise en pièce par tous ses voisins, l’Arménie soviétique doit réintégrer la fédération soviétique de Transcaucasie. En 1936, elle devient république fédérée.

Avec les débuts de la guerre froide en 1947, l’URSS relance la question de l'Arménie. Alors que la Grèce, en tension latente et en risque de guerre civile, et la Turquie viennent d’être les premiers bénéficiaires de la doctrine Truman (11 mars 1947) et du plan Marshall, l’URSS demande officiellement, le 24 octobre 1947, à la tribune de l’ONU, le retour de Kars et Ardahan pour l'Arménie.

[modifier] De 1953 à 1987

Après la mort de Joseph Staline, en 1953, l’économie de l’Arménie commence à se développer. La rentabilité des vergers favorisés par le très bon ensoleillement des flancs montagneux s’améliore et la production de blé, de betterave, de tabac et de coton croît sensiblement. Mais l’industrie, depuis le début des années 1960, donne à l’Arménie un visage plus moderne. L’effort principal a d’abord porté sur l’aménagement hydroélectrique et l’extraction de matières premières (cuivre, aluminium, plomb, marbre). Depuis le milieu des années 1970, la chimie et le nucléaire se sont installés à leur tour, à tel point que, parmi les sept villes les plus polluées de l’URSS, cinq sont arméniennes : Erevan la capitale, Alaverdi, Kirovakan, Kapan et Katcharan.

Par ailleurs, le mouvement nationaliste ne s’est jamais résigné. Au contraire, il resurgit de temps en temps avec vigueur. Les demandes d’émigration en sont le premier signe. Entre 1956 et 1972, vingt-huit mille Arméniens ont quitté l’URSS, douze mille pour les seules années 1979-1980 et cinq mille en 1987. Après les juifs, c’est le plus important contingent national à fuir l’URSS, essentiellement pour les États-Unis d'Amérique. Le manque de liberté, le refus de prendre en compte les revendications nationales, les difficultés économiques et, depuis le début des années 1980, soit à l’extérieur des frontières de l’URSS, soit vers d’autres républiques soviétiques.

Drapeau de l'Arménie soviétique
Drapeau de l'Arménie soviétique[32]

Le 24 avril 1965, lors des célébrations du cinquantième anniversaire du génocide, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues d’Erevan, débordant le service d’ordre et revendiquant les territoires arméniens occupés par la Turquie. On frisa l’incident diplomatique turco-soviétique et Moscou dut procéder à des remaniements au sein de la direction de la république d’Arménie. Deux ans plus tard, Erevan construit son mémorial en souvenir du génocide. En 1966 et pour la première fois en URSS depuis la liquidation de l’opposition de gauche, un parti clandestin est fondé : le Parti de l’unité nationale. La plupart de ses militants ont été arrêtés, certains sont morts au goulag et trois ont été fusillés à Moscou en 1979. Les survivants, qui ont bénéficié de la libéralisation du régime depuis 1986, ont fondé en 1987 l’Union pour l’autodétermination nationale (UAN).

[modifier] Fin du régime sovietique

Affiche touristique de l'Arménie sovietique.
Affiche touristique de l'Arménie sovietique.

Les 17 et 18 octobre 1987, cent mille personnes défilent spontanément dans les rues d'Erevan, lutte contre la pollution et combat pour les droits nationaux étant étroitement mêlés. Le 11 février 1988, c’est le Haut-Karabagh qui entre en ébullition. Région autonome rattachée arbitrairement à l’Azerbaïdjan lors de la soviétisation du Caucase en 1921-1923, le Haut-Karabagh est peuplé de cent soixante mille habitants dont huit sur dix sont Arméniens. Ce jour-là, soixante-dix mille personnes manifestent à Stepanakert, capitale de la région. Le lendemain, le soviet du Haut-Karabagh demande officiellement son rattachement à l’Arménie, puis le PC de la région en fait de même le 16 mars. Dans la semaine du 15 au 22 février 1988, les manifestations organisées par l’UAN se répètent quotidiennement à Erevan. Enfin, les 25 et 26 février, près d’un million d’Arméniens, sur une population arménienne de plus de trois millions, descendent dans les rues d’Erevan. La réaction des Azéris voisins sera brutale.

Dans la nuit du 28 février, des milliers d’Azéris turcophones manifestent à Sumgaït contre l’irrédentisme arménien. Bilan officiel : trente-deux Arméniens tués ; bilan officieux : cinq cent quarante-six morts et des milliers de blessés. Les rares témoins parlent de véritable pogrom, réplique miniature des événements de 1915. Moscou est obligée de lâcher du lest et Mikhaïl Gorbatchev annonce à la fin de mars 1988 un train de réformes socio-économico-culturelles pour le Haut-Karabagh. En revanche, le rattachement est exclu et des têtes tombent au sein des directions arméniennes et azerbaïdjanaises, le 21 mai 1988. Mais l’agitation reprend peu après. Le 15 juin, le soviet suprême arménien vote le rattachement du Haut-Karabagh à l’Arménie. Pour soutenir cette revendication, la population d’Erevan fait grève du 2 au 15 juillet, ainsi qu’à Stepanakert du 23 mai au 25 août. En septembre, les manifestations de masse reprennent dans la capitale arménienne ainsi que les troubles interethniques. Le 23 novembre 1988, cinq cent mille Azéris défilent dans Bakou contre les revendications arméniennes et organisent un pogrom à Kirovabad.

Levon Ter-Petrossian
Levon Ter-Petrossian

Le 7 décembre 1988, un terrible tremblement de terre ravage l'Arménie, provoquant la mort de trente mille personnes. L'épicentre du séisme est situé dans la région de Gumri.

Voir l’article Le séisme du 7 décembre 1988.


Un « comité du Karabagh », dont fait partie Levon Ter-Petrossian, incarne les aspirations nationales, malgré les tentatives de Gorbatchev pour reprendre la situation en main. Ter-Petrossian fonde un parti politique, le Mouvement national arménien, qui gagne les élections de 1990. Le nouveau parlement prend une série de mesures qui équivalent à une « désoviétisation » de fait de l'Arménie.

[modifier] La troisième République

Voir l’article Guerre du Haut-Karabagh.
Défilé armé à Stepanakert
Défilé armé à Stepanakert

Le coup d'état contre Gorbatchev (en août 1991) à amené la décomposition de l'URSS. La grande majorité des Arméniens vont se déclarer en faveur de l'indépendance le 21 septembre 1991. Levon Ter-Petrossian sera par la suite officiellement le premier président de la république d'Arménie (Hayastani Hanrapetout'youn, en arménien Հայաստանի Հանրապետություն). Malgré cela, les conditions économiques sont défavorables voir déplorable : le pays va se remettre très difficilement du tremblement de terre du 7 décembre 1988 qui à causé de nombreux dégâts. Et d'ailleurs, l'Arménie est un pays enclavé et est soumis à un « blocus économique » par la Turquie, les relations avec ce pays sont très conflictuelles en raison de négation turque concernant le génocide arménien de 1915. La frontière est donc officiellement fermée entre ces deux pays.

Frontières actuelles
Frontières actuelles[33]

[modifier] Guerre du Haut-Karabagh

Le 30 août 1991,[34] les autorités azerbaïdjanaises annoncent l'indépendance nationale de l'Azerbaïdjan ; à cette date, la région du Haut-Karabagh n'en faisait pas partie. le 2 septembre 1991, quatre jours l'indépendance de l'Azerbaïdjan, le Haut Karabagh en fit de même, rentrant ainsi dans le cadre de la loi soviétique relative à la solution des problèmes afférents à la sortie de l'URSS des Républiques fédérées : l'article 3 de cette loi dit que les peuples des Républiques et entités autonomes ont le droit de décider de leur maintien dans l'Union soviétique ou dans la République fédérée qui s'y attache, et de choisir leur statut politique et juridique. L'Azerbaïdjan répond à cette proclamation le 26 novembre 1991, par un acte voulant l'annulation pur et simple du statut autonome du Haut-Karabagh, sans connaître l'avis des habitants.

C'est à ce même moment qu'est prise par les « autorités » du Karabagh la décision d'organiser un « référendum » sur la question du statut d'État indépendant pour la région. Le 10 décembre 1991, quasiment tout les habitants du Haut-Karabagh veulent l'indépendance par rapport à l'Azerbaïdjan, dont les autorités de ce pays voulaient eux aussi être indépendant vis-à-vis de l'URSS. Mais malheureusement, La proclamation de l'indépendance du Haut Karabagh va entraîner une guerre violente entre la fin de l'année de 1991 au printemps 1994. Toute cette durée est marquée par des grandes et intensives opérations militaires, mais aussi par les manœuvres diplomatiques des États impliqués dans le conflit.

Un cessez-le-feu est établit et met fin à la guerre en mai 1994. Malgré les multiples rencontres des présidents arménien et azerbaïdjanais pour des relancer des négociations qui étaient mortes à ce moment, la solution du conflit reste toujours dans l'impasse. Toutes les tentatives de médiation entre les deux pays ont échoué jusqu'à présent. Devenu impopulaire en raison de ses positions jugées trop conciliantes sur ce sujet, le président Levon Ter-Petrossian a été obilgé de démissionner en 1997. Aujourd’hui, malgré le cessez-le-feu de 1994, cette question n’est toujours pas réglée.

[modifier] La situation actuelle

En 1998, Robert Kotcharian a été élu président de la République. Depuis, la situation du pays est stabilisée. La diaspora arménienne et notamment le Parti Dashnak[35] ont obtenu plus de liberté d'entreprendre de projets économiques dans la patrie. En 2006, l'Arménie a célébré sa quinzième année d'indépendance[36]. Elle a récemment instauré la double-citoyenneté pour augmenter sa population.[37]

[modifier] Annexes

[modifier] Extrait

Cet article comprend des extraits de ce site internet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

[modifier] Notes et références

  1. Voir : http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Armenia#Prehistory. La présence de vie en Arménie au temps préhistorique fut restreint.
  2. Voir les articles Armens et Ourartou
  3. On peut citer Sergei Khatchatrian, violoniste, Aram Khatchatourian, compositeur, Sergei Parajanov, Réalisateur et artiste, etc…
  4. http://en.wikipedia.org/wiki/Haik
  5. Une autre légende existe sur Haïk. Selon cette légende, Haïk aurait combattu contre Bêl, un géant, et aurait gagné son combat, grâce à ça, il aurait crée une vraie nation arménienne. Voir l'article Haïk
  6. http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Armenia#Prehistory
  7. http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Armenia#Prehistory
  8. http://en.wikipedia.org/wiki/Urartu
  9. (hy)Kurdoghlian Mihran, Badmoutioun Hayots Volume I, Hradaragoutioun Azkayin Oussoumnagan Khorhourti, 1994, p. 46-48
  10. (en) (en) R. Schmitt, M. L. Chaumont, J. R. Russell, «Armenia and Iran», in Encyclopædia Iranica en ligne. Voir aussi la suite de l'article
  11. (en) Traduction du texte de l'inscription sur livius.org
  12. http://en.wikipedia.org/wiki/Artaxias_I
  13. Histoire de l'Arménie ancienne sur livius.org.
  14. Redgate Elizabeth, The Armenians, Blackwell Publishing, 1998, p. 65-68.
  15. Fuller J.F.C., Julius Caesar: Man, Soldier, and Tyrant, Da Capo Press, 1991, p. 45, ISBN 0306804220
  16. http://www.angelfire.com/nt/Gilgamesh/parthian.html
  17. http://www.clio.fr/CHRONOLOGIE/chronologie_armenie_les_commencements_de_l_armenie_chretienne.asp
  18. L'Arménie est officiellement le premier pays chrétien du monde, toutefois, son statue est parfois contesté par la Géorgie voisine
  19. Par l'édit de Milan de février 313, promulgué par les empereurs Constantin Ier et Licinius, chacun peut « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel » ; il accorde la liberté de culte à toutes les religions et aux chrétiens et met fin aux persecutions des chretiens.
  20. Basil I in Encyclopaedia Britannica
  21. A l'époque de Gagik Artzrouni.
  22. Alp Arslan
  23. La Cilicie représenté est celle de 1199 à 1375
  24. Le nombre des victimes arméniennes des « Massacres Hamidiens » est de deux cents à trois cent mille, mais ce chiffre est contesté par la Turquie
  25. Le nombre des victimes arméniennes des « massacres hamidiens » est de deux cents à trois cent mille, mais ce chiffre est contesté par la Turquie
  26. http://www.imprescriptible.fr/photographies/massacres-adana.htm Divers photos du massacre
  27. Pour savoir en détail le déroulement du procès des Unionistes : http://www.imprescriptible.fr/documents/archives/ottomanes/unionistes.htm
  28. Voir l'article : Négation du génocide arménien
  29. (en) Voir l'article sur la Wikipédia anglaise Coat of arms of Armenia
  30. Voir le wikipédia englais : http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Sardarapat
  31. Une carte du Traité de Sèvres : http://www.atlas-historique.net/1914-1945/cartes/TurquieSevres.html
  32. (en) Voir l'article sur la Wikipédia anglaise Flag of the Armenian SSR pour plus de détails
  33. Cela dépend des cartes. Des cartes comme celle-ci http://hy.wikipedia.org/wiki/Image:Armenia_Karabakh_map_logo.gif représente l'Arménie avec le Haut-Karabagh, mais d'autres comme celle ci-dessus ne la représente pas avec le Haut-Karabagh
  34. http://www.netarmenie.com/politique/hautkarabagh/kara.php
  35. http://www.armeniapedia.org/index.php?title=Armenian_Revolutionary_Federation
  36. Voir cet article sur NetArménie http://www.netarmenie.com/politique/annexes/indep.php , Une synthèse sur l'indépendance de l'Arménie
  37. Armenia allows dual citizenship amid controversy
commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Histoire de l'Arménie.

[modifier] Bibliographie

  • Claire Mouradian, L'Arménie, Presses universitaires de France, coll. Que sais-je ?, Paris, 1995. ISBN 213053077X
  • Annie et Jean-Pierre Mahé, L'Arménie à l'épreuve des siècles, Gallimard, Découvertes, 2005. ISBN 207031409X
  • Gérard Dedayan (sous la direction de), Histoire des Arméniens, Privat, Toulouse, 1986
  • Yves Ternon, Les Arméniens, histoire d'un génocide, Le Seuil, Points Histoire, Paris, 1996. ISBN 2020256851
  • Moïse de Khorène, Histoire de l'Arménie, traduit de l'arménien par Annie et Jean-Pierre Mahé, Gallimard, L'aube des peuples.
  • René Grousset, Histoire de l'Arménie. Des origines à 1071, Payot, Paris, 2004
  • Claude Mutafian & Éric Van Lauwe, Atlas historique de l'Arménie, collection Atlas / Mémoire.
  • Raymond H. Kevorkian & Yvan Travert , Lumière de l'Arménie chrétienne, Monun.
  • Yves Ternon & Gégard Chaliand, 1915, le Génocide des arméniens, Edition Complexe.
  • Françoise Ardillier-Carras & Olivier Balabanian, Arménie, Avant-poste chrétien dans le Caucase, Glénat.
  • Anahide Ter Minassian, 1918-1920, La République d'Arménie, Éditions Complexe, Bruxelles, 2006
  • Gaïdz Minassian, Géopolitique de l'Arménie, Ellipses, Paris, 2005
  • BNF, Livres d'Arménie, BNF, dans le cadre de l'année de l'Arménie en France, 2006

[modifier] Pour aller plus loin

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Histoire générale

[modifier] Ouartou

[modifier] Arménie médiévale
  • (fr) : NetArménie L'histoire de l'Arménie médiévale

[modifier] Génocide arménien

[modifier] Arménie moderne
  • (fr) : NetArménie Histoire de l'Arménie sous l'époque sovietique
  • (en) : Armeniapedia L'Arménie sovietique sur Armeniapedia
  • (fr) : Clio Chronologie Chronologie de l'Arménie sous l'époque sovietique
  • (fr) : NetArménie Guerre du Haut-Karabagh sur NetArménie
  • (fr) : ascanada Stuation actuelle de l'Arménie

[modifier] Autre


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